Misérables

César 2020 : portrait d'un palmarès scandaleux

Festival / Récompenses | Par Joseph Boinay | Le 29 février 2020 à 01h25

Aujourd'hui se tenait la 45e cérémonie des César à la salle Pleyel dans un contexte tendu. Le palmarès, qui a finalement couronné Les Misérables, a aussi envoyé un message d'une grande violence à l'équipe du Portrait de la jeune fille en feu, en ne lui accordant qu'un prix technique et en récompensant Roman Polanski du César du meilleur réalisateur. 

Dans une soirée plombée (mais pas tellement plus que d'habitude), la maîtresse de cérémonie Florence Foresti et quelques autres se sont débatus tant bien que mal pour amuser la "grande famille du cinéma", avec un succès tout relatif : 

 

 

 

 

S'ils y sont parvenus lors de rares épiphanies (que vous pourrez retrouver sur notre fil Twitter), personne ne s'attendait au fracas d'un finale incroyable qui a récompensé Roman Polanski du césar du meilleur réalisateur. Ulcérées, Adèle Haenel et Céline Sciamma, suivies d'autres personnes, ont quitté précipitamment la salle en signe de contestation : au camouflet du prix remis au réalisateur de J'accuse, qui était absent, s'est ajoutée une quasi absence de prix (un seul, pour la photographie). Après toutes ces polémiques et défections en série, nous étions assez circonspects sur l'issue de la cérémonie, à tel point que vos pronostics ne ressemblaient plus vraiment à ce que d'aucuns projetaient initialement. Force est de constater que jusqu'à tard dans la soirée, vous aviez presque tout bon. C'était sans compter sur une certaine résistance du cinéma français de qualité, hermétique à son temps et tout incliné par son amour de la poussière. Fort heureusement, Les Misérables de Ladj Ly ont relevé un peu le niveau, en récupérant quatre césar, dont celui du meilleur film. Pour le reste, tout a semblé relativement prévisible : 

Le Palmarès

Meilleur film 

La Belle Époque, de Nicolas Bedos
Grâce à Dieu, de François Ozon
Hors normes, d’Olivier Nakache et Éric Toledano
J’accuse, de Roman Polanski
Lauréat : Les Misérables, de Ladj Ly
Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma
Roubaix, une lumière, d’Arnaud Desplechin

Meilleure actrice 

Lauréate : Anaïs Demoustier (Alice et le maire)
Eva Green (Proxima)
Adèle Haenel et Noémie Merlant (Portrait de la jeune fille en feu)
Karin Viard (Chanson Douce)
Doria Tillier (La Belle Epoque)
Chiara Mastroianni (Chambre 212)

Meilleur acteur 

Daniel Auteuil (La Belle Époque)
Damien Bonnard (Les Misérables)
Vincent Cassel (Hors normes)
Jean Dujardin (J’accuse)
Reda Kateb (Hors normes)
Melvil Poupaud (Grâce à Dieu)
Lauréat : Roschdy Zem (Roubaix, une lumière)

Meilleur acteur dans un second rôle 

Lauréat : Swann Arlaud (Grâce à Dieu)
Grégory Gadebois (J’accuse)
Louis Garrel (J’accuse)
Benjamin Lavernhe (Mon Inconnue)
Denis Ménochet (Grâce à Dieu)

Meilleure actrice dans un second rôle  

Lauréate : Fanny Ardant (La Belle Époque)
Laure Calamy (Seules les bêtes)
Sara Forestier (Roubaix, une lumière)
Hélène Vincent (Hors normes)
Josiane Balasko (Grâce à Dieu)

Meilleur réalisateur 

Olivier Nakache et Éric Toledano (Hors normes)
Ladj Ly (Les Misérables)
Céline Sciamma (Portrait de la jeune fille en feu)
Arnaud Desplechin (Roubaix, une lumière)
Nicolas Bedos (La Belle Epoque)
François Ozon (Grâce à Dieu)
Lauréat : Roman Polanski (J’accuse)

Meilleure espoir féminin 

Luàna Bajrami (Portrait de la jeune fille en feu)
Céleste Brunnquell (Les Eblouis)
Mama Sané (Atlantique)
Lauréate : Lyna Khoudri (Papicha)
Nina Meurisse (Camille)

Meilleur espoir masculin 

Anthony Bajon (Au nom de la terre)
Benjamin Lesieur (Hors normes)
Lauréat : Alexis Manenti (Les Misérables)
Djebril Zonga (Les Misérables)

Meilleur premier film 

Atlantique, de Mati Diop
Au nom de la terre, d’Edouard Bergeon
Le Chant du loup, d’Antony Baudry
Les Misérables, de Ladj Ly
Lauréat : Papicha, de Mounia Meddour

Meilleur documentaire 

68, mon Père et les Clous, de Samuel Bigiaoui
La Cordillère des songes, de Patricio Guzmán
Lourdes, de Thierry Demaizière et Alban Teurlai
Lauréat : M, de Yolande Zauberman
Wonder Boy Olivier Rousteing, né sous X, d’Anissa Bonnefont

Meilleure photographie 

Nicolas Bolduc (La Belle Époque)
Pawel Edelman (J’accuse)
Julien Poupard (Les Misérables)
Lauréate : Claire Mathon pour Portrait de la jeune fille en feu
Irina Lubtchansky (Roubaix, une lumière)

Meilleur film étranger 

Douleur et gloire, de Pedro Almodovar
Le Jeune Ahmed, des frères Dardenne
Joker, de Todd Philips
Lola vers la mer, de Laurent Micheli
Once Upon a Time in Hollywood, de Quentin Tarantino
Le Traître, de Marco Bellocchio
Lauréat : Parasite, de Bong Joon-ho

Meilleure adaptation 

Adults in The Room, de Costa-Gavras 
Lauréat : J'accuse, de Roman Polanski
J'ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin
Roubaix, une lumière, d’Arnaud Desplechin
Seules les bêtes, de Dominik Moll

Meilleur court métrage 

Beautiful Loser, de Maxime Roy
Lauréat : Pile Poil, de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller
Le Chant d’Ahmed, de Foued Mansour
Chien bleu, de Fanny Liatard
Netta Football Club, d’Yves Piat

Meilleur court métrage d'animation 

Ce magnifique gâteau, de Marc James Roels et Emma de Swaef 
Je sors acheter des cigarettes, d’Osman Cerfon
Lauréat : La Nuit des sacs plastiques, de Gabriel Harel
Make It Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo

Meilleur film d'animation 

La Fameuse Invasion des ours en Sicile, de Lorenzo Mattotti
Lauréat : J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin
Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec

Meilleur son 

RémiI Daru, Séverin Favriau, Jean-Paul Hurier pour La Belle Epoque
Lauréat : Nicolas Cantin, Thomas Desjonquères, Raphaëll Mouterde, Olivier Goinard, Randy Thom pour Le Chant du loup
Lucien Balibar, Aymeric Devoldère, Cyril Holtz, Niels Barletta pour J’accuse
Arnaud Lavaleix, Jérôme Gonthier, Marco Casanova pour Les Misérables
Julien Sicart, Valérie De Loof, Daniel Sobrino pour Portrait de la jeune fille en feu

Meilleure musique originale 

Atlantique, de Mati Diop
J’accuse, de Roman Polanski
Lauréat : J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin
Les Misérables, de Ladj Ly
Roubaix, une lumière, d’Arnaud Desplechin

Meilleur scénario original 

Lauréat : Nicolas Bedos pour La Belle Epoque
François Ozon pour Grâce à Dieu
Olivier Nakache et Éric Toledano pour Hors normes
Ladj Ly, Giordano Gederlini et Alexis Manenti pour Les Misérables
Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

Meilleurs costumes 

Lauréate : Pascaline Chavanne pour J’accuse
Emmanuelle Youchnovski (Le Belle Epoque)
Thierry Delettre ( Edmond)
Alexandra Charles (Jeanne)
Dorothée Guiraud (Portrait de la jeune fille en feu)

Meilleurs décors 

Lauréat : Stéphane Rozenbaum pour La Belle Epoque
Benoît Barouh (Le Chant du loup)
Jean Rabasse (J’accuse)
Thomas Grézaud (Portrait de la jeune fille en feu)
Franck Schwartz (Edmond)

Meilleur montage 

Laure Gardette (Grâce à Dieu)
Hervé De Luz (J’accuse)
Lauréate : Flora Volpelière pour Les Misérables
Anny Danché et Florent Vassault (La Belle Epoque)
Dorian Rigal-Ansou (Hors-Normes)

Bonus César "du public"

Lauréat : Les Misérables de Ladj Ly 

699 commentaires
  • iamjusteen
    commentaire modéré D'un coté un mec qui purge une peine de 16 ans en prison de l'autre un mec qui fuit la justice en France et reçoit des prix prestigieux ET SURTOUT continue de faire des films comme si de rien n'était.....
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • CYHSY
    commentaire modéré @iamjusteen Je dis surtout, en premier lieu, que ça ne permet en rien de relativiser quoique ce soit. En revanche, que ce soit crétin et hyper malvenu, évidemment.
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • CYHSY
    commentaire modéré @iamjusteen Mais je ne suis pas certain de comprendre ton commentaire.
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • CYHSY
    commentaire modéré *quoi que
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • Soilhy
    commentaire modéré @Findugame Mais de rien...au plaisir de te rendre service ;)...
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • Attrianera
    commentaire modéré Quand on lit certaines prises de positions de professionnels du cinéma (Lambert Wilson etc) on peut avoir le sentiment que les comportements de Foresti, Haenel etc relèvent du blasphème, comme si il y avait un culte autour de Polanski. C'est pour le moins surprenant.
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • Attrianera
    commentaire modéré @Hobbit77 e ne pense pas. Je trouve que ce qui s'est passé à une valeur très symbolique et pose pas mal de questions: sur la place que possède Polanski au sein du cinéma français, sur sa sacralisation par certains professionnels du cinéma, sur la perception des violences sexuelles dont sont victimes les femmes...
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • Attrianera
    commentaire modéré *Je
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • Attrianera
    commentaire modéré Pour la cinéphile totalement étrangère professionnellement au monde du cinéma que je suis, cette cérémonie a changé pas mal de choses. Il y aura un avant et un après. Il y a quelque chose qui s'est cassé.
    7 mars 2020 Voir la discussion...
  • Sleeper
    commentaire modéré @veroniquevergnau rosemary's papi ^^
    7 mars 2020 Voir la discussion...
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