Otilia se charge de le faire disparaître

Une vidéo de 4 mois, 3 semaines, 2 jours publiée par natmis le 19/03/2009 à 18h03
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Durée : 1:40 | 458 Vues | 1 Fan

Dans la scène

Contexte

Ce plan, qui a fait débat et choqué une partie du public pour son caractère cru et dérangeant, n'a bien sur pas été pensé à la légère. En fait, cette séquence a été tourné en plusieurs versions. Dont une sans le mouvement de caméra descendant qui permet de voir le foetus. Mais au final le réalisateur a trouvé qu'il était nécessaire de conserver cette version. Plusieurs explications, dont certaines confirmées par M.Mungiu, existent. D'abord, d'un point de vue narratif, le spectateur suit le déroulement des évenements du point de vue de Otilia, l'amie de Gabita qui se fait avorté. D'ailleurs, on ne reste pas avec Gabita dans la chambre quand Otilia va voir son ami, on suit cette dernière. Quand elle revient, on découvre le foetus avec elle. On suit son point de vue, émotif et visuel (l'affiche est d'ailleurs issue de cette séquence). Sur le plan historique et moral, le film ne se veut ni pro ni anti-avortement. Il utilise scénaristiquement et formellement ce qui retranscrit, avec le plus de véracité possible, ce qui animait les années Ceaucescu. Et l'horreur de ce foetus sur le carrelage, la jeune femme qui avorte en est autant responsable que le dictateur qui empeche que ce ne soit fait dans des conditions dignes. Une autre idée surgit : la question immorale est presque hors sujet, d'un point de vue historique. En 1966, quand Ceaucescu interdit l'avortement, c'est encore une liberté de moins pour le citoyen roumain, et pour les femmes deja assez mises à mal. Le dictateur reve d'une société nouvelle et nombreuse, a coté de ca, il ruine le pays, exige des femmes qu'elles aient des enfants qu'elles ne pourront pas nourrir. Il leur reste souvent deux solutions : l'avortement ou l'abandon. Et on sait que les deux sont malheureusement devenus courants. Hors, quel est le plus immoral ? Ni l'un ni l'autre, c'est le régime qui est inhumain, celui qui fait risquer la prison et la mort. Jusqu'à l'innomable, puisque l'avortement et la séquence prennent fin avec ce qui reste sans doute le plus abject : le reniement de l'enfant, l'obligation de le détruire pour ne pas risquer la prison.

1 commentaire

  • commentaire modéré Cet extrait compte deux plans, ce n'est donc pas un plan-séquence.
    13 avril 2011 Voir la discussion...

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