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Tout savoir sur... Animal Kingdom, de David Michôd

Garanti sans spoiler ! | Par Hugues Derolez | Le 27 avril 2011 à 16h03

Chaque semaine, on se penche pour vous sur le film qui fait l'événement. Comment est monté le buzz ? Pourquoi le film est incontournable ? Que faut-il savoir pour briller dans la file d'attente ? On vous dit tout sans trop en dévoiler dans notre rubrique « Garanti sans spoiler ! ».

Ce qu'il faut savoir
Les banlieues de Melbourne, un jeune garçon, Josh, regarde la télévision avec sa mère. Quand les secours interviennent elle est déjà morte, emportée par une overdose d'héroïne. Sous le choc, et trop jeune pour pouvoir se prendre en charge, Josh fait appel à sa grand-mère et décide d'emménager avec elle. Il y retrouve la famille qu'il avait perdu, quatre frères soudés autour de cette figure maternelle, tendre et prévenante. Mais Josh devra également apprendre à se défendre dans ce milieu violent où arnaques, braquages et règlements de comptes sont le lot quotidien.

La scène dont tout le monde parle
Dans la grande tradition des films noirs et des thrillers policiers, Animal Kingdom est un film bouleversé, changeant de configuration plusieurs fois dans son déroulement. Certains personnages apparaissent, prennent de l'ampleur, d'autres disparaissent. Une simple histoire de fierté prendra des allures de spirale violente, dont il sera difficile de revenir. Attendez-vous donc à quelques coups de théâtre et à des situations insoutenables.


What do you think we should do? extrait de Animal Kingdom

L'analyse qui lave son linge sale en famille
Le cinéma australien n'est que très peu visible en Europe malgré quelques jeunes cinéastes qui veulent en découdre. Dernièrement, c'est John Hillcoat, en adaptant le roman récompensé du prix Pulitzer La Route, qui connut la gloire des médias. Peu de temps avant cela il présentait The Proposition, un western sombre retraçant les première heures sauvages de l'Australie, les affrontements entre criminels et forces de l'ordre. Des cinéastes qui, très rapidement, s'exportent aux États-Unis et s'y installent. Ce fut le cas par exemple de George Miller, réalisateur de la trilogie Mad Max, ou encore de Russell Mulcahy, passé de Razorback à Highlander, pour réaliser dernièrement un énième épisode de la saga Resident Evil et Le Roi Scorpion 2. Un changement de territoire qui ne réussit donc pas à tout le monde.

Mais ne brûlons pas les étapes : Animal Kingdom n'est que le premier film de David Michôd. Un projet clair et sans concession, une vraie plongée en immersion dans le milieu criminel de Melbourne. Cela passe par des scènes d'extrême tension, des affrontements verbaux ou non, mais également une violence de tous les instants, un rapport au monde totalement biaisée. Le rapport de cette mère asphyxiante à ses enfants en est le premier exemple. L'incapacité de la fratrie à entretenir des relations sociales correctes en est un autre. Injecté dans ce milieu déliquescent, Josh (premier rôle d'importance pour James Frecheville) s'interroge constamment sur les sacrifices qu'il doit faire pour sa famille, et en quoi cela le sépare de la route qu'il aimerait suivre. Profitant de ses faiblesses, la police (représentée par l'irréprochable Guy Pearce) essaiera de s'en faire un allié de taille au sein même de la famille Cody.

Le film est d'ores-et-déjà comparé aux premières réalisations de James Gray, cinéaste désormais incontournable quand il est question de films de gangsters, mais aussi de réunions de famille. Animal Kingdom utilise certes le même canevas de départ, et déploie sa narration, de la même façon, lentement mais sûrement, aspirant ses personnages vers leur inévitable chute. Anxiogène, sinistre, mais pas exempt de quelques touches de stylisation, de séquences ralenties, magnifiées par la musique, jouant fortement sur des jeux d'ombre et de lumière. Effets de manche sans intérêt ou plus-value intéressante à l'état de tension permanent ? Indubitablement les seules plages de quiétude dans le film de Michôd, qui plairont ou déplairont selon les goûts de chacun.


Au supermarché extrait de Animal Kingdom

Les 3 bonnes raisons d'y aller

  • Une ambiance infernale, une mise en scène étouffante, et très peu de répit laissé au spectateur.
  • Une intrigue bien ficelée, qui tient toutes ses promesses.
  • La matriarche, incarnée par Jacki Weaver, tout bonnement magistrale.

Revue de web

  • L'interview du réalisateur David Michôd, où il explique son attachement à la ville de Melbourne.
  • Le making-of du film.
  • Le portrait du jeune cinéaste, revenant sur le début de sa carrière, et les difficultés rencontrées pour mettre sur pied Animal Kingdom.

Conseils extrait de Animal Kingdom

L'anecdote qui tue pour briller en société
Pendant plus de neuf ans, le scénariste / réalisateur David Michôd a observé la scène criminelle de Melbourne, base de départ de son scénario. Il s'est fortement inspiré du meurtre de deux jeunes policiers, survenus en 1988. Quand le personnage de Pope demande à Josh de voler une Holden Commodore, c'est que le véritable responsable de ces meurtres, Victor Pierce, avait lui aussi une préférence pour ce modèle de voiture.

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