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Le Grand Sommeil

Décès de l'actrice Lauren Bacall

Actualité | Par Joseph Boinay | Le 13 août 2014 à 09h57
Tags : actrice, décès

Le capitaine venait tout juste de quitter le port que déjà l’angoisse nous a repris. Quelques heures seulement après la disparition tragique de Robin Williams, c’est avec tristesse que nous apprenons la mort de Lauren Bacall, à 89 ans.

Si les plus jeunes n’ont peut-être pas tous vu ses films, il est une image qu’ils ne peuvent pas ne pas connaître, celle du couple mythique qu’elle forma avec Humphrey Bogart pendant douze furtives années, mais qui restera figée pour l’éternité dans le ciel du cinéma.

Les deux s’étaient rencontrés sur le tournage du Port de l’Angoisse en 1945 et ne s’étaient plus quittés jusqu’à la mort de « Bogart » en 1957. Bogart / Bacall, équivalent noir et blanc (et un poil plus classieux) du Brangelina de Mr & Mrs Smith, c’était aussi un fantastique polar nébuleux (Le Grand Sommeil), un autre dans une veine plus expérimentale – mais tout aussi passionnante – (Les Passagers de la nuit) ou encore le huis-clos moite de Key Largo. Quatre films dont le magnétisme tenait certes au charme rugueux de Bogart et à la volupté de la mise en scène, mais aussi à cette voix rauque et ce regard fauve si particulier ponctué de sourcils francs et fiers : « The Look ».

Lauren Bacall a excellé chez les plus grands : Curtiz, Minnelli, Sirk, Lumet, Siegel, essayant après quelques critiques mal intentionnées de nuancer un jeu peut-être un peu trop typé « Bacall ». Après la mort de son mari, elle se tourne plus volontiers vers le théâtre, sans toutefois abandonner le cinéma, mais avec des bonheurs divers. Les années 90 voient son parcours osciller entre petites participations dans des films plutôt plaisants (Misery, Prêt-à-porter) et des naufrages franchement spectaculaires, avec en point d’orgue le chef-d’œuvre de Bernard-Henri Levy, si pertinemment intitulé : Le Jour et la nuit.

Dans les années 2000, elle remontera la pente avec quelques films plus qu’honorables, essentiellement deux volets de la Trilogie Américaine de Lars Von Trier (Dogville et Manderlay), pour commencer à s’effondrer nettement sous la direction du néo-beauf Jonathan Glazer (Birth) et enfin comme beaucoup, dans le doublage d’animation, tristes purgatoires des acteurs sur la fin, qui verront célébrer Robin Williams en génie de la lampe. Mais tout ceci ne doit pas porter ombrage à une carrière exceptionnelle qui est en plus un remarquable témoignage des évolutions du cinéma sur une période couvrant un spectre hallucinant de 70 ans.

Et quel cinéma. So long Lauren, take a look on the wild side.

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