Sarita Montiel

Actrice
Née à Campo de Criptana, Ciudad Real, Spain le 10 mars 1928, morte le 8 avril 2013
Connue pour...

Biographie de Sarita Montiel

Sara Montiel, dite aussi Sarita Montiel, de son vrai nom María Antonia Alejandra Vicenta Elpidia Isadora Abad Fernández, née le 10 mars 1928 à Campo de Criptana (province de Ciudad Real, Castille-La Manche), est une star espagnole. Le chemin fut long pour que la petite paysanne pauvre de la Mancha - le pays de Don Quichotte - devienne une star. Trop à l'étroit pour pouvoir l'élever convenablement, ses parents la confient à des amis qui vont la prendre en charge à Orihuela, dans la province d'Alicante. À l'âge de 13 ans, elle participe à un concours de chant, dont le gagnant doit être récompensé par des cours de comédie et de chant. Elle remporte le premier prix, et se révèle rapidement une élève très douée.
Elle débute au cinéma en 1944 sous le pseudonyme de María Alejandra, mais son nouvel agent Enrique Herreros lui suggère de changer de nom. Elle choisit Sara, le prénom de sa grand-mère, et Montiel, du nom de sa province. Sans vraiment s'imposer, elle tourne quelques films, dont on retiendra surtout Locura de amor (Poignard et Trahison) où elle interprète un second rôle qui attire l'attention sur elle. Mais, sentant qu'elle piétine en Espagne, elle part pour le Mexique. Elle tourne avec les plus grandes vedettes du moment, comme Pedro Infante, des comédies populaires qui la hissent au tout premier rang des stars mexicaines. De cette période, on peut retenir un étrange mélodrame policier, Piel Canela, et surtout Carcel de mujeres (Le Bagne des filles perdues) où elle s'affirme comme une grande comédienne. Grâce à ce dernier film, Hollywood la remarque ; elle y tourne deux chefs d'oeuvre, Vera Cruz de Robert Aldrich, et Le Jugement des flèches (Run of the Arrow) de Samuel Fuller. Elle y tourne également un troisième film, Serenade, réalisé par Anthony Mann qu'elle épouse, et dont elle divorce sept ans plus tard. Son séjour à Hollywood sera brièvement interrompu par un dernier film mexicain, Donde El Circulo Termina (La Belle de Mexico), un excellent film policier, prototype du film noir latino-américain.
C'est toutefois grâce à un film espagnol, El ultimo cuplé (Valencia) réalisé par Juan de Orduña en 1957, que Sara Montiel trouve enfin son véritable emploi. Dans ce film, une production à petit budget qu'elle accepte par amitié pour le réalisateur, Sara Montiel est une chanteuse alcoolique sur le déclin, dont on retrace la vie en flash-back. Elle doit logiquement être doublée pour les chansons par Conchita Piquer, chanteuse folklorique de renom, qui se désiste au dernier moment, de peur de ne pas être payée. Sara Montiel enregistre elle-même les 11 chansons du film, avec une tonalité qui ne doit rien aux espagnolades, mais avec une voix chaude et rauque, totalement inhabituelle dans ce pays. Par ailleurs, imprégnée du glamour hollywoodien, elle introduit dans le cinéma de l'Espagne franquiste un érotisme suggéré qui fera se pâmer le Caudillo lui-même. Le film, contre toute attente, est un triomphe, record absolu de recettes, resté à ce jour inégalé. Du jour au lendemain, elle devient une idole du cinéma et de la chanson. Peu à peu, le mythe va se créer, avec une dizaine de films, tous des mélodrames, au sens propre du terme : des drames coupés de chansons interprétées par l'héroïne.
Le film suivant, La Violetera, la fait connaître dans le monde entier. À Paris, il est projeté dans la plus grande salle de cinéma du monde, le Gaumont Palace. Le succès gagne les pays de l'est, l'Amérique latine. Les bandes originales de ses films (12 chansons de Sara Montiel) sont distribuées sur toute la planète, du Japon aux Ètats-Unis. Suivent des productions à gros budget, Carmen de Grenade, Mon dernier tango, Magdalena, Une dame aux camélias, etc.
Son époux, Anthony Mann, veut lui faire interpréter Chimène dans Le Cid aux côtés de Charlton Heston. Elle refuse le rôle et lui conseille Sophia Loren qui est engagée. Sara Montiel a en effet mis au point un système qui s'est révélé payant pour elle, et dont elle ne veut pas se démarquer : un film musical accompagné d'un disque chaque année. Cela dure jusqu'au début des années 70, où, malgré ses tentatives avec des réalisateurs connotés « intellectuels » comme Mario Camus, , Juan Antonio Bardem, Jorge Grau, la formule ne fait plus recette. Elle abandonne alors le cinéma, et se produit dans des shows à grand spectacle, avec des guest-stars telles que Joséphine Baker ou Lola Flores. Ayant entretemps épousé l'imprésario et patron de presse José Tous qui gère admirablement sa carrière, elle se consacre aussi à l'éducation de ses deux enfants adoptifs, Thais et Zeus.
Volontiers dévêtue ou habillée de strass et de paillettes dans ses spectacles, Sara Montiel devient peu à peu une diva, qualifiée par le petit Larousse ibérique de « diva espagnole la plus importante de l'après-guerre ». La Movida ne la rejette pas, au contraire, ses opinions ouvertement de gauche et ses déclarations fracassantes la rendant sympathique auprès des nouvelles générations.
Depuis le décès de José Tous, elle continue à se produire sur scène, mais plus rarement. Elle a publié ses mémoires où elle fait état de ses liaisons avec Ernest Hemingway, le prix Nobel Severo Ochoa, le poète Miguel Mihura qui fut son premier amour, Maurice Ronet et quelques autres. Elle parle librement de sexualité, devenant ainsi une sorte de Mae West latine, dont les excentricités et les histoires de coeur font la joie de la presse people. Pedro Almodóvar lui rend hommage dans la La Mauvaise Éducation. Adulée dans le monde entier, elle est entrée de son vivant dans la légende.

Filmographie de Sarita Montiel

Avis sur les films de Sarita Montiel

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