"La vie est un récit conté par un idiot"

Cannes 2015 : Macbeth de Justin Kurzel

Festival / Récompenses | Par Florent Dufour | Le 25 mai 2015 à 18h20

Dix-neuvième film présenté en compétition à Cannes 2015, Macbeth permet à Justin Kurzel de se frotter au texte de Shakespeare, après Orson Welles et Roman Polanski. Rien que ça !

Film britannique de 1h53. Justin Kurzel se met au défi d'adapter le classique shakespearien : le charismatique roi d'Ecosse, exténué par les batailles, tente de renouer avec son épouse bien-aimée, alors que tous deux sont tiraillés par l'ambition, le désir, voire la folie. Pour les interpréter, deux stars hollywoodiennes mais pas américaines : Michael Fassbender et Marion Cotillard, en Roi et Reine d'Ecosse. L'Australien Justin Kurzel, lui, connait déjà la Croisette, où il a présenté en 2005 à la Semaine de la Critique son 1er court-métrage, Blue Tong, avant de s'y faire de nouveau remarquer six ans après avec son puissant et violent premier long, Les crimes de Snowtown.

Une scène : les funérailles d'un enfant

Le film s'ouvre sur un enfant mort. Autant dire qu'on est prévenus : on n'est pas là pour rigoler. Macbeth et sa Lady enterrent leur enfant, dans une vaste lande typique des paysages écossais (on pense également à Valhalla Rising). Le futur Roi place des cailloux sur les yeux de sa progéniture fraîchement décédée, pour mieux lui fermer les yeux. La musique se fait alors sourde et dramatique, et Justin Kurzel nous met d'emblée dans l'atmosphère de son film dont on ne sortira absolument jamais pendant près de 2 heures. Et c'est à la fois sa force et sa faiblesse.

Open Bar

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Le genre de cocktails pas simple à digérer : c'est carré, c'est fort et ça pèse lourd. Commencez par prendre une grosse dose du Macbeth version Roman Polanski, tout simplement parce que les ingrédients de base sont très équivalents. Toutefois, n'oubliez pas d'en retirez la folie de la mise en scène et la musique psyché. Puis rajoutez  des bouts de la scène d'introduction d'Excalibur, pour ses combats baignant dans une fumée rougeoyante, idée que Justin Kurzel a réutilisé pour son adaptation shakespearienne. Enfin, versez quelques cuillères à soupe de 300 et de Braveheart : le premier pour son extrême esthétisation des scènes de guerre ; le second pour la violence brute et graphique qu'elles dégagent. Une boisson à déguster en kilt et mal rasée.

Bruits de Croisette

On ne peut pas dire que Shakespeare ait déchainé les foules en ce samedi matin, veille de dernier jour de festival. Entre acclamations modérées et exaspération audible, le festivalier n'a pas goûté au texte du dramaturge anglais : "Bon c'est joli, mais c'est quand même un peu chiant Shakespeare". Le boulot d'adaptation de Kurzel n'a pas convaincu non plus : "En fait ce film, c'est juste une looonnngue bande-annonce". Et la musique ? "Je crois que je ne vais plus jamais pouvoir écouter du violoncelle de ma vie". Il était visiblement temps que le Festival se termine, pour certains…

Cinémojis

Pour les plus pressés, voici le film résumé en quelques émojis :

Le juste prix

Entre le texte écrit en vieil anglais, l'accent écossais de certains comédiens et la façon qu'ils ont de murmurer (plutôt que de déclamer) leurs vers shakespeariens, les spectateurs n'étaient pas à la fête. Il semblerait que même les journalistes anglophones en étaient réduits à lire les sous-titres français pour tenter de comprendre un peu mieux ce qui se disait à l'écran. Il est donc tout à fait normal qu'on lui décerne le Prix Audika des dialogues dont on n'entend tellement pas grand-chose qu'une petite aide technique n'aurait pas été de refus.

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