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Le cinéma jamaïcain en musique

Music Box | Par Simon Urbain | Le 19 août 2010 à 19h05

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La Jamaïque, une île tropicale et luxuriante, connue pour ses sprinters, sa production de psychotropes divers et son reggae, mais pas vraiment pour son 7ème art. L'industrie cinématographique faute de moyens est quasi-inexistante sur l'île, mais certains films ont réussi à se faire une place au panthéon des films cultes.

Forcément un film jamaïcain, ça fume un peu et ça chante beaucoup de reggae, au point que la bande-son est souvent une composante essentielle du film. Soit les personnages sont des musiciens soit la musique rythme le film en permanence.

The Harder They Come (1972) est l'un des premiers films jamaïcains à tenir la route et surtout, à avoir réussi à s'exporter. Tourné en deux ans par le jamaïcain Perry Henzel, c'est le jeune chanteur Jimmy Cliff qui y incarne Ivanhoe Martin, une robin des bois ghetto, doublé d'un apprenti chanteur. La réalisation nerveuse caméra à l'épaule et les acteurs amateurs donnent au film un parfum de documentaire.

The Harder They Come montre une image honnête et réaliste des conditions de vie des ghettos jamaïcains. Sa nouveauté et son exotisme en ont fait un film culte aux Etats-Unis où il s'est fait connaître dans les séances de minuit en restant plusieurs mois consécutifs à l'affiche :


Course poursuite dans un bidon ville extrait de Tout, tout de suite

Les films jamaïcains s'inspirent souvent de ceux de la Blaxpoitation américaine qui connaissent alors un franc succès sur l'île de Bob Marley. Les personnages s'éloignent radicalement de la norme hollywoodienne, les histoires se déroulent dans les quartiers pauvres et on jure à tout bout de champ. Un film comme Rockers (1978) avec le personnage de Horsemouth joué par Leroy Wallace (le batteur de Burning Spears), illustre bien le paradoxe entre la violence des rues de Kingston et la philosophie Rastafari.

Un programme alléchant, mais qui ne s'exportera jamais vraiment ne serait-ce qu'a cause de l'accent :


Regard caméra Rastafari extrait de Rockers

Dans les années 90 l'arrivée des caméras numériques et du marché du DVD, relancent l'industrie du cinéma en Jamaïque. Le reggae rastafari a cédé la place au ragga des sound-systems, les histoires se durcissent et perdent l'innocence des années 70. Shottas (2002) est un quasi remake de Scarface et la violence du film contraste avec les rythmes chaloupés de sa bande-son :


Les braqueurs braqués extrait de Shottas

Le cinéma jamaïcain est donc un mouvement mineur dont malheureusement les films importants se comptent sur les doigts d'une main. En revanche ils sont les seuls à dépeindre avec justesse l'ambiance unique de ce pays (pas même le Kingston version Disney de Rasta Rockett n'y est arrivé).

On retrouve tous styles de musique jamaïcaine dans cette playlist : le rocksteady des Heptones, le dub halluciné de Joe Gibbs, le premier riddim digital "Sleng Teng" avec Wayne Smith, le dance-hall de Super Cat et des grands classiques comme Police & Thieves popularisé par la reprise des Clash.

Par ici pour écouter notre playlist cinéma jamaïcain

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