Attention : ce qui suit révèle l'intrigue du film !
Fouillant dans les affaires de son grand-père décédé, une jeune femme découvre le passé militant de celui-ci, et notamment sa participation en tant que soldat du POUM (engagé au côté des républicains, anarchistes et communistes) à la guerre d'Espagne en 1936. Un flash-back commence, qui durera tout le long du film, ou peu s'en faut. On voit alors une réunion du Parti communiste anglais, dans les années 1930. Un congressiste expose aux adhérents l'utilité d'aller se battre en Espagne, où Franco tente de prendre le pouvoir par la force. Le grand-père, David, alors jeune homme, décide d'aller se battre sur les tranchées en Espagne, car il pense qu'il serait plus utile là-bas, et il en fait part à sa compagne. L'histoire de David en Espagne commence alors : David prend le train pour rejoindre Barcelone ; cette scène-là est une belle illustration de la volonté des Espagnols de combattre le fascisme (le contrôleur dit d'ailleurs : « On ne fait pas payer le billets aux ennemis de ces salauds de fascistes. ») Arrivé à Barcelone, il s'engage pour le POUM (Parti Ouvrier d'Unification Marxiste) et est envoyé dans les tranchées, en Aragon, alors qu'il a à peine été formé pour combattre. Là-bas, il fait connaissance de volontaires arrivés de toute l'Europe pour affronter le fascisme : Irlandais, mais aussi Allemands, Italiens... Durant les scènes suivantes, on fait connaissance des personnes venus au Front, ainsi que des conditions de vie des tranchées, où même les femmes combattent : les milices du POUM ont un arsenal des plus archaïques, avec certaines armes datant du XIXe siècle ; et on s'affronte plus verbalement (en se criant mutuellement des insultes trop grossières pour être retranscrites) que militairement (les balles qu'il se lancent n'ont aucune portée, si ce n'est la portée symbolique). La milice part un jour délivrer un village voisin, occupé par les troupes franquistes. Pendant cette courte bataille, ils perdent un de leurs hommes, tué par un curé qu'ils exécuteront plus tard. Une fois le village débarrassé des troupes fascistes, la milice organise une discussion entre les villageois afin qu'ils décident de ce qu'il adviendra du village et des leurs terres. Durant cette scène, la question de la collectivisation, essentielle en l'Espagne républicaine, est posée. Le débat dure de longues minutes, et aucune réponse tranchée n'est apportée au spectateur. Quelques jours après, un vote se déroule dans la milice : le gouvernement de Valence leur pose un ultimatum. La milice doit être rattachée aux Brigades Internationales si elle veut garder son soutien militaire. Tous (à une exception) votent contre le rattachement de la milice dans les Brigades Internationales. Les armes arrivent. En essayant de se servir d'un fusil, David se blesse au bras. Il doit être hospitalisé, puis part se reposer quelques jours à Barcelone. Mais il décide alors de quitter la Milice du POUM pour rejoindre les Brigades Internationales. À Barcelone, il reçoit la visite surprise de Blanca, une de ses camarades de tranchée...mais elle ne tarde pas à se fâcher avec lui dès qu'elle découvre qu'il a rejoint les « staliniens. » David se désole de l'ambiance de suspicion qui s'installe parmi les républicains. Mais il fait toujours confiance au Parti communiste et s'engage dans une troupe pro gouvernementale. Tout cela se déroule alors que la Police du gouvernement de Valence attaque la ville de Barcelone pour prendre le contrôle d'un émetteur radio jusqu'alors contrôlée par la CNT, un syndicat anarchiste (début mai 1937). Partout dans Barcelone on se bat et on se barricade, « on se tire dessus entre camarades. » David combat derrière les barricades communistes, mais est très vite écoeuré par ce qui se passe, par les brigades communistes qui tirent sur leurs alliés trotskistes au lieu de combattre Franco ; à peine a-t-il vu ces combats stériles au sein même du camp républicain qu'il en est las. Il déchire sa carte du Parti communiste et repart sur les tranchées du POUM. Là-bas, sa milice continue de combattre. Mais, un jour, elle se trouve en grande difficulté face aux troupes fascistes. Leur chef de brigade demande alors aux Brigades internationales l'aide qui leur a été promise. Les soldats des Brigades, armés jusqu'aux dents, n'arrivent que quelques heures après la fin de la bataille, pour ordonner aux membres de la milice de rentrer chez eux à l'exception des (nombreux) membres de la milice en état d'arrestation. Le POUM a en effet été déclaré illégal par le gouvernement de Valence en juillet 1937. Les différents membres de la milice doivent rendre leurs armes aux soldats des Brigades Internationales. Un milicien refuse d'obtempérer ; Blanca accourt vers lui pour le pousser à rendre son fusil. Le chef de la Brigade l'abat à coups de fusils. Le film se clôt sur la scène de l'enterrement.