Bob Dylan

Acteur, réalisateur, scénariste
Né à Duluth, Minnesota, USA le 24 mai 1941
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Biographie de Bob Dylan

La famille de Bob Dylan est émigrée d'Europe de l'Est, fuyant les agressions et les pillages contre les juifs. Ses grands-parents paternels étaient des juifs d'Odessa. Ils ont émigré aux États-Unis en 1905. Ses grands-parents maternels étaient juifs lituaniens et sont arrivés aux États-Unis en 1902.
Depuis le début de sa carrière, dans les années 1960, Dylan a, par ses textes et par sa recherche de voies nouvelles (allant parfois même à l'encontre de son public), sensiblement marqué la culture musicale contemporaine : en témoignent les nombreux artistes qui se réclament de son influence (David Bowie, Neil Young, Paul Simon, Jeff Buckley, Bruce Springsteen, Tom Waits, Elvis Costello, etc.), ou le vaste répertoire des chansons qu'il a composées, dans lequel puisent des musiciens de tous les horizons et de toutes les générations (Tom Waits, Elvis Presley, The Beatles, Mark Knopfler, Neil Young, U2, P.J. Harvey, The White Stripes, Syd Barrett, Guns N' Roses, Jimi Hendrix, Nina Simone, etc.).
Les références dont s'inspire Bob Dylan pour faire évoluer son art sont non seulement à rechercher du côté de musiciens américains légendaires, tels Hank Williams, Woody Guthrie et Robert Johnson, mais aussi chez des écrivains de la Beat generation, comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg. Il apprécie également Arthur Rimbaud, à qui il sera souvent comparé, et s'intéresse à des dramaturges, tel Bertolt Brecht.
Au XXIe siècle, près de 50 ans après la parution de son premier album, Dylan parcourt le monde de concert en concert et continue de composer.
Complexe, en constante évolution (il réinvente régulièrement chacun de ses standards dans différents registres, allant du rock agressif au jazz en passant par les ballades), proche des aspirations sociales et culturelles des époques qu'elle a traversées, l'oeuvre de Dylan a, peut-être plus que toute autre, fait évoluer le rôle de la musique populaire en Occident (cf. Analyses). Depuis 1997, Bob Dylan est régulièrement nommé pour l'obtention du Prix Nobel de littérature. Par ailleurs, les textes de ses chansons, qui se situent entre poésie surréaliste et musique traditionnelle américaine, sont étudiés dans les universités américaines. Son avant-dernier album studio, Modern Times, paru fin août 2006, est entré directement n° 1 dans les charts aux États-Unis, faisant de lui l'unique chanteur au monde alors âgé de 66 ans encore en vie, n° 1 au hit parade.
Les grands-parents de Robert Zimmerman sont originaires d'Europe de l'Est, dont ils ont fui les pogroms de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Ben D. Stone, son grand-père maternel s'installe à Hibbing, tandis que Zigman Zimmerman, qui a fui Odessa en 1907, s'installe à Duluth, ces deux villes étant situées dans le Minnesota. Beatrice Stone et Abraham Zimmerman, deux de leurs enfants, se marient en 1934 et donnent naissance à Robert (Bob) le 24 mai 1941 loin des combats, loin de l'Europe cimetière des juifs (ce qui fera dire plus tard à Dylan « Le monde volait en morceaux et déjà le chaos fichait son poing dans la figure des nouveaux venus ». Il reçoit le nom juif de Shabtai Zisel ben Avraham (????? ?? ????? en hébreu). Celui-ci passe sa petite enfance à Duluth où Abraham occupe un bon emploi de salarié à la Standard Oil qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, puis en 1947 déménage avec ses parents et David, son jeune frère, à Hibbing, ville natale de Beatty
Dans son autobiographie , Dylan écrit que sa grand-mère maternelle portait le nom de Kirghiz, que la famille de celle-ci avait vécu à Trabzon, sur la côte turque de la mer Noire ; bien qu'elle eût grandi dans le district de Ka??zman, elle venait d'?stanbul, à l'ouest de la Turquie. Son grand-père paternel était également originaire de Trabzon.
Hibbing est à l'époque une ville minière, réputée pour posséder la plus grande mine à ciel ouvert de fer du monde, d'environ 17 000 habitants, aux moeurs conservatrices et de tradition chrétienne, son père fréquentant le Rotary Club de la ville et même une loge juive maçonnique : le B'nai Brith . Son père, Abraham, guéri de la poliomyélite qu'il a contractée à Duluth, ouvre un magasin d'électro-ménager. Vers l'âge de 8 ou 9 ans, Robert s'initie au piano puis plus tard, à la guitare et à l'harmonica. Il se passionne tout d'abord pour la musique country de Hank Williams dont il répète les morceaux, et écoute les stations de radio qui diffusent du blues, tel que celui de Muddy Waters, Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Jimmy Reed. Il sera également influencé par Elvis Presley, Buddy Holly, Bill Haley et Little Richard, dont la gestuelle scénique et les attitudes anticonformistes fascinent les adolescents autant qu'elles scandalisent leurs aînés.
Au lycée, l'adolescent intègre des petites formations musicales, telles que The Golden Chords, avec lesquelles il joue dans des fêtes et des talent contests. Il étend sa culture musicale en échangeant des disques de jazz et de rhythm and blues avec des amis partageant son goût pour la musique. Il quittera le lycée en 1959 avec son diplôme de fin d'études correspondant au bac.
Dylan se marie avec le mannequin américain Sara Lownds (née Shirley Marlin Noznisky le 28 octobre 1939 à Wilmington, dans le Delaware) le 22 novembre 1965. Ce mariage reste secret jusqu'en février 1966 et la parution dans le New York Post d'un article de la journaliste Nora Ephron intitulé « Hush! Bob Dylan is wed ». Leur premier enfant, Jesse Byron Dylan, naît le 6 janvier 1966, ils ont trois autres enfants : Anna Leigh (née en 11 juillet 1967 vit à Santa Monica), Samuel Isaac Abraham (né le 30 juillet 1968 est photographe), et Jakob Luke Dylan (né le 9 décembre 1969 à New York). Dylan a également adopté la fille de Sara d'un mariage antérieur, Maria Lownds (devenue Maria Dylan), (née le 21 octobre 1961 et actuellement mariée au musicien Peter Himmelman). Depuis 1989 son fils Jakob est le chanteur principal et le parolier du fameux groupe de rock de Los Angeles The Wallflowers. Jesse Dylan est un réalisateur et un homme d'affaires prospère. Bob Dylan et Sara divorcent le 29 juin 1977 .
Bob Dylan a un cinquième enfant, Désirée Gabrielle (née le 30 janvier 1986 à Los Angeles) de sa seconde épouse, la choriste Carolyn Dennis qu'il épouse le 4 juin 1986. Ils divorcent en octobre 1992,.
Il aurait une autre fille prénommée Narette née d'une relation avec Clydie King (née Clydie May Crittendon le 21 août 1943 à Dallas au Texas). Clydie King fut la choriste de Bob Dylan pour Saved en 1980, Shot of Love en 1981, Infidels en 1983.
En septembre 1959, alors âgé de 18 ans, Robert Zimmerman s'inscrit à l'université du Minnesota pour y suivre des cours d'art et s'installe à Dinkytown, le quartier étudiant dans la banlieue Minneapolis, repères de défoncés et d'artistes influencés par le mouvement Beat. Peu assidu à des cours qu'il ne suivra que quelques mois, il découvre le folk (Pete Seeger, Cisco Houston) « des chansons qu'on tient toujours de quelqu'un »The Scholar ou The Purple Onion pour 2 ou 3 dollars, c'est à cette époque qu'il commence à prendre le pseudonyme de Bob Dylan.
L'origine de ce pseudonyme fut longtemps considérée comme une référence au poète gallois Dylan Thomas, que Robert Zimmerman connaissait, mais il s'agit en réalité de la déformation de son deuxième prénom Allen. Au Chicago Daily News qui l'interrogeait en 1965 sur l'influence de Dylan Thomas sur le choix de son nom, il rétorquait : « Non, bon Dieu non. J'ai pris Dylan parce que j'ai un oncle qui s'appelle Dillion. J'ai modifié l'orthographe mais seulement parce que ça faisait mieux. J'ai lu des trucs de Dylan Thomas et ça ne ressemble pas aux miens. ». Le 9 août 1962, Dylan a fait légalement changer son nom auprès de la Cour Suprême.
Dylan est un gamin aux allures de vagabond, à la façon de jouer de la guitare jugée presque convenable, à la voix trop monotone, trop rauque, mais cependant il séduit. Il apprend beaucoup et rapidement : en recherche continuelle de nouvelles chansons à apprendre, il profite de sa culture et des discothèques folk des parents de ses amis - à une époque où les disques folk sont rares et précieux. Affabulant parfois (Dylan prétendit être orphelin, originaire du Nouveau-Mexique), Dylan acquiert progressivement toutes les caractéristiques d'un authentique chanteur folk.
Il fait la connaissance de David Whittaker, étudiant de gauche avec qui il devient ami. Whittaker semble être l'auteur des photos du disque pirate The Great White Wonder, en 1969 , lequel lui fait découvrir Woody Guthrie, dont il dévore l'autobiographie, Bound For Glory. En décembre 1960, Dylan prend la route de New York pour y rencontrer son idole, malade de la chorée de Huntington, qui séjourne au Greystone Hospital, dans le New Jersey.
Après un séjour de quelques semaines à Chicago, Dylan arrive à New York assiégée par le froid, à la fin de janvier 1961. Il se rend directement à Greenwich Village, un quartier bohème où cohabitent chanteurs, artistes et militants politiques ; le soir même, il joue au Café Wha?. Il se rend au chevet de Woody Guthrie et, au fur et à mesure de ses visites, les deux hommes sympathisent. « Ce gosse a vraiment de la voix. Je ne sais pas s'il réussira par ses paroles, mais il sait chanter » dit Woody Guthrie . Dylan fait la connaissance des Gleason, chez qui Guthrie passe ses week-ends, et dont l'appartement dans East Orange s'est peu à peu transformé en un lieu de créativité autour de Guthrie où se réunissent les plus grands noms de la scène folk, comme Cisco Houston, Jack Elliot, ou encore Pete Seeger. Ne dédaignant pas l'hospitalité des Gleason, chez qui il utilise l'immense bibliothèque et ouvre ainsi son esprit aux classiques de la littérature mondiale, Dylan étudie et répète les enregistrements de Guthrie que ceux-ci possèdent.
Arrivé à New York depuis peu, Dylan n'a donc pas tardé à nouer des relations, mais, considéré comme trop marginal par les propriétaires de café, il peine à se faire engager « Man there said "Come back some other day, / You sound like a hillbilly / We want folk singer here" ». Cependant, en avril 1961, il joue devant la société de musique folk de l'Université de New York, au Loeb Student Center. À cette occasion, Dylan rencontre Susan Rotolo, âgée de 17 ans. Dessinatrice, peintre, Suze ne représente pas le stéréotype de l'admiratrice inconditionnelle. Son implication dans les mouvements étudiants, sa connaissance de Brecht, de Rimbaud, de Villon participent à la métamorphose d'un Dylan légèrement anachronique, jouant volontiers l'ignorance, en un auteur brillant dont la plume incarnera le réveil des consciences politiques endormies.
Lors de soirées pour débutants (des hoots, ou hootnanny) d'un club célèbre du Village, le Gerde's Folk City, Dylan est repéré par son directeur Mike Porco, qui l'engage pour deux semaines, sur les conseils de Robert Shelton, critique musical au New York Times : le 11 avril 1961 est le premier engagement d'importance pour Dylan (deux semaines), où il joue en première partie de John Lee Hooker, un guitariste « incroyable », encore peu connu du grand public. Dylan dira par la suite « Comme je n'avais pas l'âge requis, Mike s'est porté garant de moi auprès de deux syndicats. C'est devenu le père - le père Sicilien qui me manquait ». Lorsque Mike Porco reprogramme Dylan le 26 septembre, Robert Shelton est présent et publie trois jours plus tard un article élogieux sur « un nouveau styliste du folk », qui renforce la notoriété naissante de Dylan.
La Renaissance Folk ne se limite pas au seul Greenwich Village : à Cambridge, en Nouvelle-Angleterre, Joan Baez et Eric Von Schmidt enthousiasment également leur public, notamment à l'Unicorn et au Club 47. C'est dans ce dernier que Dylan fait la connaissance de Carolyn Hester, une chanteuse de folk, qui vient de signer avec Columbia Records. Carolyn est à la recherche d'un harmoniciste pour l'album auquel elle travaille, et propose la place à Dylan, qui accepte. Lors des séances d'enregistrement, Dylan joue à Carolyn un morceau qu'il a composé, Come Back Baby, qui séduit John H. Hammond, un des directeurs artistiques de Columbia. Au fur et à mesure des séances, Hammond prend conscience du talent de Dylan et, malgré les réticences de sa direction, lui fait signer un contrat : « J'ai vu ce gosse avec sa casquette qui jouait de l'harmonica - pas terrible d'ailleurs, mais j'ai tout de suite été séduit. Je lui ai demandé s'il savait chanter. S'il composait. S'il ne voulait pas enregistrer. » .
L'imprésario de Dylan s'appelle Al Grossman, agent célèbre et controversé de New York : salué pour les succès auxquels il a participé, il est aussi critiqué pour ses objectifs essentiellement commerciaux, peu conciliables avec le discours contre la misère populaire que chantent les chanteurs folk. Grossman est également le cofondateur, avec George Wein, propriétaire d'un club folk à Boston, en 1959, du festival folk de Newport, et gère les carrières du Kingston Trio, d'Odetta et du trio folk Peter, Paul and Mary. Cachant son intérêt à promouvoir la carrière de Dylan, Grossman incite Izzy Young, propriétaire du Folklore Center au Village à produire le premier concert de Dylan en tête d'affiche, au Carnegie Chapter Hall, le 4 novembre 1961.
En mars 1962 paraît le premier album de Dylan (Bob Dylan, 1962). Composé de reprises folk et blues, il contient également deux titres originaux : Talkin' New York et Song To Woody. Ce premier album, confiné au cénacle folk, se vend mal, mais le contrat de Dylan, fermement défendu par Hammond et Johnny Cash, n'est pas rompu, comme cela fut envisagé au départ.
Depuis février 1962, paraît périodiquement Broadside Magazine, un magazine folk fondé par Agnes Cunningham et à l'initiative de Pete Seeger. Des albums seront également produits par le magazine, The broadside Ballads, où Dylan apparaît sous le pseudonyme Blind Boy Grunt. Dans ce magazine pour lequel écrivent régulièrement Gil Turner, Tom Paxton et Phil Ochs sont publiés les textes de chansons d'actualité, les topical songs. Dylan y écrit une douzaine de textes, souvent écrits dans l'instant, qui témoignent de la faculté incoercible de Dylan à composer sur tous les sujets, de l'inanité de la chasse aux communistes au dégoût qu'il éprouve après l'exécution sommaire d'un noir âgé de 14 ans et la relaxe de ses assassins, blancs.
Porté par la puissance évocatrice de ses textes, Dylan devient la voix d'une génération excédée par les injustices et le conservatisme qui prévalent alors. Blowin' in the Wind, que Dylan compose en avril 1962, paraît dans le numéro six de Broadside. Reprise sur tous les campus et popularisée par le trio Peter, Paul and Mary, elle symbolise la dimension sociale et politique qu'est en train d'acquérir son jeune auteur.
Blowin' in the Wind sera la première chanson de son deuxième album, The Freewheelin' Bob Dylan, qu'il commence à enregistrer en juin. La chanson est constituée de trois strophes, chacune composée de trois vers. Chaque vers comprend une question, dont la réponse, toujours identique, constitue le refrain :
Dylan compose de nombreuses chansons engagées telles que A Hard Rain's a-Gonna Fall, écrite pendant la crise des missiles de Cuba, Masters of War et Oxford Town (écrite par Dylan à propos des évènements qui se sont déroulés à l'université du Mississippi, située près de la ville d'Oxford, où James Meredith, un vétéran de l'US Air Force, a été le premier noir à être admis). Mais il rompt également avec la tradition folk de son premier album avec des titres plus intimistes tels que Don't Think Twice, It's All Right, Girl from the North Country, et Bob Dylan's Dream, révélateurs de la mythologie et du sens de la poésie qui l'habitent.
Les sessions d'enregistrement et la production de l'album, plus longue que celle du premier, révèlent également l'animosité qui oppose John H. Hammond à Albert Grossman : celui-ci conteste tout d'abord la validité du contrat qui lie CBS à Dylan, mineur lorsqu'il le signa ; il s'oppose ensuite à Hammond sur la production de Mixed up Confusion, accompagnée par un piano, une batterie, deux guitares et une basse. Le simple, qui comprend également Corrina, Corrina, ne concorde pas avec l'image de chanteur de folk de Dylan et est rapidement retiré de la vente.
Découvert par le réalisateur Philippe Saville à Greenwich Village, Dylan part à Londres en décembre pour participer à une pièce télévisée : Madhouse On Castle Street, diffusée le soir du 13 janvier 1963 à la BBC. La pièce décrit l'histoire d'un jeune homme rebelle qui s'enferme dans une pension et refuse d'en sortir ; sa soeur et son voisinage tentent d'en découvrir la raison. Dylan est d'abord pressenti pour jouer le rôle principal, mais constatant le manque de naturel de Dylan lorsqu'il joue, Saville réécrit la pièce et attribue à Dylan un rôle de narrateur chantant. Dylan interprète quatre chansons dont Blowin' In the Wind, dont c'est la première diffusion ; l'original de l'enregistrement fut détruit en 1968 et aucune copie n'a depuis été retrouvée.
Le 12 mai 1963, Dylan doit participer au Ed Sullivan Show, une émission accueillant tous les styles de musique et dont la diffusion est nationale ; elle est présentée par Ed Sullivan et produite par Bob Precht. Ceux-ci acceptent Talkin' John Birch Society Blues, que Dylan désire interpréter, mais Stove Phelps, conseiller à la programmation de CBS, la refuse : dans cette chanson moqueuse, les membres de la John Birch Society sont ridiculisés et sont associés à Hitler. Phelps dit craindre un procès en diffamation, à la surprise de Ed Sullivan: Hootenany, une autre émission télévisée avait accepté de diffuser une chanson du Chad Mitchell Trio, dont la cible était aussi la John Birch Society. Dylan refuse alors d'interpréter une autre chanson, et s'en va, furieux. La chanson, sous la pression des avocats de CBS, est également retirée de The Freewheelin', sur lequel la chanson était initialement prévue .
Cet épisode ne marque pas l'arrêt des apparitions télévisées de Bob Dylan : en mai, est diffusée une émission de Westinghouse Studios, intitulée Folk songs and more folk songs, présentée par John Henry Faulk, à laquelle participent également les Brother Four, Carolyn Hester, Barbara Dane et The Staple Singers. Dylan y interprète Blowin' in the Wind, Man of Constant Sorrow et Ballad of Hollis Brown.
Le 28 août 1963, Dylan, comme Joan Baez, Mahalia Jackson, etc., participe à la Marche sur Washington, où plus de 200 000 pacifistes se rassemblent pour dénoncer l'inégalité des droits civiques que subit la population noire. Après que les orateurs se furent succédé et que Martin Luther King eut prononcé son célèbre discours « I have a dream », il interprète Only a Pawn in Their Game, tandis que Peter, Paul and Mary chantent Blowin' in the Wind.
Cet épisode illustre l'implication de Dylan et de nombreux autres artistes pour les droits civiques à cette période : par l'intermédiaire de Suze Rotolo, qui travaillait au CORE (le Congress of Racial Equality), et de Broadside,, il côtoyait le milieu contestataire étudiant, qui militait pour les minorités, dans un contexte difficile. Le 10 mai 1963, à Greenwood, dans le Mississippi, Dylan avait chanté à un rassemblement organisé par le SNCC, pour inciter la population noire des États du Sud à s'inscrire sur les listes électorales. De même, sa présence aux concerts de Joan Baez, leur relation amoureuse, contribuèrent à forger son image de héraut de la contestation sociale, aux côtés de Joan. Surgissent cependant les signes de l'étroitesse et de l'inexactitude de cette image.
Le 13 décembre 1963, au cours d'un banquet de charité organisé par le Comité de Secours aux Libertés Civiques (Emergency Civil Liberties Commitee, ECLC), Dylan reçoit le prix Tom Paine, qui récompense « une personnalité qui a symbolisé le juste combat pour la liberté et l'égalité ». Grisé par l'alcool, il prononce un discours désastreux. À l'occasion d'un profil réalisé par Nat Hentof pour le New Yorker, Dylan décrivit son impression : « Je suis tombé dans un piège quand j'ai accepté le prix Tom Paine dès que je m'y suis pointé je me suis senti oppressé. Ça m'a vraiment pris à la gorge. Je me suis mis à boire. J'ai... vu un groupe de gens qui n'avaient rien à voir avec mon genre d'idées politiques. J'ai regardé le parterre et j'ai eu la trouille. On aurait dit qu'ils donnaient de leur argent parce qu'ils culpabilisaient ». Dans cet article, Dylan dit également : « Je fais partie d'aucun Mouvement. Sinon je ne pourrais rien faire d'autre que d'être dans le Mouvement. Je ne peux pas voir des gens s'asseoir et fabriquer des règles pour moi. Je fais un tas de trucs qu'aucun Mouvement n'autoriserait. »
Joan Baez, de laquelle Dylan s'éloigna en 1964, le décrivit de la façon suivante : « Pour on ne sait quelle raison, à mon avis, il veut se libérer de toute responsabilité. N'importe quelle responsabilité, concernant n'importe qui, me semble-t-il. S'en tirer tout juste avec ce que les autres ont à offrir. »
C'est le 10  février 1964 que paraît The Times They Are a-Changin', l'album qui constitue le deuxième volet de ce qui est parfois appelé la trilogie folk de Bob Dylan.
Sur cet album, sur lequel Dylan a pour la première fois un contrôle total, il approfondit encore le registre de la topical song avec des chansons jaillies du contexte politique et social aux États-Unis : par exemple Only a Pawn in Their Game qui évoque le meurtre de Medgar Evers, leader de la National Association for the Advancement of Colored People pour le Mississippi au début de l'été 1963, The Lonesome Death of Hattie Carroll, inspirée par un fait divers de la banlieue de Baltimore, où un homme « de la bonne société » tua une domestique en lui assénant un coup de canne. Surtout, l'album contient The Times They Are a-Changin' qui, deux ans après Blowin' in the Wind devient le nouvel hymne de la jeunesse. Cette chanson résume l'humeur des années 1960, dans laquelle une voix prophétique annonce un monde en pleine mutation, où journalistes, critiques, hommes politiques ne doivent pas barrer la route aux eaux montantes du changement.
Cependant, The Times They Are a-Changin' révèle une évolution sensible chez son auteur : tout d'abord au dos de la pochette et dans un encart sont imprimés 11 Outlined Epitaphs, « 11 épitaphes esquissées », qui constituent la première publication de poésie de Dylan, et où, subjectivement, il parle plus librement de lui-même. Des allusions à la route, à la fuite y sont également récurrentes. Ces poèmes seront republiés plus tard dans Writings and Drawings et seront également le support d'une biographie de Dylan : Bob Dylan, Epitaphs 11. D'autre part, sont incluses dans l'album des chansons comme One Too Many Mornings ou Boots of Spanish Leather, où Dylan exprime des sentiments sur les femmes, l'amour, l'amitié, que les ballades folk traditionnelles ne savent pas exprimer.
Son public, aussi, a changé : à des amoureux de musique folk, calmes, aux moeurs vestimentaires sobres succède un public pop, jeune, enthousiaste, exubérant. C'est aussi ce que remarque Terri Van Ronk, qui s'occupa de la toute jeune carrière de Dylan, à l'occasion d'un concert au Carnegie Hall le Modèle:Date26, devant 3 000 spectateurs :
-- Anthony Scaduto, Bob Dylan, p. 268 & 269
Son album suivant, Another Side of Bob Dylan, est enregistré en un jour en juin, et paraît le 8 août 1964 en musique. C'est un album dans la continuité de Freewheelin', qui reste fidèle à l'idiome folk (guitare et harmonica), mais il n'y a plus de chanson protestataire. Ici aussi, des poèmes accompagnent l'album.
Les thèmes centraux de cet album sont l'amour, la liberté individuelle, les rapports humains. Dylan y développe également un autre thème d'importance : la futilité de l'engagement, comme l'évoque My Back Pages. Dylan s'y moque de lui-même, de sa vision manichéenne, et juge que les vieux discours et autres symboles ne sont que futilités et mensonges (« Ah j'étais si vieux alors / Je suis plus jeune que ça maintenant »). Dylan participe ainsi à la création d'un climat culturel qui allait permettre aux artistes, aux groupes de rock de faire partager leur vision poétique, de dépasser les limites de la chanson d'alors. Lors de l'enregistrement en studio de l'album, Dylan confie à Nat Hentoff, journaliste au New Yorker : « Il n'y aura pas de chanson protestataire dans cet album. Ces chansons, je les avais faites parce que je ne voyais personne faire ce genre de choses. Maintenant beaucoup de gens font des chansons de protestation, pointant du doigt ce qui ne va pas. Je ne veux plus écrire pour les gens, être un porte-parole. Je veux que mes textes viennent de l'intérieur de moi-même ».
L'album est mal accueilli par la critique et par le milieu folk, lui reprochant notamment son excès de subjectivité, son manque d'esthétisme. Un journal rédigea notamment la critique suivante : « Mais Bob / Il a deux problèmes / des petits / la langue qu'il écrit / est pas de l'anglais / la mesure qu'il bat / est pas de la chanson / et c't'espèce d'/ intellectualisme inverti / fait rien que / me barber à mort. » .
En février 1964, il part donner plusieurs concerts à travers l'Amérique pour tester ces nouvelles interprétations. Après le concert folk de Monterey en Californie fin mai, il s'envole pour une tournée au Royaume-Uni et un concert grandiose au Royal Festival Hall . Après Londres il fait un bref détour par la France où il avoue avoir dédié sa première chanson à Brigitte Bardot, il est également un admirateur de Françoise Hardy.
Le 28 août 1964, Dylan a pour la première fois rencontré les Beatles à leur hôtel à New York, lors de leur tournée américaine. Au-delà de l'initiation, ou non à la marijuana des seconds par le premier, cette rencontre est le symbole de leur influence réciproque au cours des années 1960 : alors qu'au début de 1964 Dylan avait observé avec attention l'ascension des Beatles, ceux-ci étaient sensibles « aux paroles et à l'attitude incroyablement originales et géniales » de Dylan. En 1965, lors de la tournée anglaise de Dylan, les Beatles affichent ostensiblement leur attirance, comme le titre l'article de Ray Coleman dans le journal Melody Maker du 9 janvier : Les Beatles disent : Dylan montre la voie.
L'avenir est dans les instruments électriques. En 1965, il engage le guitariste montant de l'époque, Mike Bloomfield, le « Clapton américain » et enregistre un nouvel album, mi-acoustique, mi-électrique, Bringing It All Back Home. Son public folk ne suit pas et boude l'album, pourtant encore assez proche des précédents, même sur les titres avec instruments électriques. Cet album sera classé numéro un au Royaume-Uni alors qu'il n'atteindra que la sixième place dans les charts américains.
Trois mois plus tard, paraît Highway 61 Revisited. Entièrement électrique, l'album s'appuie sur un rock basique, très incisif. Là où les morceaux de l'album précédent n'étaient souvent que du folk « électrifié », ceux-ci laissent libre cours aux guitares rageuses et aux orgues tortueuses. Les paroles, abstraites et imagées, se démarquent également de la sobriété folk :
Les admirateurs du chanteur sont perplexes : Bob Dylan est pour eux la perpétuation d'une tradition solidement ancrée, entre musique américaine des origines et engagement social, et le rock une musique commerciale, dansante et vulgaire. Dylan, soutenu par un petit groupe de rock garage, les Hawks, qui deviendront plus tard The Band, part en tournée qui est, à l'époque, la plus longue jamais entreprise. Dylan joue ses nouvelles chansons partout dans le monde, et il est hué, notamment à Manchester le 17 mai 1966. Le divorce est consommé : Dylan ne sera jamais là où on l'attend.
Au milieu de cette tournée éprouvante, où le groupe joue plus fort que n'importe qui avant eux, Dylan enregistre le dernier volet de « la trilogie électrique » : Blonde on Blonde.
Enregistré en deux semaines de studio pendant lesquelles Dylan écrit souvent les paroles quelques minutes avant le début de la session, Blonde on Blonde, premier double album de l'histoire du rock, est un étrange moment de calme au milieu de la fureur de cette époque. Voix et musique s'y fondent pour nous raconter toutes les dernières expériences de Dylan, vécues et rêvées, dans une ode à l'amour sous toutes ses formes, de la mère à la prostituée, en passant par l'amour illusoire que donne la drogue. Dylan est au sommet du monde, vibrant intérieurement de mille sensations étranges, et fait partager ses expériences dans cet album si surréaliste qu'il est difficile de le décrire. Un chef d'oeuvre hors du temps qui fait de Dylan la locomotive du rock and roll.
Le 24 juillet 1965, lors du Festival de folk de Newport, lui qui habituellement avait une guitare accoustique et un harmonica, il fait irruption sur scène avec trois membre du Paul Butterfield Blues Band et du pianiste Barry Goldberg en attaquant Maggy's Farm, le son est lamentable. Malgré les critiques et les siffets, Dylan continue avec It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry et Like a Rolling Stone. Il se fait de plus en plus huer, il quitte la scène et reviens avec une guitare séche pour entonner It's All Over Now, Baby Blue puis à la demande du public Mr Tambourine Man. Il a troublé les esprits, déchainé les critiques mais conquis de nouveaux fans.
Le 22 novembre 1965, Dylan se marie secrètement avec Sara Lownds, une mannequin de 25 ans,. Certains amis de Dylan, dont Ramblin' Jack Elliott, disent que ce dernier niait qu'il était marié dans les conversations suivant immédiatement le mariage. La journaliste Nora Ephron a été la première à rendre la nouvelle publique en février 1966 dans un article du New York Post intitulé Hush! Bob Dylan is wed.
En juillet 1966, l'épopée rock and roll de Bob Dylan s'arrête plus brutalement encore qu'elle n'avait commencé : la moto Triumph Bonneville du chanteur sort de la route, l'envoyant à l'hôpital, ce qui l'écarte des scènes pendant trois ans. Forcé au repos, Dylan rompt avec la vie remplie d'excès qu'il menait jusqu'alors, tandis que les rumeurs les plus folles circulent à son propos : on le croit mort, fou, kidnappé par la CIA, etc. Sa longue retraite est l'occasion pour lui et ses amis du Band d'enregistrer des ébauches de chansons, qui sortiront dans les années 1970 sous le nom de The Basement Tapes.
Ce n'est qu'en 1968 que Dylan réapparaît, avec John Wesley Harding, un album acoustique apaisé. Il montre un Dylan moins surréaliste et davantage intéressé par le passé de son pays et des histoires populaires nimbées d'un mystère irréel. Pour autant, les admirateurs ne se sont pas calmés : Dylan est encore leur meneur et ils attendent qu'il assume son rôle. Harcelé, le chanteur se réfugie à la campagne, puis prend anonymement un appartement à New York, mais rien n'y fait.
Ce vedettariat, dont il ne veut pas, est sans doute en partie à l'origine des deux albums suivants, où Dylan habillé en cow-boy, s'essaie à la musique country. Nashville Skyline et le double album Self Portrait, tout en ballades gentillettes et douces, consternent les admirateurs : leur idole abandonne la contreculture pour devenir un tranquille père de famille. Nashville Skyline marque la rencontre de Dylan avec un autre monstre sacré de la chanson américaine, Johnny Cash. Les chansons I Threw It All Away, leur reprise de Girl From the North Country participent à la réussite de l'album. L'album Self Portrait, composé en majeure partie de reprises de titres folk et pop, est plus hétérogène.
Au début des années 1970, Dylan se consacre à sa vie de famille. Il sort un album très calme, New Morning, dominé par le piano. Il participe au controverséconcert pour le Bangladesh qu'organise George Harrison en août 1971 à New York et joue dans le western, Pat Garrett et Billy the Kid, dont il écrit la musique. En grande partie instrumentale, cette bande originale contient le tube Knocking on Heaven's Door. Ce n'est qu'en 1974, après un album avec The Band (Planet Waves), que Dylan décide de repartir en tournée.
Les concerts, dans de très grandes salles, sont énormes : Dylan est en grande forme, décidé à reconquérir ce titre de rock star auquel il avait lui-même renoncé quelques années plus tôt. Il chante de manière plus agressive que jamais, mâchant ses mots : il donne enfin l'impression d'être vivant. La tournée, illustrée par l'album live Before the Flood, est suivie par un disque, Blood on the Tracks, où Dylan conte son divorce avec sa femme Sara (clairement évoqué dans Desire). Les chansons explorent toutes les facettes de la détresse amoureuse : l'apitoiement sur soi-même, la colère, les rechutes amoureuses, etc. Tout cela dans un style poétique inimitable et avec un tout nouveau son, synthèse entre l'ancien et le nouveau : acoustique habillé de batteries, de basses et de claviers. Le disque remporte un grand succès, qui ne suffit pas à sortir Dylan de sa dépression, mais ne lui enlève pas non plus le sens de la repartie : à une journaliste qui lui confie son enthousiasme, il rétorque qu'il ne voit vraiment pas comment on peut aimer expérimenter des sentiments tels que ceux exprimés par Blood on the Tracks.
À l'automne de l'année suivante, le chanteur réunit ses vieux amis, parmi lesquels la chanteuse folk Joan Baez et les guitaristes Roger McGuinn et Mick Ronson, et entame une tournée qui se veut épique et bohème, dans un esprit hippie déjà un peu dépassé à l'époque : la Rolling Thunder Revue. La caravane, forte de dizaines de fêtards et de musiciens, fait escale dans de petites salles, joue avec des musiciens de bar recrutés sur place, et un film est tourné (Renaldo et Clara). Toutefois, durant la seconde moitié de la tournée, au printemps 1976, l'enthousiasme a laissé place à une lassitude qui transparaît sur Hard Rain, enregistré et paru en 1976. Il faut attendre près de 30 ans pour qu'un témoignage live des concerts de l'automne 1975 soit publié, dans le cadre des Bootleg Series (Live 1975, The Rolling Thunder Revue, 2002).
Entre les deux segments de la tournée, Dylan sort l'album Desire, résultat d'une collaboration avec le parolier Jacques Levy. Cette idée aboutit à des récits nimbés de mystères plein de pyramides, de gangsters et de voyous, habillées par une orchestration très riche où le violon, tenu par Scarlet Rivera, musicienne rencontrée par hasard pendant la tournée, occupe une grande place. On y trouve également pour la première fois depuis plus de dix ans, un chant de protestation : Hurricane raconte le procès du boxeur Hurricane Carter emprisonné pour meurtre, et que Dylan est résolu à faire libérer.
En 1979, Dylan se convertit au christianisme et se met à écrire sur sa relation avec Dieu. Si le premier disque de cette période, Slow Train Coming, avec notamment Mark Knopfler à la guitare, se révèle intéressant, les suivants sont plus décevants : les textes sont peu inspirés et semblent recopiés d'un livre de cantiques; il habille sa musique de choeurs et de cuivres assourdissants (Saved et Shot of Love). Peu appréciés par les critiques ces albums contiennent toutefois quelques perles (Every Grain of Sand). Un journaliste de Gala dira même que Slow Train Coming « est un petit bijou inspiré » et que « Saved et Shot of Love sont plus proches d'une extase habitée: litanies ecclésiastiques et textes liturgiques étouffés par les choeurs et des cuivres assourdissants. ».
Le fait que Dylan se soit converti au christianisme l'a éloigné de plusieurs de ses disciples et ses collègues . Peu de temps avant son assassinat, John Lennon a enregistré Serve Yourself en réponse à la chanson Gotta Serve Somebody. En 1981, quand la foi de Dylan fut dévoilée, Stephen Holden a écrit dans le New York Times que « ni l'âge (actuellement 40), ni sa conversion au christianisme très médiatisée n'ont modifié son tempérament essentiellement iconoclaste » .
En 1983, Dylan met fin à sa période chrétienne et enchaîne avec Infidels, dont les thèmes tournent autour du judaïsme. De son propre aveu, le chanteur a perdu quelque chose de ce qui faisait son génie : les chansons ne viennent plus avec la même facilité qu'avant, et son enthousiasme est usé. La fin de la décennie le trouve associé avec le Grateful Dead pour une série de concerts. Sur les conseils de Bono, chanteur de U2, il enregistre ensuite avec le producteur Daniel Lanois l'album, Oh Mercy. D'autre part, en 1988, Dylan fit partie des Traveling Wilburys, regroupant, sous des pseudonymes, Dylan, George Harrison, Jeff Lynne, Tom Petty et Roy Orbison. Le groupe se séparera en 1990 après deux albums.
Alors que sa maison de disques commence à éditer des coffrets regroupant ses archives depuis des décennies, Dylan débute la décennie 1990 avec les albums Good as I Been to You et World Gone Wrong, entièrement composés de reprises de vieux titres folk et blues. On peut donc penser, au vue de la qualité de ce qu'a compososé Bob Dylan par la suite, que c'est un nouveau départ.
Dylan enchaîne depuis la fin des années 1980 les concerts sur les cinq continents. Ce « Never Ending Tour » (une appellation désapprouvée par Dylan) est l'occasion pour lui de revisiter ses standards en laissant la part belle à l'improvisation : son groupe change de morceaux tous les soirs, et ne rejoue quasiment jamais une chanson de la même façon d'un soir sur l'autre.
En 1997, Dylan s'associe à nouveau avec Daniel Lanois pour enregistrer Time Out of Mind, son premier album de compositions originales depuis sept ans. Peuplé de compositions habitées, Time Out of Mind est une chronique désespérée mais bien vivante de la vieillesse d'une vedette du rock. Dylan y pose un regard sans complaisance sur son âge, évitant au passage les clichés rock and roll.
En septembre 2001 sort Love and Theft. Très bluesy et jazzy, dépouillé et proche du son de ses concerts, ce nouvel album est nettement plus enthousiaste que ses prédécesseurs. Il est suivi en août 2006 de Modern Times, dont le titre fait référence au film de Charlie Chaplin. Il est généralement considéré comme le troisième volet d'une trilogie commencée avec Time Out of Mind, bien que Dylan lui-même considère que si trilogie il doit y avoir, elle s'ouvre plutôt sur Love and Theft. Produit par Dylan et enregistré dans des conditions quasi live avec le groupe qui l'accompagne sur scène, Modern Times retrouve les accents de jazz, de ragtime, de bluegrass et de rockabilly de Love and Theft, dans une ambiance plus feutrée et glamour, qui fait référence à la période d'or des années 1930 : celle des postes à galène, de Bing Crosby et de Louis Armstrong. Pour accompagner la sortie de cet album, Dylan a déclaré dans le magazine Rolling Stone que rien de ce qui avait été fait depuis les 20 dernières années n'avait grâce à ses yeux.
D'autre part, alors que Martin Scorsese lui consacre un film documentaire intitulé No Direction Home, Dylan finalise la rédaction de la première partie de ses mémoires, Chroniques, Volume 1. Ce volume apporte une vision personnelle sur des périodes mal connues de sa vie, comme ses débuts à New York, ou l'enregistrement de Oh Mercy en 1989. La parution régulière des Bootleg Series, enregistrements pirates jadis introuvables, désormais remasterisés et officiels, lève le voile sur des enregistrements légendaires disponibles pour la première fois. Le huitième volume de cette « série », Tell Tale Signs: Rare and Unreleased 1989-2006, est sorti en octobre 2008.
En octobre 2007 sort la compilation Dylan 07, ainsi que le remix inclus de Most Likely You Go Your Way And I'll Go Mine par le DJ Mark Ronson. En décembre de la même année, le film de Todd Haynes I'm Not There s'inspire « des nombreuses vies » et chansons de Bob Dylan, qui est interprété par six acteurs et une actrice.
Dylan obtient le prix Pulitzer en avril 2008, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire », selon le jury.
Fin avril 2009, Dylan sort un nouvel album, son trente-troisième : Together Through Life, issu d'une collaboration avec le parolier du Grateful Dead Robert Hunter. En octobre de la même année paraît Christmas in the Heart, un album de reprises de chants de Noël dont les bénéfices sont intégralement reversés à diverses oeuvres caritatives.

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