Rob Gordon (John Cusack), 28 ans, gros fumeur (american spirit medium), beau garçon dilettante et velléitaire (genre adolescent attardé), slacker (traînard) passionné de musique pop a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago : Championship Vinyl. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle de vintage pop music records (versions rares de disques pop vinyles). Rob est aidé par ses deux moron twins (« jumeaux débiles »), ses vendeurs Dick (Todd Louiso) et Barry (Jack Black), music nerds (« incollables en musique »), unis par la passion de la pop et de la R&B, mais fort différents : Dick est maigre, pâle et timide, alors que Barry est obèse, extraverti, et même arrogant avec les clients ignorants.
Lire la suite...
Rob Gordon (John Cusack), 28 ans, gros fumeur (american spirit medium), beau garçon dilettante et velléitaire (genre adolescent attardé), slacker (traînard) passionné de musique pop a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago : Championship Vinyl. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle de vintage pop music records (versions rares de disques pop vinyles). Rob est aidé par ses deux moron twins (« jumeaux débiles »), ses vendeurs Dick (Todd Louiso) et Barry (Jack Black), music nerds (« incollables en musique »), unis par la passion de la pop et de la R&B, mais fort différents : Dick est maigre, pâle et timide, alors que Barry est obèse, extraverti, et même arrogant avec les clients ignorants.
Au domicile de Rob, Laura (Iben Hjejle), avocate, sa compagne depuis plusieurs années, est en pleurs. Elle s'approche de Rob alors qu'il est absorbé par l'écoute de musique au casque, elle arrache la prise des écouteurs, et lui annonce qu'elle le quitte. Quand il arrive à surmonter sa stupéfaction, elle est dans la rue, montant dans sa décapotable Saab ; il ouvre la fenêtre, pousse la musique à fond, et lui crie adieu. Resté seul, Rob se demande (à haute voix, face à la caméra, un procédé qui sera utilisé tout au long du film) pourquoi toutes ses aventures amoureuses se concluent par un échec. Selon son habitude d'établir des listes des Top Five dans tous les domaines, il dresse la liste des cinq jeunes femmes qu'il a connues intimement depuis le lycée et décide de les contacter afin de savoir quelle fut la raison commune de ces échecs. Il se pose aussi la question du rôle de la musique, et de son thème récurrent qu'est l'amour déçu dans cet état de fait : « What came first, the music or the misery? Did I listen to pop music because I was miserable? Or was I miserable because I listened to pop music? » (« Qu'est-ce qui est venu avant : la musique ou bien le malheur ? Est-ce que j'ai écouté de la musique parce que j'étais malheureux ou bien est-ce que j'étais malheureux parce que j'écoutais de la musique ? »).
La mère de Rob éclate en sanglots quand elle apprend que Laura a quitté son fils (« C'était la meilleure chose qui te soit arrivé depuis longtemps ! »). Et la mère de Laura décide de ne pas apprendre à son mari que le couple s'est défait : ils appréciaient fort Rob, et comme son mari souffre d'une grave angine de poitrine, elle ne veut pas l'alarmer.
Rob cherche à revoir les quatre autres femmes qui ont compté dans son passé pour avoir une explication (et cette démarche qui pourrait être quelque peu sordide est l'occasion pour Frears de dresser de beaux portraits de femmes). La première fille, celle du temps de la Junior High School, est mariée, et vit en Australie (selon sa mère, dans un dialogue au téléphone surréaliste avec Rob). La suivante, celle du temps du College, lui crie avec véhémence qu'elle l'aimait, et que c'est lui, Rob, qui l'avait quittée car elle ne voulait pas coucher, du moins pas si vite, et qu'après avoir été abandonnée elle s'était donnée à un quidam, par dépit, et avait ensuite longtemps souffert de frigidité. La troisième, celle du temps de la High School (superbe et féline Catherine Zeta-Jones)
, le revoit avec plaisir et lui avoue qu'elle l'avait trompé sans motif particulier, si ce n'est parce qu'elle est volage. La quatrième, une grande dépressive connue alors qu'ils étaient tous deux solitaires, en manque de partenaire après rupture, est à nouveau seule suite au départ de son dernier ami, et prend un fort traitement neuroleptique, aussi Rob prend-t-il précipitamment congé d'elle. Et après chaque entrevue, Rob esquisse un petit pas de danse allègre : il déduit de son enquête que ces ruptures n'étaient pas de son fait, qu'il n'est pas maudit par le sort et que en somme ces séparations, passé le pénible sentiment de rejet, n'étaient pas des événements si malheureux. Cependant il exulte moins quand le souvenir de Laura le fait souffrir, d'autant qu'elle revient souvent chez lui pour « chercher ses affaires ». Rob se rend compte alors quelle vit
avec le voisin du dessus, un nommé Ian Raymond, (Tim Robbins, hilarant et inquiétant en Don Juan New Age) dont ils riaient ensemble, quand ce gros macho à catogan et à bonnes fortunes faisait grincer spasmodiquement son sommier de lit, juste dans la chambre au-dessus de la leur. Rob se mêt alors à harceler le couple : coups de telephone à répétition, veille devant l'appartement, stations sous la pluie sous les fenêtres de Ian. Ian vient alors le menacer doucereusement au magasin (et les trois réactions possibles de Rob et de ses acolytes sont filmées à la suite, démontrant bien sa disposition psychologique de velléitaire). Rob pleure la nuit seul dans son lit en imaginant Laura couchée avec Ian dans la chambre au-dessus de lui. Il comprend enfin qu'il s'est mal conduit envers Laura : il a accepté qu'elle lui « prête » $4 000 (tout en sachant parfaitement qu'il ne pourrait pas les rembourser), il lui a avoué qu'il avait commis une infidélité « accidentelle » alors qu'elle débutait une grossesse qu'il ignorait, il l'a incitée ensuite à avorter par son attitude infantile. À cela s'ajoute un refus de s'engager qui l'a déterminée à fuir.
Pendant cette période de détresse Rob entreprend un classement « autobiographique » de sa multitude de disques, et se laisse aller à une aventure passagère et intercurrente avec une belle chanteuse, Marie DeSalle (Lisa Bonet), qui lui dit au matin qu'elle n'a fait que céder au désir charnel : elle aime un autre homme, qui l'a quitté. Rob éprouve aussi une attirance pour une jolie critique musicale, et lui prépare une compil qui devrait la faire fondre. Et pour compliquer le tout, Liz (Joan Cusack, soeur de John Cusack), une confidente et amie commune quelque peu envahissante, « cherche à aider le couple à se ressouder ».
Finalement, il apparaît à Rob que Laura est la femme de sa vie. Elle a la même révélation de son côté. D'ailleurs, lors d'un de ses passages chez Rob, elle trouve sur la table la liste des Top Five désirs existentiels de son ex-concubin, et en est toute attendrie. Le père de Laura meurt sur ces entrefaites et les jeunes gens se revoient lors de l'enterrement. Il s'en va sous la pluie battante, elle le suit en voiture, le fait monter à ses côtés, lui demande de lui faire l'amour dans la voiture, et - en se félicitant de porter une jupe large - se met sur lui. Puis elle reprend les rênes du couple en main : elle organise une party à l'occasion de la sortie du premier disque de jazz produit par la toute nouvelle maison d'édition de Rob (de sa propre initiative, elle a dessiné et fait coller les affiches.). Lors de cette fête, Barry « fait un tabac » en se révêlant excellent chanteur, et le film semble se terminer par un happy ending.
x Fermer