Le grand compositeur Michel Legrand est mort

26 janvier 2019
Le grand compositeur Michel Legrand est mort

« Je suis un être heureux et léger de nature, mais dans tout ce que je fais la mort se présente toujours », déclarait-il à Jacques Chancel dans Radioscopie en 1989, sur France Inter. Elle l’a cette fois emporté, à l’âge de 86 ans. Michel Legrand, qui affirmait « se tamponner » de la postérité, aura pourtant réussi une carrière internationale, « bigger than life » comme on aime le dire outre-Atlantique. C’est que l’artiste a eu plusieurs vies, passant avec la souplesse d’un chat du métier de pianiste accompagnateur à celui d’arrangeur, d’orchestrateur, de compositeur ou même de chanteur. Séduisant la France aussi bien que les Etats-Unis — où on le prit, un temps, pour le maraîcher des Halles rondouillard, binoclard et moustachu qui figurait sur la pochette de son 33-tours I love Paris, phénoménal succès outre-Atlantique en 1954. 

Génial et colérique, le compositeur des Moulins de mon cœur, des Demoiselles de Rochefort et des Parapluies de Cherbourg admettait volontiers avoir un sale caractère. Cet impatient enthousiaste fut ainsi capable, à 22 ans, de « rembarrer » l’idole Charles Trenet, qu’il jugeait « sec et cassant ». « Je ne veux rien avoir à faire avec le passé ; hier c’est fini, seul demain m’intéresse », déclarait-il à Télérama en 2005. Ce qui ne l’empêchait pas de commenter avec verdeur certaines de ses collaborations — comme le « minable » Trois places pour le 26, film pourtant signé de son cher Jacques Demy en 1988, avec un Yves Montand tout-puissant.

De la musique de Legrand, on retient souvent une brillance joyeuse, à la fois profonde comme une soirée d’hiver et légère comme une matinée de printemps. Une virtuosité à jongler avec les demi-tons, conférant grâce et nostalgie à ses partitions. 

>>lire la suite sur Télérama.fr

>>lire sa dernière interview (décembre 2018)

>>Regardez l'excellent documentaire Michel Legrand, sans demi-mesure

8 commentaires
  • Thumb
    commentaire modéré Bizarrement, la première musique du compositeur qui me vient à l'esprit est celle de "faites entrer l'accusé". Un sacré artiste qui vient de nous quitter.
    26 janvier 2019 Voir la discussion...
  • sudroxaz
    commentaire modéré @Thumb Oui, elle s'appelle "Le Messager". Et est excellente.
    26 janvier 2019 Voir la discussion...
  • Thumb
    commentaire modéré @sudroxaz Ouaip, du film du même nom.
    26 janvier 2019 Voir la discussion...
  • LaKinopitheque
    commentaire modéré Chouette citation.
    26 janvier 2019 Voir la discussion...
  • cath44
    commentaire modéré Un bel hommage à ce grand compositeur Quand les parapluies de Cherbourg pleurent sous la pluie…. Les enfants qui pleurent Ne sauront jamais Ni compter les heures Ni le temps qu'il fait …c’est comme une pierre que l´on jette
    Dans l´eau vive d´un ruisseau Et qui laisse derrière elle Des milliers de ronds dans l´eau Merci à vous Mr Michel Legrand
    26 janvier 2019 Voir la discussion...
  • elge
    commentaire modéré Je me rappelle surtout de la musique, ténébreuse, du "Messager", nostalgique, "d'Un été 42" (l'invention même de la nostalgie chez moi), et romantique et tendue, de "L'affaire Thomas Crown" (pas seulement la très belle mélodie "Les moulins de mon cœur").
    28 janvier 2019 Voir la discussion...
  • cinephile54
    commentaire modéré Un Grand vient de nous quitter, Un homme, une femme. La piscine Un été 42 Les Uns et les Autres, Les misérables, la bûche, Les gardiennes, Prêt à porter, Les demoiselles de Rochefort, L'Univers de Jacques Demy et tant d'autres
    2 février 2019 Voir la discussion...
  • itachi
    commentaire modéré @Vodkaster : Je ne veux pas crier au complot, mais vous êtes un site de cinéma et pas un mot sur la mort de Kristoff St John !!!
    https://www.programm...mort-a-son-domicile/
    5 février 2019 Voir la discussion...
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