Albert Valentin

Scénariste, réalisateur
Né à La Louvière le 5 août 1902, mort le 13 avril 1968
Connu pour...

Biographie de Albert Valentin

Orphelin de père à 6 ans, il s'intéresse très fortement au cinéma dès l'adolescence et fréquente les salles obscures en compagnie d'un certain Charles Spaak.
En 1925, il fonde, avec Carl Vincent et les frères Putzeys, le Club du Cinéma à Bruxelles, dans les sous-sols de la compagnie de Sir William Lever, le fabricant d'huiles et savons.
La même année, il commence à publier des textes sur le cinéma dans des revues cinéphiles françaises et belges (Cinéa-Ciné pour tous, Variétés) et dans des recueils de textes (L'Art cinématographique). Puis vient Aux soleils de minuit, long texte en douze parties publié dans Variétés, et dans lequel on trouve déjà tous les thèmes, interrogations, considérations, décors, opinions, que Valentin développera au cours de sa carrière de scénariste.
À partir de 1929, il publie textes et photo-montages dans La Révolution surréaliste, puis dans Le surréalisme au service de la révolution qui lui succède en 1930, et se retrouve intégré au mouvement surréaliste. Il travaille à des projets de scénarios avec André Breton, avec Aragon. Aucun n'aboutit.
En décembre 1931, il est exclu du mouvement surréaliste, pour avoir travaillé sur À nous la liberté de René Clair, un film « contre-révolutionnaire ». Néanmoins, ce film est aussi le début d'une fructueuse collaboration avec le réalisateur puisque Valentin sera son assistant à cinq reprises, et rencontrera grâce à lui Jean Renoir (co-écriture de Boudu sauvé des eaux) et Jean Grémillon pour qui il écrira L'Étrange Monsieur Victor, Le ciel est à vous et plus tard L'Étrange Madame X.
À la même époque, il travaille à Babelsberg, où il co-réalise quatre comédies musicales franco-allemandes, puis il réalise un moyen métrage, Taxi de Minuit, en 1934.
À partir de 1936, il travaille très régulièrement avec Charles Spaak, qu'il convertit au cinéma dans les années 20 en l'emmenant voir Nosferatu le Vampire, Le Cabinet du docteur Caligari ou encore La Charrette fantôme.
Jusqu'en 1944, outre ses travaux de scénariste pour Grémillon, Tourneur ou encore L'Herbier, Valentin réalise six longs métrages dont plusieurs remportent un vif succès, quand d'autres deviennent objets de curiosité des années plus tard.
Ainsi, L'Entraîneuse, réalisé en 1938 mais sorti en 1940, permet de découvrir la Michèle Morgan d'avant Le Quai des brumes ; L'Héritier des Mondésir est un Fernandel ni bon ni mauvais ; et Marie-Martine reste dans les annales pour quelques répliques bien senties et une brochette de seconds rôles savoureux.
En 1943, Valentin réalise ce qui reste son meilleur film, le plus engagé et celui qui lui coûta le plus cher. En effet, La Vie de plaisir, violente diatribe contre la noblesse et le clergé, produit par la Continental, sort en 1944, peu avant la Libération. Il a le privilège d'être l'un des rares films, avec par exemple Le Corbeau, à avoir été non seulement condamné par le régime de Vichy, mais aussi interdit à la Libération. En effet, si la France de Vichy y voit un « film nettement antisocial », se déroulant dans un « milieu bas de prostitution et d'alcoolisme » et se fendant de « notes anticléricales délibérément et fortement accentuées », la France libre s'insurge contre une supposée oeuvre de propagande allemande, une « volonté systématique de salir et diminuer la France ».
Tout comme Clouzot, Valentin est interdit de studios pendant plusieurs années et ne se remettra jamais vraiment de cette peine. En 1948 et 1949, il réalise deux longs métrages impersonnels. Quant à sa carrière de scénariste, débutée sous les meilleurs auspices avec des collaborateurs de renom (Renoir, Clair, Grémillon), elle s'enfonce irrémédiablement dans la médiocrité puisque s'il travaille d'abord, au sortir de la guerre, avec Henri Decoin, Christian-Jaque ou Henri Verneuil, il se commet ensuite avec Jean Chérasse ou Denys de la Patellière pour terminer sa carrière en écrivant d'improbables péplums italiens.
Il meurt en avril 1968 d'une maladie respiratoire, après avoir fréquenté toute sa vie avec une grande assiduité les établissements de nuit et autres casinos.

Filmographie de Albert Valentin

  • 1
    Le Canard en fer blanc
    un film de Jacques Poitrenaud
    rançois Cartier purge une peine de prison pour meurtre et s'apprête à subir le châtiment ultime qu'est la mort. Pourtant, contre toute attente, il se fait libérer par un groupe de ...
    1h35
    Ma note :
  • 2
    Le bon Roi Dagobert
    Taux de satisfaction de la communauté
    42%
    Ayant écopé de cent lignes à écrire sur le roi Dagobert et nourri de bandes dessinées et de télévision, Robert dit Bébert réinvente la vie du célèbre roi et de son ministre Saint E...
    1h35
    Ma note :
  • 3
    Le Bateau d'Emile
    Taux de satisfaction de la communauté
    59%
    De retour à La Rochelle, le débauché Charles-Edmond Larmentiel se venge de sa famille d'armateurs en léguant sa fortune à son fils Emile Bouet. François Larmentiel, le frère de Cha...
    1h38
    Ma note :
  • 4
    La Vendetta
    (1961)
    un film de Jean Chérasse
    Lauriston est un ancien rentier, venu se retirer en Corse. Son neveu venu le visiter tombe amoureux de la fille d'un bandit local, nommé Moretti. Bien qu'essayant de cacher leur re...
    1h25
    Ma note :
  • 5
    Pourquoi viens-tu si tard...
    un film de Henri Decoin
    Array
    1h40
    Ma note :
  • 6
    Archimède le clochard
    Taux de satisfaction de la communauté
    72%
    un film de Gilles Grangier
    Las de la grisaille parisienne, un clochard décide de s'installer sur la côte d'Azur. Archimède n'est pas un clochard ordinaire. Il est instruit, boit du muscadet au petit déjeuner...
    1h19
    Ma note :
  • 7
    La Femme et le pantin
    Taux de satisfaction de la communauté
    01%
    un film de Julien Duvivier
    Eva Marchand vit à Séville avec son père, un écrivain autrefois célèbre, et sa mère, une ancienne danseuse aigrie par la misère. Eva, comme toutes les filles d'Espagne, a appris à ...
    1h41
    Ma note :
  • 8
    Maxime
    Taux de satisfaction de la communauté
    31%
    (1958)
    un film de Henri Verneuil
    Séducteur sans le sou, Maxime Cherpray enseigne l'art de bien se conduire. C'est dans ce cadre que l'un de ses élèves, Hubert, lui demande de l'aider à séduire la belle Jacqueline ...
    2h04
    Ma note :
  • 9
    L'affaire des poisons
    Taux de satisfaction de la communauté
    61%
    un film de Henri Decoin
    Paris, 1676, Mme de Montespan, favorite du Roi Soleil, craint de tomber en disgrâce face à la toute fraîche Mlle de Fontanges. Avec l'aide de la Voisin, voyante renommée, elle empo...
    1h43
    Ma note :
  • 10
    Nana
    Taux de satisfaction de la communauté
    45%
    (1955)
    un film de Christian-Jaque
    À Paris sous le Second Empire, le comte Muffat en dépit de ses préjugés contre les femmes légères tombe follement amoureux de Nana jeune femme entretenue, vedette du théâtre des Va...
    2h00
    Ma note :

Avis sur les films de Albert Valentin

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