Arnaud Desplechin

Réalisateur, scénariste, acteur
Né à Roubaix, France le 31 octobre 1960
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Biographie de Arnaud Desplechin

Arnaud Desplechin est le fils de Robert et de Mado Desplechin, habitant Croix près de Roubaix. Il a un frère, Fabrice Desplechin, diplomate et acteur dans plusieurs de ses films, et deux soeurs : la romancière Marie Desplechin et la scénariste Raphaëlle Desplechin. Il a vécu avec la comédienne Marianne Denicourt au début des années 1990. Uni ensuite pendant une décennie à l'actrice Hélène Fillières, il fut aussi le compagnon de Florence Seyvos dont il a un fils (2006).
Décidé à faire du cinéma depuis sa jeunesse, Arnaud Desplechin suit les cours de cinéma de l'Université Paris III (dont ceux de Serge Daney et Pascal Kané) puis intègre l'IDHEC (l'ancêtre de La Fémis) à sa deuxième tentative, et en sort diplômé de la section Réalisation et prises de vue en 1984. Il rencontre à l'IDHEC plusieurs de ses futurs collaborateurs dont Pascale Ferran, Noémie Lvovsky et Éric Rochant. Pendant cette période où Desplechin éprouve des difficultés à achever ses films de scolarité, il ne termine que deux courts-métrages, inspirés de l'univers du romancier belge Jean Ray : Le Polichinelle et la Machine à coder, en 1983 puis Le Couronnement du monde, en 1984. Il découvre alors le travail d'un autre passionné de Jean Ray ; le réalisateur Alain Resnais, dont Desplechin dira plus tard qu'il est « le cinéaste qui a touché le plus violemment » au cours de ses études.
Après son diplôme, Desplechin travaille comme directeur de la photographie sur Comme les doigts de la main (1984), French Lovers (1985) et Présence féminine (1987) d'Éric Rochant, ainsi que sur I Fotografia (La Photo) (1986) de Nico Papatakis. Il participe aussi au scénario d'Un Monde sans pitié d'Éric Rochant, en 1989.
En 1990, il commence à travailler sur le moyen-métrage La Vie des morts. Le film réunit plusieurs acteurs appelés à devenir des habitués des films de Desplechin, parmi lesquels Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger et Thibault de Montalembert, et marque également la première collaboration entre Desplechin et le directeur de la photographie Éric Gautier. L'intrigue tourne autour d'une réunion de famille dans une maison de province, après la tentative de suicide de l'un des cousins. La Vie des morts est présenté pour la première fois au Festival Premiers plans d'Angers en janvier 1991, où il reçoit plusieurs prix, avant d'être sélectionné pour la Semaine de la critique au Festival de Cannes. Le Prix Jean-Vigo du court-métrage lui est décerné la même année.
La même année, Pascal Caucheteux crée sa société Why Not Productions, et finance La Sentinelle, le premier projet de long-métrage de Desplechin. Le film est co-écrit avec Pascale Ferran, Emmanuel Salinger et Noémie Lvovsky. Le jeune cinéaste reprend une partie de l'équipe de La Vie des morts, et collabore pour la première fois avec Mathieu Amalric et László Szabó. Son frère Fabrice est également présent dans la distribution. Le film, dont le thème rappelle Muriel, ou le temps d'un retour de Resnais, traite des fantômes d'une guerre passée, ici la Guerre froide et les conflits européens. Le personnage principal, l'étudiant en médecine Mathias Barillet, joué par Emmanuel Salinger, se retrouve impliqué dans une affaire d'espionnage après avoir rencontré un ancien prisonnier de guerre dans un train, et retrouvé une tête réduite dans ses bagages. Le film est acclamé par la critique et sélectionné dans les festivals. Il est notamment en compétition à Cannes en 1992 et est nommé plusieurs fois aux Césars pour le meilleur premier film, le meilleur scénario original et le meilleur espoir masculin, que remporte Emmanuel Salinger, avant d'obtenir également le Prix Michel-Simon 1993.
Fin 1994, Desplechin démarre le tournage de son deuxième long métrage, co-écrit avec Emmanuel Bourdieu, Comment je me suis disputé... ("ma vie sexuelle"). C'est Mathieu Amalric qui interprète cette fois l'alter ego de Desplechin, un universitaire nommé Paul Dédalus, naviguant entre plusieurs conquêtes : Sylvia (Marianne Denicourt), Esther (Emmanuelle Devos), et Valérie (Jeanne Balibar). La présence du film au Festival de Cannes et aux César en 1996, ainsi que son succès critique assoient Desplechin comme un auteur important des années 1990. Certains journalistes parlent alors de « génération Desplechin » pour décrire le jeune cinéma français.
En 1997, Arnaud Desplechin est à l'initiative, avec Pascale Ferran, du Manifeste des 66 cinéastes appelant à la désobéissance civile contre les lois Debré qui qualifient pénalement l'hébergement d'étrangers en situation irrégulière.
En 2000, Desplechin co-écrit avec Emmanuel Bourdieu un scénario adapté d'une nouvelle d'Arthur Symons. Esther Kahn est tourné en anglais et s'attache au passage à l'âge adulte, à travers la découverte du théâtre et de l'amour d'une jeune fille anglaise issue d'une famille juive. Summer Phoenix interprète le rôle-titre, aux côtés de Ian Holm et de László Szabó. Fabrice Desplechin et Emmanuelle Devos sont eux aussi présents, aux côtés d'une riche distribution anglo-saxonne. Le film est reçu comme un hommage à l'oeuvre de François Truffaut parce qu'il traite d'une éducation, comme L'Enfant sauvage (1969), qu'il est tourné en anglais, comme Fahrenheit 451 (1966) et Les Deux Anglaises et le continent (1971), et aussi parce qu'il utilise des formes filmiques de la Nouvelle Vague et plus particulièrement du cinéma de Truffaut comme les fermetures à l'iris ou les nappes de musique.
Trois ans plus tard, Desplechin prépare un diptyque autour de l'adaptation de Dans la compagnie des hommes d'Edward Bond avec Nicolas Saada. Le premier film doit s'appeler Répétitions de « Dans la compagnie des hommes » et être composé à 70 % de vidéo tournée pendant les répétitions et à 30 % d'images du film lui-même, et le second film En jouant « Dans la compagnie des hommes » et être composé d'images vidéo et d'images argentiques dans les proportions inverses du premier film. Entre la réalisation de chacun des deux films, Desplechin prévoit d'en tourner un troisième, alors titré Rois sans arroi, reine sans arène. Au final, le tournage du troisième film est reporté à 2004, et Desplechin termine successivement, après avoir présenté une version préliminaire de son travail à Cannes en 2003, les films Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » qui est majoritairement en argentique, puis Unplugged, en jouant « Dans la compagnie des hommes » qui reprend les répétitions tournées en DV. Dans Léo, Sami Bouajila interprète le personnage de Léonard Jurieu, fils adoptif d'un industriel, fabricant d'armes, joué par Jean-Paul Roussillon, qui en décidant de s'affranchir de son père pour mener ses propres affaires va le ruiner. Desplechin mêle la trame d'Edward Bond avec celle de Hamlet, en introduisant notamment dans l'histoire le personnage d'Ophélie, interprétée par Anna Mouglalis. Léo sort dans une seule salle, au Cinéma du Panthéon à Paris, le 28 janvier 2004, après avoir été diffusé sur ARTE la veille. Unplugged ne sera pas visible avant la sortie en DVD du film.
Cette même année, Desplechin achève Rois et Reine, co-écrit avec Roger Bohbot. Le film croise les parcours, burlesque pour l'un et tragique pour l'autre de deux anciens amants, Ismaël, un musicien névrosé joué par Mathieu Amalric, et Nora, interprétée par Emmanuelle Devos, qui passe le film au chevet de son père mourant, repensant au père de son enfant, mort suicidé devant ses yeux des années plus tôt. Le film marque aussi la deuxième collaboration de Desplechin avec Jean-Paul Roussillon, Hippolyte Girardot, et la première avec Catherine Deneuve, qui joue ici une psychiatre s'occupant du cas d'Ismaël. Le film est acclamé par la critique et connaît un important succès public. Rois et Reine reçoit plusieurs nominations et de nombreux prix, dont le Louis-Delluc en 2004, et le César du meilleur acteur pour Mathieu Amalric l'année suivante. Desplechin est violemment pris à partie à la sortie du film par Marianne Denicourt qui l'accuse d'avoir utilisé des éléments de sa vie privée pour écrire Rois et Reine. En 2005, elle publie Mauvais génie, avec la journaliste Judith Perrignon, où elle décrit sa rencontre avec un réalisateur sans scrupules nommé Arnold Duplancher. Elle attaque finalement Desplechin en justice en 2006, pour atteinte à la vie privée, lui réclamant 200 000 euros de dommages-intérêts. Elle est déboutée le 3 avril 2006.
Desplechin commence, en 2007, deux films ayant trait à la famille. Le premier, L'Aimée, voit Desplechin filmer son père, son frère Fabrice et ses neveux dans la maison familiale de Roubaix à la veille de la vente de celle-ci. Ils évoquent le souvenir de la grand-mère d'Arnaud Desplechin, morte deux ans après la naissance de son père. C'est la deuxième incursion dans le documentaire du cinéaste après l'expérience autour de Dans la compagnie des hommes. Le film est présenté à la Mostra de Venise en septembre 2007, dans la section Horizons Documentaires, où il reçoit de la province autonome de Trente le prix du meilleur documentaire, avant de sortir le 14 novembre 2007 au Cinéma du Panthéon.
Le second film, Un Conte de Noël, reprend en l'enrichissant le canevas de La Vie des morts, en montrant une réunion de famille à Roubaix, autour de la mère, Junon (Catherine Deneuve), atteinte d'un cancer, que peut seule sauver une greffe de son fils Henri (Mathieu Amalric), « banni » de la famille des années plus tôt par sa soeur Elizabeth (Anne Consigny). La distribution comprend également Melvil Poupaud et plusieurs acteurs récurrents du cinéma de Desplechin dont Jean-Paul Roussillon, Emmanuelle Devos, Hippolyte Girardot et Chiara Mastroianni. Un Conte de Noël a été présenté en compétition au 61e Festival de Cannes.

Filmographie de Arnaud Desplechin

  • Trois souvenirs de ma jeunesse
    Taux de satisfaction de la communauté
    76%
    un film de Arnaud Desplechin
    L'enfance, l'adolescence et les années fac de Paul Dédalus, personnage principal de Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), ainsi que sa rencontre avec Esther.
    2h00
    Ma note :
  • Hitchcock/Truffaut
    Taux de satisfaction de la communauté
    47%
    un film de Kent Jones
    En 1962, Hitchcock et Truffaut s’enferment pendant une semaine à Hollywood pour mettre à jour les secrets de la mise en scène au cinéma. A partir des enregistrements originaux de c...
    1h20
    Ma note :
  • Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines)
    Taux de satisfaction de la communauté
    49%
    un film de Arnaud Desplechin
    Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l’hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spéci...
    1h57
    Ma note :
  • Un conte de Noël
    Taux de satisfaction de la communauté
    74%
    un film de Arnaud Desplechin
    À l'origine, Abel et Junon eurent deux enfants, Joseph et Elizabeth. Atteint d'une maladie génétique rare, le petit Joseph devait recevoir une greffe de moelle osseuse. Elizabeth n...
    2h30
    Ma note :
  • L'Aimée
    Taux de satisfaction de la communauté
    42%
    L'Aimée (2007)
    un film de Arnaud Desplechin
    Le film est la deuxième expérience "documentaire" du cinéaste après le travail sur Léo et Unplugged, en jouant "Dans la compagnie des hommes". Le film contient de nombreux éléme...
    1h05
    Ma note :
  • Rois & reine
    Taux de satisfaction de la communauté
    80%
    Rois & reine (2003)
    un film de Arnaud Desplechin
    Deux histoires disjointes : d'une part le couronnement de Nora Cotterelle, qui s'apprête à se marier, et d'autre part la déchéance d'Ismaël Vuillard, interné par erreur dans un asi...
    2h30
    Ma note :
  • Léo en jouant "Dans la compagnie des hommes"
    Taux de satisfaction de la communauté
    33%
    un film de Arnaud Desplechin
    C'est l'histoire de quelques hommes de pouvoir et de la guerre qu'ils se font. Une histoire de princes d'aujourd'hui, réglant leurs comptes à coups de stocks-exchange, de complots ...
    1h58
    Ma note :
  • Esther Kahn
    Taux de satisfaction de la communauté
    70%
    Esther Kahn (2000)
    un film de Arnaud Desplechin
    Esther Kahn vit dans le East End, à Londres, à la fin du XIXe siècle. Elle travaille dans la couture avec sa famille juive, mais ça ne lui plait pas. Retranchée du monde, sujet ...
    2h25
    Ma note :
  • Comment je me suis disputé...ma vie sexuelle
    Taux de satisfaction de la communauté
    74%
    un film de Arnaud Desplechin
    Les histoires d'amour et les histoires tout court de Paul, maître-assistant dans une faculté de la périphérie parisienne où il ne compte pas faire de vieux os.
    2h52
    Ma note :
  • La Sentinelle
    Taux de satisfaction de la communauté
    85%
    La Sentinelle (1992)
    un film de Arnaud Desplechin
    Mathias décide de quitter l'Allemagne pour revenir en France. Dans le train, il se fait menacer et insulter par un inconnu. Dans sa valise, il retrouve une tête réduite à la manièr...
    2h24
    Ma note :

Avis sur les films de Arnaud Desplechin

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