Lon Chaney

Acteur, scénariste
Né à Colorado Springs, Colorado, USA le 1 avril 1883, mort le 26 août 1930
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Biographie de Lon Chaney

Lon Chaney naquit Leonidas Frank Chaney à Colorado Springs (Colorado), le fils de Frank H. Chaney et d'Emma Alice Kennedy ; son père avait du sang français mais surtout anglais, tandis que sa mère avait des origines irlandaises. Les parents de Chaney étaient sourds tous les deux et, dès l'enfance, Chaney montra quelque talent pour la pantomime. Il commença à monter sur les planches en 1902 et tourna avec des troupes de vaudeville et de théâtre. En 1905, il fit la connaissance de la chanteuse Cleva Creighton et l'épousa alors qu'elle n'avait que seize ans. L'année suivante naquit celui qui restera leur unique enfant, Creighton Chaney, qui fut mieux connu bien plus tard sous le nom de Lon Chaney, Jr.. La famille Chaney poursuivit les tournées, avant de se fixer en Californie en 1910.
Malheureusement, leur mariage commença à battre de l'aile et, en avril 1913, Cleva se rendit au Majestic Theatre, situé au centre de Los Angeles, où Lon travaillait à un spectacle, le Kolb and Dill show et, là, elle tenta de mettre fin à ses jours en avalant du bichlorure de mercure. Cette tentative de suicide échoua, mais ruina sa carrière de chanteuse ; le scandale et le divorce qui s'ensuivirent forcèrent Chaney à quitter le théâtre et à se lancer dans le cinéma.
Durant une période qui demeure imprécise, entre 1912 et 1917, Chaney travailla sous contrat pour les studios Universal ; il incarnait alors de petits rôles. C'est à son talent remarquable pour se grimer qu'il doit de remporter plusieurs rôles au bout d'auditions fort disputées. À cette époque, Chaney se lia avec le couple de réalisateurs Joe De Grasse et Ida May Parke, qui lui donnèrent des rôles notables dans leurs films, et qui l'encouragèrent bientôt à jouer des personnages plus noirs.
Chaney épousa en secondes noces à nouveau l'une de ses anciennes collègues de la tournée Kolb and Dill, une danseuse de revue du nom de Hazel Hastings. On sait peu de choses de cette dernière, si ce n'est que son mariage avec Chaney fut solide. Du fait de leur mariage, le jeune couple obtint la garde du fils de Chaney, Creighton, qui avait alors dix ans ; jusque-là, depuis le divorce en 1913, l'enfant avait vécu dans différents foyers et pensionnats.
En 1917, Chaney était devenu un acteur de premier plan du studio, mais ce statut ne se reflétait pas dans son salaire. Quand il demanda une augmentation, un exécutif du studio, William Sistrom, lui répliqua : « Vous ne vaudrez jamais plus que cent dollars par semaine ».
Chaney quitta le studio, et durant l'année qui suivit, il dut se débrouiller avec des rôles mineurs. Il fallut attendre 1918, et un rôle important dans le film de William S. Hart, Riddle Gawne, pour que l'industrie cinématographique reconnaisse enfin à leur juste mesure les talents de l'acteur.
En 1919, Chaney perça en jouant "the Frog" dans The Miracle Man, un film réalisé par George Loane Tucker. Le film ne donna pas seulement à Chaney l'occasion de faire montre de ses dons d'acteur, mais aussi d'apparaître comme un maître du maquillage. Une critique élogieuse et une recette de plus de 2 millions de dollars propulsèrent Chaney au rang de l'acteur de genre le plus important des USA.
Parmi les films d'horreur muets les plus mémorables auxquels Chaney participa, on peut citer Notre-Dame de Paris et surtout Le Fantôme de l'opéra. Son aptitude à se métamorphoser en utilisant des techniques de maquillage de son invention lui valurent le surnom d'homme aux mille visages. Dans un article autobiographique publié en 1925 dans la revue Movie, qui offre un rare aperçu de sa vie, Chaney qualifiait son art d'interprétation extrême.
Faisant preuve d'une faculté d'adaptation dans la spécialité qui était la sienne, il utilisa également des maquillages dans des films plus conventionnels, d'aventures et policiers, tels que Satan (The Penalty), dans lequel il jouait un gangster amputé. Il apparaît dans pas moins de dix films de Tod Browning, dans lesquels il interprète le plus souvent des personnages déguisés et/ou mutilés, dont le lanceur de couteaux de foire Alonzo the Armless dans L'Inconnu (1927), où il joue au côté de Joan Crawford. En 1927, Chaney fut le partenaire de Conrad Nagel, Marceline Day, Henry B. Walthall et Polly Moran dans un film aujourd'hui perdu, pourtant un classique du cinéma d'horreur, le Londres après minuit de Tod Browning, sans doute le plus célèbre des films perdus. Son dernier film (1930) fut un remake sonore de son classique muet Le Club des trois ; il s'agit là de son unique film parlant, et le seul dans lequel il montre autant de talent à déguiser sa voix. Chaney signa même une déclaration sous serment selon laquelle cinq des voix principales que l'on entend dans le film (le ventriloque, la vieille femme, le perroquet, la poupée et la fille) lui appartenaient.
Bien que Chaney créa avec ses interprétations de Quasimodo, le sonneur des cloches de Notre-Dame, et Erik, le fantôme de l'Opéra de Paris, deux des personnages les plus affreusement difformes de l'histoire du cinéma, il parvint à travers ces compositions à susciter un certain degré de sympathie et d'émotion de la part du public, pas complètement terrifié ou dégoûté par les malformations monstrueuses de ces personnages, qui ne sont tout compte fait que les victimes du destin.
"Je voulais rappeler aux gens que ceux qui se trouvent le plus bas de l'échelle de l'humanité peuvent avoir en eux la ressource pour l'abnégation suprême", écrivit Chaney dans la revue Movie. "Le mendiant raccourci, difforme des rues peut avoir les idées les plus nobles. La plupart de mes rôles depuis Notre-Dame de Paris, Larmes de clown, Le Club des trois, etc. ont eu pour thème l'abnégation et le renoncement. Voilà les histoires que je souhaite faire."
"C'était quelqu'un qui extériorisait notre psyché. D'une certaine façon il pénétrait à l'intérieur des ombres qui se trouvent en nous ; il était capable d'épingler certaines de nos peurs secrètes et de les restituer à l'écran.", expliqua un jour à son sujet l'écrivain Ray Bradbury. "L'histoire de Lon Chaney est celle des amours à sens unique. Il transporte cette partie de vous en plein jour, parce que vous avez peur de ne pas être aimé, de ne jamais être aimé, vous craignez que quelque chose en vous soit grotesque, que le monde va se détourner de vous."
Ses talents s'étendaient bien au-delà des films d'horreur et du maquillage. Il montrait aussi une grande habilité comme danseur, chanteur et humoriste. En fait, nombreux sont ceux qui ne le connaissaient pas qui furent surpris par sa riche voix de baryton et ses dons aiguisés d'humoriste.
Chaney et sa seconde épouse Hazel menèrent une vie privée discrète, loin des paillettes d'Hollywood. Chaney fit peu la promotion de ses films et des studios MGM, renforçant ainsi volontairement une image de mystère, et selon certaines sources, c'est volontairement aussi qu'il évitait la société hollywoodienne.
Durant les cinq dernières années de sa carrière cinématographique (1925-1930), Chaney travailla exclusivement sous contrat avec la MGM ; c'est pendant cette période qu'il offrit parmi ses interprétations les plus marquantes. Sa composition d'un instructeur des marines inflexible dans Tell It to the Marines (1926), l'un de ses films favoris, lui valut la sympathie du corps des marines US, dont il devint membre honoraire ; il fut le premier de toute l'industrie du cinéma à recevoir cet honneur. Il jouissait également du respect et de l'admiration de nombreux acteurs débutants, car il avait la réputation d'aider les nouveaux venus sur les plateaux, en leur montrant les ficelles du métier ; sur les tournages, il n'était jamais réticent à l'idée de partager, entre deux prises, ses expériences avec ses partenaires et l'équipe technique.
Pendant le tournage de Thunder en hiver de l'année 1929, Chaney contracta une pneumonie. À la fin de 1929, on décela un cancer des bronches. Malgré un traitement offensif, son état de santé empira et, sept semaines après la sortie du remake du Club des trois, il fut emporté par une hémorragie à la gorge. Sa mort fut durement ressentie par ses proches, l'industrie cinématographique et par ses admirateurs. Le corps des marines US fournit un aumônier et un garde d'honneur pour ses funérailles.
Son corps est inhumé au cimetière du Forest Lawn Memorial Park à Glendale, Californie, près de la crypte de son père. C'est également là que fut enterrée sa femme, Hazel, dont la mort survint en 1933. Pour des raisons inconnues, la crypte de Chaney ne porte aucune inscription.

Filmographie de Lon Chaney

Avis sur les films de Lon Chaney

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