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Making of : quelle technique derrière le Tintin de Spielberg ?

Tournage | Par David Honnorat, Julien Di Giacomo | Le 26 octobre 2011 à 18h01

Tintin est-il un film d'animation comme les autres ? Non. Le film repose sur la technique de performance capture utilisée dans les derniers films de Robert Zemeckis notamment ainsi que dans Avatar en 2009. Retour sur ce procédé révolutionnaire qui ouvre au cinéma d'intéressantes perspectives...

Le « cinéma virtuel »

Dès les premières séances de Tintin, à l'aube, on pouvait entendre dans les files d'attente les parents dépassés par leur époque annoncer avec un sourire mièvre à leurs enfants qu'ils les emmenaient voir un petit « dessin animé ». Or le procédé technique qui a ici permis d'animer les héros d'Hergé est bien différent de l'animation classique. Il faut avouer que, depuis l'avènement du tout-numérique (qu'on date généralement à Toy Story, en 1995), les multiples techniques cohabitant dans le paysage cinématographique ont pu laisser le spectateur dans un flou artistique tridimensionnel. Alors, puisque vous vous posez certainement la question, clarifions un peu la situation : comment au juste Steven Spielberg obtient-il le rendu visuel de son Tintin ?

Le making of ci-dessous peut presque se passer de commentaires :

La technique utilisée s'appelle performance capture, ou "cinéma virtuel", terme favorisé par Robert Zemeckis. Comment ça marche ?

  1. On affuble les comédiens de combinaisons ridicules à bandes fluos (comme en motion capture) et on garnit leur visage de petites pastilles ou taches de peinture.
  2. On les "filme" avec une "caméra" spéciale qui ne "voit" que les capteurs des acteurs, puis, avec un traitement informatique, on utilise ces visions "en pointillés" des mouvements et des expressions faciales des acteurs pour créer des personnages dont la gestuelle et les attitudes ont le naturel de leurs modèles.
  3. Une fois les personnages animés créés, il ne reste plus qu'à les insérer dans des environnements fabriqués entièrement par informatique. Les seuls éléments du décor qui sont réels sont ceux avec lesquels les personnages interagissent (portes, chaises, verres, etc.) : on garnit alors de capteurs des objets de forme analogue pour les numériser par la suite.

Le procédé change tellement tout qu'il oblige à inventer un nouveau vocabulaire et, en attendant, à employer beaucoup de guillemets. L'énorme avantage du cinéma virtuel est de permettre à la fois un réalisme bluffant dans l'animation, puisque les personnages sont bel et bien joués par des acteurs humains, et la possibilité de modifier les angles et mouvements de caméra en post-production.

Bon, tout ça c'est bien, mais ça ne vous dit pas s'il faut voir Tintin en VO ou en VF !

Sources : L'Ouvreuse, It's art

11 commentaires
  • Louison_Bobet
    commentaire modéré "combinaisons ridicules" ^^ ceci dit les acteurs auront encore du boulot, même avec cette technique qui nécessite plus d'imagination qu'un tournage "classique" ! Bon courage a eux !!
    26 octobre 2011 Voir la discussion...
  • IMtheRookie
    commentaire modéré @marivaudage je vois vraiment pas pourquoi on devrait plaindre les acteurs pour le coup !
    27 octobre 2011 Voir la discussion...
  • hugo
    commentaire modéré en tout cas la pauvre maquette de Milou à 13:40 est hilarante
    27 octobre 2011 Voir la discussion...
  • nicco
    commentaire modéré Je vous rassure, les acteurs vont très bien.
    Il se dit même que tous en retire une grande satisfaction. Oui bizarrement attendre 7 heures par jours dans une caravane pour de temps en temps suivre des marques au sol n'était pas du goût de tous.

    N'AYEZ PAS PEUR.
    27 octobre 2011 Voir la discussion...
  • IMtheRookie
    commentaire modéré @nicco oui en plus, un peu comme pour le passage du muet au parlant, on peut imaginer que cette technique pourrait ouvrir la porte à de nouveaux talents pas forcément dotés d'un physique exceptionnel mais capable d'être d'excellents interprètes.

    Plaindre les acteurs ici ce serait comme si, au moment de l'invention du cinéma, on avait plaint les acteurs venant du théâtre qui "oh les pauvres" n'allaient plus pouvoir jouer en vrai face au public mais seraient condamnés à la froideur des plateaux de cinéma...
    27 octobre 2011 Voir la discussion...
  • IZARRA
    commentaire modéré TINTIN : LES DENTS DE LA MER-ique

    Le rouleau compresseur hollywoodien a allègrement franchi nos frontières culturelles afin de niveler encore un peu plus les cervelles françaises avec une version 3D commerciale de “Tintin”.

    Revu, léché, lissé, hight-techisé et surtout boosté à la dynamite made in US, bref consciencieusement américanisé par Spielberg (professionnel de la récupération mercantile des mythes contribuant à l’abrutissement mondial), ce TINTIN-là, comme tout ce qui sort de l’industrie cinématographique yankee, n’échappe pas à sa mission hégémonique : transformer le monde (idolâtre d’images merveilleuses) en vassal de l’Amérique allaitée au coca-cola.

    Les gogos par millions vont encore se laisser berner par ces spielbergueries qu’on leur présente comme le banquet de mariage -supposé heureux- de la lourde, indigeste, vulgaire Hollywood avec la fine, élégante, spirituelle Belgique.

    Les esprits faibles ferrés depuis leur naissance par le système cinématographique américain se ruent en troupeaux dans les salles de cinéma pour ne pas rater l’évènement, comme si c’était une perte de ne pas partager ces références entre bovins...

    Reprendre nos traditions, s’inspirer de notre imaginaire collectif, s’emparer de nos vieux rêves européens, faire revivre nos figures locales en les remodelant à leur sauce ketchup et enfin nous les refourguer avec la caution du “terroir culturel”, voilà le génie criminel du cinéma d’outre-Atlantique !

    Cette mouture 3D de TINTIN génératrice de produits dérivés en tous genres n’est ni plus ni moins qu’une pierre supplémentaire dédiée à l’édification de l’idéologie américaine (basée sur la consommation primaire, outrancière alliée à la suprématie militaire la plus brutale).

    Retailler nos statues, les uniformiser selon les critères au rabais du marché international, telle est la spécialité des faiseurs d’images de Hollywood.

    Pour ça ils sont forts les amerloques !

    Avec Spielberg la jolie histoire belge vient de tourner à l’horreur du cinéma mondialiste : TINTIN a vendu sa fameuse mèche au diable.

    Raphaël Zacharie de IZARRA
    29 octobre 2011 Voir la discussion...
  • nicco
    commentaire modéré HAHAHAHAHAHA
    29 octobre 2011 Voir la discussion...
  • IMtheRookie
    commentaire modéré WTF ?!
    29 octobre 2011 Voir la discussion...
  • JoChapeau
    commentaire modéré La faiblesse de la pensée des hippies.
    29 octobre 2011 Voir la discussion...
  • Cladthom
    commentaire modéré Je suis retombé sur ça, et j'ai bien ri (cf message de IZZARA)
    Les méchants américains qui volent l'argent et le coeur des bons européens...
    25 décembre 2011 Voir la discussion...
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