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Intouchable atout de la Polisse

Le Flic de Beverly Hills : des pistes en or pour un remake français

Dossier | Par Alexandre Hervaud | Le 8 août 2012 à 12h30

Cet été, Vodkaster vous propose de découvrir Air Cinema : une série de programmes courts et décalés donnant une folle seconde vie aux films cultes et à leurs inoubliables VF. Un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui aiment les films et les moustaches. Cette semaine : Le Flic de Beverly Hills.


Le Flic de Beverly Hills par Air Cinéma par AirCinema

Air Cinema parle tant à notre nostalgie cinéphile que nous ne pouvions pas en rester là ! Nous avons donc décidé de demander à notre cher Alexandre Hervaud (en vacances de Trailer) de dépoussiérer ses VHS pour accompagner cette série d'été de textes rendant hommage aux films détournés. À lui de jouer avec le cinéma : à la manière d'un « mockumentary », le totalement vrai y côtoie l'archi faux, l'anecdote authentique y fricote avec le canular grossier. Lisez tout, triez ensuite...

Eddy Murphy > Sylvester Stallone

Avec pourtant déjà deux cartons cinématographiques derrière lui (48 heures et Un fauteuil pour deux), c'est un Eddy Murphy tout jeunot (23 ans) qui débarque in extremis sur le plateau du Flic de Beverly Hills de Martin Brest en 1984. Le comique au bagout survitaminé et au débit de machine gun est alors rompu à l'exercice du stand up et régulier du Saturday Night Live. Il se voit proposer le rôle culte d'Axel Foley, un temps prévu pour des acteurs aussi différents que Mickey Rourke ou encore Sylvester Stallone qui comptait en faire un film d'action bien moins fendard.

Si le film assoit la popularité de Murphy auprès du grand public mondial, il marque également la première collaboration des producteurs Don Simpson et Jerry Bruckheimer dans le domaine de l'action - leur unique production commune antérieure étant Flashdance - qui allait nous offrir ensuite des fleurons de testostérone filmique comme Top Gun, Jour de Tonnerre et autre Bad Boys avant que Simpson ne passe l'arme à gauche en 1996. Pour tout fan de la saga Beverly Hills Cop (et de cinéma hollywoodien en général), on conseille la lecture de Box Office de Charles Fleming, biographie haute en couleurs de Don Simpson... Au rayon « patrimoine légué à l'humanité par le film », impossible de snobber le fameux thème musical Axel F composé par Harold Faltermeyer, remixé ad nauseam jusqu'à nous donner cette perle immuable des Internets :

Une saga en perte de vitesse

Revoir Le Flic...aujourd'hui laisse bien entendu un goût amer sur la tournure prise par la carrière de Eddy Murphy qui peut clairement dire merci à la saga Shrek, seule oasis de (relative) efficacité récente parmi une filmographie ayant viré à la décharge publique depuis le début de la décennie 2000, à de rares exceptions près comme Dreamgirls. Soyons clairs, ses derniers films ressemblent carrément à des parodies de films avec Eddy Murphy, à la manière des « faux films » d'Adam Sandler dans Funny People. Eu égard à la manie hollywoodienne du reboot, du remake et des suites tardives, difficile de croire que le Flic de Beverly Hills n'ait pas encore connu de quatrième volet (le troisième, signé John Landis, décrit par Murphy lui-même comme une vraie daube, est sorti en 1994). Malgré des résultats au box office mondial en perpétuel déclin entre le premier film et le dernier, une relance de la franchise par Brett Ratner (sortez les sacs à vomi) a été envisagée mais jamais lancée : aux dernières nouvelles, Murphy entendrait développer une version TV de l'histoire dans laquelle le fils d'Axel Foley interviendrait, lui lançant la possibilité d'apparaître de temps à autres en guest.

Puisque Hollywood ne semble guère motivé à exhumer Axel mais que l'Amérique semble toujours aussi tentée par les remakes de films français - d'ailleurs, tant que les asticots n'ont pas encore commencé à ripailler la carcasse de Nora Ephron, rappelons que la réalisatrice avait signé avec Mixed Nuts l'improbable remake US du Père Noël est une ordure avec Adam Sandler, permettons-nous une folie : celle d'imaginer l'inverse, à savoir le remake made in France d'un film hollywoodien. Si à l'échelle britannique, la chose avait failli nous replonger dans la Guerre de Cent Ans avec l'infâme Absolument Fabuleux, prenons le risque de transposer la saga Beverly Hills Cop au pays d'Olivier Marchal. Mieux encore, cumulons deux manies d'Hollywood en mixant les deux mamelles du box office US de ces dernières années, à savoir le remake et les suites.

Nos propositions de remakes français

Faire un remake sauce frenchy, ce serait bien, mais en profiter pour signer par la même occasion la suite d'un succès public hexagonal, ce serait mieux. Vodkaster Productions propose ainsi aux plus offrants les deux pitchs suivants, dont personne n'osera remettre en cause le potentiel artisticommercial :

  • Le Flic de Crozon : ce remake est une suite de Polisse.

Joey Starr reprend son rôle de Fred, flic bourru mais sympa de la Brigade de Protection des Mineurs. En déprime totale depuis que l'insupportable personnage de Maïwenn l'a quitté pour un reportage photo en Instagram dans une léproserie de Jakarta, Fred est muté après avoir malencontreusement fracassé la tronche d'un supposé pédophile - en réalité un père de famille malvoyant juste un peu tactile. Le voilà quittant Belleville pour la presqu'île de Crozon, en Bretagne, où il doit enquêter sur des disparitions mystérieuses d'enfants. S'enchaînent alors poursuites infernales en chalutiers, tabassage en règle des suspects indélicats et punchlines de folie (comme lorsqu'un serveur lance un terrible « Demat Fred ! Alors ton cidre, brut ou doux ? » immédiatement suivi par un coup de boule de Joey Starr qui lâche un définitif « j'ai une tronche de doux, con de druide ? »). Avec l'aide de flics locaux simples mais téméraires (Erwan, Loïc et Mahmoud), Fred mettra fin à un terrible trafic d'enfants esclaves fabriquant des binious à la chaîne et géré par le maire de la ville, accessoirement unique élu UMP de tout le Finistère. Ce pitch exploite à fond la tendance récente du Bretagne movie exploré par des films comme Sea, No Sex and Sun, Bowling, Cornouaille...et Les Seigneurs, le prochain Olivier Dahan avec un certain Joey Starr au casting. Carton assuré, partenariat possible avec le pâté Hénaff via des placements de produits savoureux et BO toute trouvée avec une réorchestration du morceau Axel F par Alan Stivell.

  • Le Flic de Wazemmes : le remake est une suite d'Intouchables.

Après la mort du personnage de François Cluzet dans un banal accident de fauteuil roulant impliquant un frein défaillant et un escalier en marbre, Driss (le césarisé Omar Sy) réalise qu'on a en réalité maquillé le meurtre de son ami à roulettes ! Il soupçonne un milliardaire amateur d'opéra d'être derrière l'odieux crime pour s'arroger la primeur d'une rare partition proposée lors d'une vente aux enchères. Impossible pour Driss de se venger « à la dur », le suspect étant protégé en permanence. Il décide alors de s'enrôler dans la police, passe le concours de fonctionnaire et devient la tête brûlée de son commissariat situé dans un quartier popu et bobo de Lille - Wazemmes donc. Tout en continuant d'enquêter sur la mort de son ami en déterrant un maximum de preuves, Driss fait tant bien que mal son boulot auprès des forces de l'ordre locale peu habituées à son « style », comprendre sa couleur de peau et sa façon de conduire qui avait déjà inspiré une parodie de Drive à un internaute :

S'enchaînent alors poursuites infernales en chariot de mineur, tabassage en règle des suspects indélicats et punchlines de folie (comme lorsqu'un serveur lance un terrible « Hey bamboula ! Alors ta Pelforth, bouteille ou pression ? » immédiatement suivi par un coup de boule d'Omar Sy qui lâche un définitif « Et tu l'as senti là, mon coup de pression ? »). Avec l'aide de flics locaux simples mais téméraires (Kevin, Steven et Mahmoud), Driss mettra fin à un terrible trafic de chicoré coupé à la kétamine géré par le maire de la ville, accessoirement unique élu Modem de tout le Nord Pas de Calais. Le film pourra ainsi creuser le sillon régionaliste post-Bienvenue chez les Ch'tis, même si ses réalisateurs se targueront plutôt de citer Hot Fuzz pour faire snob et plaire aux geeks.

Voilà, voilà. Si, d'aventure, des producteurs assez couillus pour mettre en oeuvre ces visions exigeantes d'un cinéma populaire de qualité sont intéressés, qu'ils prennent contact avec la direction de Vodkaster, qui transmettra.

PS : le regretté Adam Yauch, aka MCA, des Beastie Boys, devait fêter ses 48 ans le 5 août dernier. Une raison comme une autre de poser ça ici :

1 commentaire
  • Cypri3n
    commentaire modéré Incontestablement le meilleur article de cette saison Air Cinéma. @Alexandre Hervaud, encore bravo !
    9 août 2012 Voir la discussion...
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