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César 2017 : que faut-il attendre de la réunion de famille du cinéma français ?

Festival / Récompenses | Par Chris Beney | Le 7 février 2017 à 10h30

Le 24 février, aux alentours de 21h, l’humoriste, acteur et réalisateur de Ma famille t'adore déjà, Jérôme Commandeur foulera la scène de la salle Pleyel, après 15 années consécutives au Théâtre du Châtelet, pour emmener la grande famille du cinéma français, artistes et téléspectateurs dans un tourbillon de rires, de glamour et de talents. Ca, on le savait déjà. Qu’est-ce qu’on ne sait pas ? Quels sont ces secrets de famille qui seront seulement révélés durant la grand-messe des César ? Premiers aperçus du menu, concernant la vedette américaine ou le duel des anciens Saint Laurent, accompagnés de la liste des nommés, dont Elle et Frantz, cités à 11 reprises, Ma Loute, 9 fois, et Divines, 7 fois. Il n'y aura pas de champagne pour tout le monde...

Un nombre indécent de vannes sur le café

Ce sera assurément le jeu à boire le plus enivrant : descendre un irish coffee à chaque «What else?» prononcé. Le César de la personnalité américaine en promotion à Paris en février est en effet décerné à George Clooney, une récompense peut-être un brin prématurée, mais pas davantage que celle remise en leur temps à Johnny Depp ou Will Smith. Innocent comme il est, le pauvre George ne se doute qu’il va devoir endurer les nombreuses plaisanteries des convives, toutes plus pertinentes les unes que les autres, allant de la demande en mariage à la référence au café sous toutes ses formes, en passant par les simulations d’évanouissement en pamoison ou les petites piques façon « Georges-n’est-pas-le-plus-beau-mais-si-quand-même ». Pourquoi devrions-nous endurer tout ça ? Parce que la star hollywoodienne sait mettre son monde dans sa poche comme personne. Une fois qu’il aura levé son verre et fait son discours, tout sera oublié et pardonné. Sauf la crise de tachycardie conséquente à l’absorption massive de irish coffee. 

Pas de malaise

Les Césars ont déjà tout donné en la matière. D’abord en faisant de Roman Polanski le président de son édition 2017, lequel a finalement renoncé quand la vague de protestations contre l’honneur qui lui était fait s’est transformée en tsunami. Ensuite en annonçant des nommés qui finalement ne l’étaient pas – la faute à une bête erreur d’impression, sûrement un bourrage papier – comme Jean-François Laguionie pour La Jeune fille sans mains (le lecteur aura rectifié de lui-même) ou Alain Guiraudie pour Rester vertical (le réalisateur aura rectifié de lui-même). Ca, c’est fait, comme dit le philosophe. Cette année, aucune chance de surprendre Mathilde Seigner en train de faire une clé de bras à Michel Blanc pour donner un César à Joey Starr, ni de voir Vanessa Paradis se tromper de Judith (pour éviter toute erreur, plus aucune Judith n’est nommée désormais ; Judith Chemla sera rebaptisée Justine). Quant à Manu Payet, contrairement à ce qu’annonce Wikipedia, il n’est pas nommé. Mais on va quand même vérifier.

Une femme récompensée à la réalisation… si Verhoeven s'étouffe avant le dessert

L’année dernière, il y avait trois chances sur sept pour que le César du meilleur réalisateur soit enfin renommé César de la meilleure réalisation. Ce fut un échec et c’est d’un rire gras, une bouteille de Kro à la main, avec un slip sale pour tout vêtement, qu’Arnaud Desplechin vint sur scène s’emparer de la récompense. En 2017, trois réalisatrices sont de nouveau en lice, pas les mêmes : Nicole Garcia, Anne Fontaine et Houdia Benyamina dans une position semblable à celle de Deniz Gamze Erguven en 2016, puisque Divines est également cité au César du meilleur premier long-métrage et que, tout comme Mustang, il s’est d’ores et déjà fait remarquer aux States d’Amérique. Il y a toutefois fort à parier qu’un homme remporte de nouveau cette récompense...

Le champagne pour Elle

Le film de Paul Verhoeven cumule 11 nominations. Si ce joli nombre n’augure en rien d’un triomphe – Dheepan le sait bien, lui qui fut cité 9 fois, pour finalement repartir bredouille – deux voire trois César semblent d’ores et déjà acquis : celui de la réalisation et/ou celui du meilleur film, mais d'abord le César de la meilleure actrice, sans aucun doute la catégorie où règne le moins de suspense cette année. Non pas que les concurrentes soient indignes, bien au contraire, mais la performance d’Isabelle Huppert dans Elle est de celle que les votants de l’académie ne peuvent ignorer sans commettre une erreur professionnelle.

Entre la poire et le fromage, le règlement de compte entre Gaspard Ulliel et Pierre Niney

En 2015, les deux étoiles montantes du cinéma français étaient rivaux, pour le même rôle, ce qui rendait la défaite encore plus humiliante. Pas un jour depuis sans que Pierre Niney n’exhibe son César (il le porte en pendentif, on peut le voir sous sa chemise dans Frantz) aux yeux du pauvre Gaspard Ulliel, en lui rappelant qu’il n’y a qu’un seul Yves Saint Laurent, sous les quolibets des gangstas de la Comédie-française. Face à celui qu'on surnomme depuis le Flavor Fav de l’acting français, Gaspard la joue profil bas, chuchotant chez Dolan pendant que tous les autres crient. Un pari risqué, d’autant plus au regard des outsiders : François Cluzet dans le rôle de François Cluzet et Omar Sy, roi de la win qui convertit toutes ses citations aux César en récompenses.

Un bon cru pour le César du long-métrage d’animation

Chaque année apporte son lot de beaux films dans ce domaine, mais la cuvée 2017 est exceptionnelle. Trois réalisations, trois réussites, toutes passées par Cannes : La Jeune fille sans mains (ACID), La Tortue rouge (Un Certain Regard) et Ma Vie de courgette (Quinzaine des Réalisateurs) qui réalise l'exploit d'être cité dans deux autres catégories (adaptation et musique). C’est non seulement la catégorie dont le vainqueur est le plus difficile à prévoir, mais surtout celle dont le lauréat, quel qu’il soit, méritera amplement sa compression dorée.  

Une révélation : Raph est une fille

Raph, la révélation de Ma Loute, est démasquée pour de bon, à cause de sa nomination. C'est dommage, compte-tenu du mystère qui entoure son personnage dans le film et au-delà, son identité, mais il est réjouissant de la voir ainsi mise à l'honneur.

 

La liste des nommés aux César 2017

 

Meilleur film :

 

Meilleure actrice :

 

Meilleur acteur :

 

Meilleur acteur dans un second rôle :

 

Meilleure actrice dans un second rôle :

 

Meilleur réalisateur :

  • Houda Benyamina pour Divines
  • Paul Verhoeven pour Elle
  • François Ozon pour Frantz
  • Anne Fontaine pour Les Innocentes
  • Xavier Dolan pour Juste la fin du monde
  • Bruno Dumont pour Ma Loute
  • Nicole Garcia pour Mal de pierres

 

Meilleure espoir féminin :

 

Meilleur espoir masculin :

 

Meilleur premier film :

 

Meilleur documentaire :

 

Meilleure photographie :

  • Stéphane Fontaine pour Elle
  • Pascal Marti pour Frantz
  • Caroline Champetier pour Les Innocentes
  • Guillaume Deffontaines pour Ma loute
  • Christophe Beaucarne pour Mal de pierres

 

Meilleur film étranger :

 

Meilleure adaptation :

 

Meilleur court-métrage :

 

Meilleur court-métrage d'animation :

 

Meilleur film d'animation :

 

Meilleur son :

  • Brigitte Taillandier, Vincent Guillon, Stéphane Thiébaut pour Chocolat
  • Jean-Paul Mugel, Alexis Place, Cyril Holtz, Damien Lazzerini pour Elle
  • Martin Boisseau, Benoît Gargonne, Jean-Paul Hurier pour Frantz
  • Jean-Pierre Duret, Sylvain Malbrant, Jean-Pierre Laforce pour Mal de Pierres
  • Marc Engels, Fred Demolder, Sylvain Réty, Jean-Paul Hurier pour L'Odyssée

 

Meilleure musique originale :

  • Gabriel Yared pour Chocolat
  • Ibrahim Malouf pour Dans les forêts de Sibérie
  • Anne Dudley pour Elle
  • Philippe Rombi pour Frantz
  • Sophie Hunger pour Ma vie de courgette

 

Meilleur scénario original :

 

Meilleurs costumes :

  • Anaïs Romand pour La danseuse
  • Pascaline Chavanne pour Frantz
  • Catherine Leterrier pour Mal de Pierres
  • Alexandra Charles pour Ma Loute
  • Madeline Fontaine pour Une vie

 

Meilleurs décors :

  • Jérémie D. Lignol pour Chocolat
  • Carlos Conti pour La danseuse
  • Michel Barthélémy pour Frantz
  • Riton Dupire-Clément pour Ma Loute
  • Katia Wyszkop pour Planetarium

 

Meilleur montage :

  • Loic Lallemand, Vincent Tricon pour Divines
  • Job ter Burg pour Elle
  • Laure Gardette pour Frantz
  • Xavier Dolan pour Juste la fin du monde
  • Simon Jacquet pour Mal de pierre
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