Harry Cohn, le "Mogul"

Harry Cohn, le "Mogul"

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Quand on lui demandait ce qu’il pensait d’être patron de la Columbia, Harry Cohn répondait « C’est déjà mieux que d’être maquereau ! ».
Cohn avait mauvaise réputation, grossier, parfois venimeux, constamment dur avec ses stars.
Mais, de 1920 à 1958, l’année de sa mort, Cohn fit de la Columbia, qui était au départ un minable studio de seconde zone, une de plus grande usine à rêves d’Hollywood.
Grâce, notamment, à la complicité et la fidélité de Frank Capra, la notoriété de la Columbia grandit en moins de 10 ans. En 1934, « It happened one night » (New-York Miami) rafla 5 oscars. Et la Columbia devint alors une des « Majors ».
Très intelligemment, Cohn divisa sa production en 2 catégories : les films de Capra et les autres : des « serials » à petit budget (les 3 Stooges), des court-métrages et des « cartoons » (les premiers Disney).
Cohn, souvent, « emprunta » des vedettes aux autres studios : Cary Grant, Jimmy Stewart, Mickey Rooney, Katherine Hepburn, Humphrey Bogart… mais il fit également démarrer la carrière de William Holden, Judy Holliday, Kim Novak, et celle d’une jeune danseuse qui s’appelait Margarita Camen Cansino à qui il demanda de devenir rousse et qu’il renomma Rita Hayworth. Leur relation professionnelle fut houleuse, Rita Hayworth fut souvent taxée pour insubordination, elle se plaignit même d’être maltraitée parce qu’elle avait refusé de coucher avec Cohn
La légende dit que Cohn possédait un bureau gigantesque et de petits fauteuils pour ses invités, qui avaient presque 15 mètres à parcourir de la porte avant de pouvoir s’assoir… et un portrait de Benito Mussolini sur son bureau
Mais beaucoup avouèrent que la nature tyrannique de Cohn avait pour but de motiver ses employés. Avoir eu à lutter pour obtenir ce qu’il voulait amenait Cohn à attendre la même chose de ceux qui travaillaient pour lui. Il avait en retour une grande loyauté envers ceux qui faisaient face aux difficultés : il préserva son unité de court-métrages, dont des dizaines d’acteurs, longtemps après que le court ne soit plus rentable, il garda sous contrat Jack Holt bien longtemps après que son étoile commença à ternir. Il eut aussi le culot de promouvoir des femmes à la production. Et il défendit l’écrivain John Howard Lawson contre la terrible Commission des Activités Anti-Américaines…
Peu importe, finalement, sa réputation, personne ne peut nier qu’Harry Cohn fut un des plus grands « moguls » de l’histoire du cinéma. Sous sa direction, des films légendaires furent tournés tels que : "You Can't Take It With You" (1938), "All the King's Men" (1941), “The Lady from Shanghai” (1948), "From Here to Eternity" (1953), "On the Waterfront" (1954)…
La Columbia fut le seul studio à rester profitable durant la grande dépression et resta même la plus rentable de l’industrie cinématographique dans les années 50. Parmi les raisons de cette bonne gestion : une réutilisation constante des costumes et des décors, un département de location de films, une petite mais vigoureuse unité de production TV (dont la série « Ma sorcière bien aimée »).
Cohn mourut le 27 février 1958. Ses funérailles furent grandioses. Red Skelton, malicieusement dira : « donnez au peuple ce qu’il veut et il vient en masse à votre enterrement ».
La Columbia périclita dans les années 70, puis fut récupérée par Coca-Cola puis Sony. Mais elle ne put jamais retrouver la qualité visionnaire des années Cohn.

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