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Benjamin Renner à l'honneur

Regardez les courts-métrages du réalisateur du Grand méchant renard

Dossier | Par | Le 27 juin 2017 à 10h40
Tags : animation

Avant le renard, il y avait le corbeau, la souris et le président. Les premiers courts métrages de Benjamin Renner sont visibles gratuitement sur la Toile. Nicolas Didier, de Télérama, vous invite à les (re)découvrir et à les micro-critiquer.

Si vous avez profité de la fête du cinéma pour aller voir Le grand méchant renard et autres contes, sorti en salles mercredi dernier, nous vous invitons à prolonger le plaisir. Egalement auteur, en 2012, du long métrage Ernest et Célestine, Benjamin Renner a été formé à l’école La Poudrière, où il a réalisé ses trois premiers courts, modèles de concision. Tous sont disponibles, gratuitement et légalement, sur Vimeo.

Le corbeau voulant imiter l'aigle

Le corbeau voulant imiter l’aigle, d’après La Fontaine, impressionne par la pureté de ses lignes. « Ce qui compte, c’est que l’on comprenne mon idée, pas que l’on s’extasie sur mes dessins », nous confiait ces jours-ci le réalisateur. Il y démontre son talent pour la stylisation et fait un remarquable usage du contraste entre le blanc et le noir, qui deviennent, respectivement, symboles de rêve et de réalité. La scène du corbeau soulevant un mouton témoigne, déjà, de son goût pour les gags animaliers.

La queue de la souris

Dans un style proche, très théâtre d’ombres – du noir, du blanc, du rouge –, La queue de la souris raconte l’histoire d’une rongeuse qui propose à un lion, pour éviter de se faire dévorer, de lui rapporter de la nourriture. Récit vif, alerte, où l’humour passe désormais par les dialogues. Même s’ils ne sont pas aussi réussis que dans sa dernière création.

Le plus gros président du monde

Enfin, dans Le plus gros président du monde, réjouissante initiation à l’écologie, c’est son sens du rythme qui éclate. En un peu plus d’une minute, avec un décor minimaliste – une Terre, une Lune –, il imagine un drôle de bonhomme maniaque sur sa planète, consterné par les activités humaines (pollution, déforestation, etc.). L’humanité prend ici la forme de petits points indisciplinés, bruyants et remuants. C’est rigolo, intelligent et plutôt visionnaire. Stylisation délicate, dialogues animaliers, rythme effréné : soit les prémisses du Grand méchant renard.

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