le public est k.o.

Tout savoir sur... Fighter de David O. Russell

Garanti sans spoiler ! | Par Hugues Derolez | Le 9 mars 2011 à 16h02

Chaque semaine, on se penche pour vous sur le film qui fait l'événement. Comment est monté le buzz ? Pourquoi le film est incontournable ? Que faut-il savoir pour briller dans la file d'attente ? On vous dit tout sans trop en dévoiler dans notre rubrique « Garanti sans spoiler ! ».

Ce qu'il faut savoir
Fighter nous ramène quelques années en arrière, au début des années '90, et nous fait suivre le parcours de Micky Ward, jeune boxeur d'origine irlandaise, et de son demi-frère Dickie, ancien boxeur, et à l'occasion entraîneur. Fatigué par les défaites qui s'enchaînent et sa famille on ne peut plus envahissante - sa mère étant l'organisatrice de ses combats - Micky décide de se retirer. Il rencontre alors Charlene, une barmaid au caractère bien trempé, qui l'épaulera dans ses choix. Micky doit néanmoins se rendre à l'évidence : sa carrière est loin d'être terminée et l'envie de boxer est plus forte que tout. Entre maelström familial et matches de boxe, Micky devra apprendre à se tirer de l'emprise de son frère égocentrique pour réussir à trouver sa propre voie. Et espérer ainsi accéder un jour au titre convoité de champion du monde. Une trame largement inspirée de l'histoire vraie du boxeur Micky Ward.


I'm the one who's fighting extrait de Fighter

La scène dont tout le monde parle
Il s'agit bien entendu d'un combat de boxe. Un affrontement titanesque qui intervient à la fin du film : Micky Ward rencontre le champion du monde en titre et les deux hommes se rouent de coups pendant près de dix rounds. Un enfer pour Mark Wahlberg, pourtant entraîné pour le rôle depuis 2005. Car l'une des spécificités du « jeu » de Micky Ward veut qu'il soit très résistant, capable d'essuyer des coups par centaines, avant de frapper juste et fort pour que s'écroule son adversaire. Dans ce dernier combat, l'un des plus importants de la carrière de Micky Ward, nous sommes au plus près des boxeurs, essuyant la sueur et parant les coups avec eux. Un choc, une prestation exemplaire.

L'analyse coup de poing
Fighter a tout de la grande fresque populaire américaine dont raffole l'Académie des Oscars (le film a reçu deux prix à cette occasion). Le réalisateur David O. Russell a réuni une équipe d'acteurs impeccables, plus vrais que nature, dans des rôles où ils se voient obligés de se dépasser, de travailler pendant des années. On pense à Robert De Niro qui s'était tellement entraîné pour son rôle dans Raging Bull qu'il était considéré comme un immense boxeur. Mark Wahlberg n'a plus grand chose à lui envier : pris dans une mécanique intense, il est tout aussi convaincant sur un ring que face à sa famille harassante, essayant chacun d'arracher un bout de sa gloire pour se sentir important. A ce titre son frère, incarné par Christian Bale, est un personnage extraordinaire ; toujours sûr de lui, croyant un jour pouvoir revenir à la boxe qui fit sa gloire, désormais rongé par le crack et les affres du quotidien. Toute l'équipe d'acteurs du film est admirable.

Les films de boxe ont toujours su trouver leur public, depuis Nous avons gagné ce soir de Robert Wise en 1949 au saisissant Rocky Balboa il y a quelques années. Comment un sport si décrié et peu représenté en France continue-t-il de captiver les foules ? Fort probablement par son discours fort et universel. Tout comme l'icône Rocky le personnage de Wahlberg encaisse les coups, dans la vie comme sur le ring. Il aime le combat car il se sait doué pour ça. Pourtant dans la vie il se laisse marcher sur les pieds, il accepte gentiment ce qu'on lui conseille et fuit le conflit. Il y a une belle trajectoire dans le parcours de Micky Ward, splendide loser qui ne s'avoue jamais vaincu. Une envie d'en découdre avec la vie qui impressionne toujours. On ne se bat pas pour détruire l'adversaire mais pour apprendre à apprivoiser ses blessures, accepter un peu mieux la douleur, et apprendre à toujours rester debout malgré les coups encaissés.

En définitive Fighter a pour lui un classicisme à l'américaine, une grande histoire (tirée de faits réels, chose de plus en plus appréciée ces temps-ci dans l'industrie hollywoodienne) baignée dans une plus petite, plus intime, de conflits familiaux dont on se dépêtre jamais vraiment, malgré toutes les bonnes intentions du monde. Le parcours d'un homme droit, qui aspire à toujours se dépasser, malgré une vie ordinaire rugueuse et qui le tire vers le bas. Un grand conte moral.


What's the problem? extrait de Fighter

Les 3 bonnes raisons d'y aller

  • Un Christian Bale encore une fois métamorphosé, méconnaissable en champion déchu ravagé par la drogue.
  • De fidèles et prenantes reconstitutions de matches de boxe. Plusieurs combats, dont le combat final, vous tiendront en haleine.
  • La famille de Micky, qui se déchire pour mieux se reconstituer. Coups durs et retrouvailles parsèment le parcours de cette famille typique, dans laquelle chacun pourra se retrouver.

Revue de web


You can't be me extrait de Fighter

L'anecdote qui tue pour briller en société
Le projet a d'abord été porté à bout de bras par un autre réalisateur et ce depuis des années, Darren Aronofsky (déjà habitué aux films musclés, notamment avec The Wrestler). Malheureusement trop occupé par le tournage de Black Swan il n'a pu se résoudre à réaliser le film. Il est néanmoins présent au casting en tant que producteur exécutif.

Des choses à dire ? Réagissez en laissant un commentaire...
Les derniers articles
On en parle...
Listes populaires
Télérama © 2007-2020 - Tous droits réservés - web1 
Conditions Générales d'Utilisation - Confidentialité et cookies - FAQ (Foire Aux Questions) - Mentions légales -