Roger Planchon

Acteur, réalisateur, scénariste
Né à Saint-Chamond, France le 12 septembre 1931, mort le 12 mai 2009
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Biographie de Roger Planchon

Ses parents ayant quitté l'aride monde rural de l'Ardèche en quête de travail, Roger Planchon naît à Saint-Chamond. Sa mère est femme de chambre et son père plongeur dans un hôtel avant d'acquérir un bistrot à Lyon. Le jeune garçon partage son enfance entre les quartiers populaires de la ville et la ferme du grand-père à Borée, sur les hauts-plateaux ardéchois. Pendant la guerre, il se charge de faire passer les messages des maquisards ce qui lui vaut de recevoir la Croix de guerre à l'âge de treize ans. À la fin de l'école primaire, il est inscrit dans un établissement des Frères des écoles chrétiennes où il est pensionnaire. Grâce à l'attention bienveillante d'un enseignant il découvre l'art, la poésie et surtout le cinéma, sa première passion.
Planchon est une figure importante de la décentralisation théâtrale. Il a mis en scène Brecht, Molière, Shakespeare, Calderon, des créations d'auteurs contemporains, d'Arthur Adamov à Michel Vinaver. Il a inspiré depuis 50 ans de grands metteurs en scène comme Patrice Chéreau. Les mises en scènes de Roger Planchon sont avant tout une histoire de lieu. Son théâtre est critique et populaire. Il a mené, dans toute son oeuvre, une réflexion importante sur l'Histoire. Il élabore une réflexion critique sur les oeuvres, qui inaugure un débat sur le rôle que le théâtre joue et doit selon lui jouer dans la société, ainsi que sur le lien entre destin individuel et collectif. Il se tourne vers un théâtre populaire, le théâtre étant pour lui le meilleur moyen de réaliser des actions populaires en faisant découvrir au grand public les classiques. Il rencontre Bertolt Brecht en 1954 et, dès 1956, met en scène presque intégralement Grand-peur et misère du Troisième Reich, puis développe sa vision propre du réalisme. Il a tenu une douzaine de rôles en vingt-cinq ans, notamment dans ses propres mises en scène de Tartuffe, George Dandin, Le Triomphe de l'amour, L'Avare...
Après le collège, son père l'oriente vers le métier de cuisinier mais son destin est déjà tracé : employé de banque le jour, il hante la nuit les caves existentialistes lyonnaises de l'après-guerre où l'on écoute du jazz et de la poésie. Nourri de la littérature qu'il dévore en autodidacte, il fait ses débuts en disant des poèmes de Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, René Char, Jules Laforgue, Henri Michaux, dans une cave de la presqu'île, rue Bellecordière. De poésie en théâtre, il lit les ouvrages sur les nouvelles théories, les revues littéraires qui consacrent leurs articles à des auteurs inconnus en France, voit les spectacles de Jean Vilar à Paris et au festival d'Avignon, les programmations novatrices de Charles Gantillon au Théâtre des Célestins. Il suit les cours d'art dramatique de Suzette Guillaud où il rencontre les premiers compagnons de la grande traversée : Alain Mottet, Claude Lochy (le futur compositeur de la musique de ses spectacles), Robert Gilbert (son futur administrateur). Avec ses amis et Isabelle Sadoyan qui les a rejoints, il monte ses premiers spectacles, donnés dans les salles paroissiales comme celle du Quai Saint-Antoine sur les bords de Saône : La Mort joyeuse, arlequinade de Nicolaï Evreinov et Les Chemins clos, pièce de Claude Lochy en 1949 ; Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare en 1950. Le 22 mai 1950, les jeunes comédiens se déclarent en compagnie constituée, encore amateur, la Compagnie Que Vlo-ve, du nom de l'une des nouvelles de L'Hérésiarque de Guillaume Apollinaire et présentent, en juin 1950, Bottines, collets montés, parade burlesque 1900, d'après Georges Courteline et Eugène Labiche, au concours du théâtre universitaire et amateur de Mâcon dont ils remportent le premier prix.
En 1952, il crée le Théâtre de La Comédie, à Lyon. Suite à un déficit du Théâtre de la comédie, Planchon fait appel au tutorat pour le faire survivre. La mairie de Lyon lui donne une subvention de 10 millions de francs pour relancer la troupe du théâtre de la Comédie.
En 1957, il se voit confier le Théâtre de la Cité ouvrière de Villeurbanne. Il obtient pour ses acteurs le statut de troupe permanente en 1959 et raccourcit le nom du lieu en Théâtre de la Cité en 1960.
En 1972, le ministre de la culture, Jacques Duhamel, offre au Théatre de la Cité le label de Théâtre national populaire. Planchon en prend la direction, qu'il partage avec Robert Gilbert et Patrice Chéreau puis avec Georges Lavaudant.
Son origine rurale inspirera nombre de ses pièces, comme La Remise. Le sujet de la vie rurale revient fréquemment dans ses écrits.
Dans les années 1975 il participe comme récitant à certains enregistrements de la collection de disques pour enfants "Musica Poetica, le Orff-Schulwerk" sous la direction de Jos Wuytack.
Au cinéma il a réalisé trois longs métrages : Dandin en 1987 (d'après la pièce éponyme de Molière), Louis, enfant roi en 1993 (sur l'enfance de Louis XIV) et Lautrec en 1998 (sur le peintre Toulouse-Lautrec).
Il a consacré sa vie à la décentralisation théâtrale mais également cinématographique. En 1990, il fonde Rhône-Alpes Cinéma et ouvre en 2002 un studio de cinéma de 902 m² transformable en un Théâtre Studio de 700 places, le Studio 24, situé à Villeurbanne.
Il a aussi co-dirigé, aux côtés de Robert Gilbert, les cinémas CNP fondés en 1968, avant de revendre les trois salles, malgré les protestations des salariés, à Galeshka Moravioff en 1998. Les trois cinémas sont maintenus en activité pendant encore dix ans. Trois mois après la disparition de Roger Planchon, en septembre 2009, l'Odéon est fermé et l'avenir des deux autres salles incertain.
En 2002, Christian Schiaretti lui succède à la direction du TNP ; il crée sa propre compagnie avec laquelle il continue d'écrire et de mettre en scène jusqu'à son décès.

Filmographie de Roger Planchon

  • Lautrec
    Taux de satisfaction de la communauté
    31%
    Lautrec (1997)
    un film de Roger Planchon
    D'Albi à Montmartre, de l'originalité de ses parents à son amour jamais innassouvi pour les femmes, le parcours d'un génie de la fin du siècle dernier...
    2h05
    Ma note :
  • Louis, enfant roi
    Taux de satisfaction de la communauté
    29%
    un film de Roger Planchon
    Janvier 1649 : depuis la mort de son père, le jeune Louis XIV doit faire le dur apprentissage du pouvoir royal. Il doit faire face aux intrigues des grands du royaume qui mènent...
    2h40
    Ma note :
  • L'Année de l'éveil
    un film de Gérard Corbiau
    1948. Alors que débute la guerre d'Indochine, François, âgé de 14 ans, est enfant de troupe. Son chef le prend en amitié et l'invite à passer les dimanches chez lui. François éprou...
    1h42
    Ma note :
  • Jean Galmot, aventurier
    un film de Alain Maline
    Évocation de la vie du journaliste Jean Galmot, aventurier, qui s'établit chercheur d'or en Guyane en 1906. Fou amoureux de ce pays, il mourra pour avoir voulu rendre dignité et li...
    2h15
    Ma note :
  • Radio corbeau
    Taux de satisfaction de la communauté
    56%
    Radio corbeau (1988)
    un film de Yves Boisset
    Dans un village du Jura, chaque jour à heure fixe, une radio pirate diffuse des révélations sulfureuses sur ses habitants. L'inspecteur Duval est chargé de démasquer ce corbeau. C...
    1h35
    Ma note :
  • Camille Claudel
    Taux de satisfaction de la communauté
    52%
    un film de Bruno Nuytten
    Camille Claudel voue ses jours et ses nuits à sa passion, la sculpture. Soutenue par son père et son frère Paul, elle rêve d'entrer dans l'atelier du grand maître Auguste Rodin. Ap...
    2h50
    Ma note :
  • Dandin
    Dandin (1987)
    un film de Roger Planchon
    Ma note :
  • La 7ème cible
    Taux de satisfaction de la communauté
    45%
    un film de Claude Pinoteau
    Bastien Grimaldi, écrivain réputé, est agressé un soir dans la rue. Apparemment, l'agression est gratuite. Mais les coups de téléphone répétés, les lettres anonymes s'accumulent. G...
    1h48
    Ma note :
  • Le Grand Frère
    Taux de satisfaction de la communauté
    15%
    un film de Francis Girod
    Trahi par un compagnon, Gérard Berger, ancien légionnaire, le retrouve et le tue. Témoin du meurtre, le jeune Ali va se lier d'amitié avec Berger.
    1h40
    Ma note :
  • Légitime violence
    un film de Serge Leroy
    Un homme décide d'adopter la technique de la légitime défense lorsqu'il prend conscience que les forces de l'ordre ne mettront jamais la main sur ceux qui ont fait périr les membre...
    1h35
    Ma note :

Avis sur les films de Roger Planchon

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