La balade de Billy

La balade de Billy

Liste de 6 films par elge
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Billy à Berlin

« A Foreign Affair » (« La scandaleuse de Berlin ») se passe en 1948 dans les ruines du Berlin d’après-guerre.
« One, Two, Three » se déroule également à Berlin, en 1961, en pleine guerre froide, au moment de l’édification du mur…

Entendu dans « One, Two, Three » : « Situation is hopeless but not serious »
On pourrait s’arrêter là, tant cette phrase-slogan résume parfaitement la vision du monde par Billy Wilder, mieux que le bien connu «Nobody’s perfect », car elle préserve un peu de cette noirceur qui rend les œuvres inoubliables…

Un peu du script de « A Foreign Affair » :
Berlin, 1948. Phoebe Frost (Jean Arthur), chef d'une délégation du Congrès américain, enquête sur le moral des soldats qui occupent la ville. Très vite, elle découvre qu'ils prennent du bon temps et que l'un d'eux a une liaison avec une femme, Erika (Marlene Dietrich) soupçonnée d'être une ancienne nazie. Pour s'éviter des problèmes, le capitaine Pringle (John Lund), l'officier en question, feint de s'éprendre de Phoebe. Mais de la feinte à la réalité, il n’y a souvent qu’un pas…

Un peu du script de « One, Two, Three » :
MacNamara (James Cagney), le directeur l’établissement berlinois de Coca-Cola, voit sa carrière mise en péril par les frasques de la fille de son patron (Pamela Tiffin) qu’il doit héberger. Lorsqu'il découvre qu'elle a épousé en secret un jeune communiste de l’est, il se donne la mission de transformer le jeune rebelle en gendre idéal avant l'arrivée de son patron…

Berlin, donc… comme personnage…
Le Berlin de 1948 a la beauté lugubre et mystérieuse de la ruine.
Son aspect fantomatique est crument exacerbé par le propos de comédie légère : les premières images filmées d’avion d’un Berlin quasiment pulvérisé sont saisissantes.
Mais Berlin est plus qu’un décor, c’est un personnage.
Un personnage qui refuse de se laisser anéantir, qui revit malgré les nazis qui se cachent, malgré les américains stupides et avides… car le film « grince » également : les américains, ici, appliquent la procédure, en 3 étapes: détruire, puis reconstruire, puis vendre …
Et « One, Two, Three », 13 ans après développera la même 3ème étape : Berlin est reconstruit, et c’est du Coca-Cola qui est à vendre… et les américains restent intrigants ou idiots, ou les deux (on sait en effet qu’on peut être à la fois con et rusé).
La malchance a voulu que le film sorte exactement au moment de l’édification du mur…. Il fut donc soit taxé d’anticommunisme primaire, soit jugé décalé à cause de sa vision naïve d’une coexistence Est-Ouest…

Wilder, Lubitsch, le rythme et les sens.
Chez Wilder comme chez Lubitsch, tout et tout le monde joue avec les apparences mais rien ni personne ne peut être réduit qu’à son apparence…
Autrement dit : la profondeur nous piège sous la comédie, les personnages peuvent s’inverser, les situations rebondir, et l’émotion nous surprendre…
Tous deux Viennois et tous deux Berlinois, Lubitsch et Wilder sont liés, non seulement parce que Lubitsch a aidé Wilder à ses débuts, non seulement parce qu’ils ont contribués à la déification de Marlene, mais également parce qu’ils partagent ce don de sublimer le vaudeville et le mélodrame en une mixture magique, sensuelle, burlesque, intelligente…
Notons au passage, les 3 commissaires politiques russes de « One, two, three », cherchant tout à la fois à prendre du bon temps et à faire des affaires, référence directe au trio Iranoff, Buljanoff et Kopalski de « Ninotchka » ;..

Dietrich / Cagney
Comme « Wilder », c’est « plus que Wild », quand Wilder prend une « star », il en fait « une plus que star » !
C’est peu dire que Marlene est sublime dans « A Foreign Affair ». Elle illumine, comme le cœur avide de vivre d’un Berlin blessé… Tout à la fois déesse et terriblement humaine, dangereuse et fragile, elle n’est pas la Marlene glacée de Sternberg ou Borzage, elle est … elle est PURE … ELEGANTE … TROUBLANTE !

Et c’est également peu dire que Cagney fait un numéro sensationnel dans « One, two, three » ! … C’est une toupie, un moulin à parole, un sémaphore qui s’emballe… on l’imaginerait même finir par exploser ! Pas besoin de partenaire pour la réplique ni de portes qui claquent dans son vaudeville… il est le maitre de cérémonie, le clown blanc ET le clown noir…
Billy Wilder avait annoté le scénario qu’il envoya à Cagney en ces termes : « Ce projet va nous demander d’être à 100 à l’heure dans les virages et à 160 dans les lignes droites ».
Notez au passage ce clin d’œil au Cagney mythique : quand il menace le jeune Otto d’un pamplemousse, comme dans la plus célèbre scène de « Public Enemy »…


Billy à Londres

« Witness for Prosecution » (« Temoin à Charge »), Billy Wilder, 1957.
A première vue, ce film est plus du Agatha Christie que du Billy Wilder, toute entier qu’il est tendu vers les rebondissements finaux de cette (classique ?) histoire de procès.

On peut toutefois s’amuser à repérer ce que Wilder a rajouté à Christie…

D’abord, d’abord…
Il y a cette fabuleuse réunion de Charles Laughton et Marlene Dietrich, deux grands amis de Billy Wilder.
Comme écrit François Gorin : « Au tribunal, on guette le choc des deux monstres. Il viendra. Marlene Dietrich est d'abord montrée comme si elle était dans un autre film. C'est pour mieux faire exploser à la fin les conventions du genre. »

En effet, la première facette du personnage complexe de Christine semble « sortie d’un autre film », calquée en particulier sur le personnage que Marlene Dietrich incarne dans « A Foreign Affair » (d’ailleurs, le flash-back à Berlin nous semble étrangement extrait de cet autre film de Wilder).
Elle est donc d’abord : mystérieuse, déesse, dépassionnée, toute entière tendue vers sa propre « élévation » dans la société.
Puis, dans un deuxième temps, elle endosse le rôle de la traitresse.
Puis encore celui de la manipulatrice diabolique.
Et enfin celui de l’amoureuse éperdue et émouvante.
Ce rôle, Marlene pensait en tirer un sommet de sa carrière : elle fût déçue. Elle est pourtant plus que convaincante. Il faut rajouter à son crédit cet autre rôle très court, très surprenant, mais… chut ! … (comme dit la voix off après le générique de fin : « Le directeur de cette salle vous demande de ne pas raconter la fin du film… »).

On garde en mémoire cette image de l’immense Charles Laughton en avocat talentueux et malade du cœur, équipé de sa cocasse collection d’accessoires : perruque, ascenseur d'escalier, oreillers, caleçon de bain, cigares, cacao, whisky, papier à lettre bleu (…chut encore !)…
… Et Miss Plimsoll !
Miss Plimsoll, l’infirmière garde malade affectée à Sir Wilfrid, est un personnage rajouté par Wilder, un personnage de comédie, qui sert de « mur de rebond » au personnage de Charles Laughton.
Quelques échanges entre ces 2 personnages, et autres réflexions « comicamères » de Sir Wilfrid :

Sir Wilfrid: « I am constantly surprised that women's hats do not provoke more murders. »
Miss Plimsoll: « Shall we roll up the window, Sir Wilfrid?
Sir Wilfrid: Just roll up your mouth, you talk too much. If I'd known how much you talk I'd never have come out of my coma. This thing weighs a ton. »
Sir Wilfrid: « If you were a woman, Miss Plimsoll, I would strike you »

Il est (peut-être) intéressant de noter que Miss Plimsoll est jouée par Elsa Lanchester, la propre femme de Charles Laughton…

Et Tyrone Power… Il joue le rôle du mari accusé,
Il espérait également beaucoup de ce film, mais il mourut juste après la fin du tournage…

Wilder lui rend un petit hommage dans le film (enfin, il me semble que je ne trompe pas) : quand Leonard (T.Power) rencontre Miss French (N.Vader) au cinéma (miss French est la femme dont il est accusé du meurtre), ils regardent un film sur Jesse James… Tyrone Power a joué Jesse James dans le film de Henry King (« Le brigand bien-aimé » en français), un de ses plus grands succès…

Billy Wilder, eut, lui, à défaut de Laughton, Dietrich et Power, l’honneur d’une nomination comme Meilleur Réalisateur aux oscars.
Il souhaita consoler ses acteurs avec ces mots, dignes de lui : « Accorder une nomination à quelqu’un qui adapte une pièce de théâtre revient à donner aux déménageurs qui ont emmené la Pieta de Michelange du Vatican à l’Exposition Universelle de New York, un premier prix de sculpture. »
(Elégance, élégances…)

« La vie privée de Sherlock Holmes »

Le scénario commence bien comme un bon vieux « Sherlock Holmes » :
Une jeune femme en détresse est déposée en calèche au 221 bis. Baker Street. Son époux a disparu sans laisser de trace. Le début d’un nouveau casse-tête pour le détective Sherlock Holmes et son inséparable Docteur Watson ?

Pas tout à fait…
Dés le début du film, un travelling nous fait découvrir les effets personnels de Holmes (la plaque du 221 bis Baker Street, sa casquette, des menottes, une partition musicale, une seringue pour l’héroïne).
Dans la séquence suivante, burlesque, Holmes refuse une paternité, évoquant une homosexualité manifestement fausse…
Là, un tableau est déjà brossé, Holmes est un mythe, qui a son image et ses atours, forcément asexué …

Mais ce n’est qu’une parure…
Wilder et son scénariste (Iz Diamond) cherchent l’homme et ses fêlures derrière le portrait figé de super-analyste.
Un portrait différent se dessine….

La première impression que donne Sherlock Holmes c’est qu’il n’est pas vraiment « aimable »: misogyne, drogué, prétentieux, maniaque…

En réalité, Holmes est prisonnier de l’image que Watson a forgée (on se rappelle que dans la série, Watson est le biographe de Holmes). Il doit s’habiller comme le Holmes des romans, être conforme à l’image qu’on lui a inventée.
Mais Holmes est complexé : il a peur qu’on découvre qu’il est plus petit que dans les romans, et qu’il n’a pas les talents de musicien qu’on croit…

Ainsi infantilisé (on découvre également qu’il est complexé face à l’autorité de son frère Mycroft – génial Christopher Lee), Holmes se réfugie dans la drogue… (à l’instar d’une pop-star).

Sans être l'adaptation d'une aventure écrite par Conan Doyle, sans être non plus une parodie burlesque et régressive, « La vie privée de Sherlock Holmes » s’inspire de l’esprit (un brin victorien) de la saga tout en y instillant autant d’affection que d’ironie (marque de fabrique de Billy Wilder)

L’intrigue nous mène de Londres jusqu’en Ecosse, où Holmes cherche puis trouve un adversaire à sa taille.
Le mystère n’est dévoilé qu’au dernier moment (belle idée, d’ailleurs !).

Et le film, commencé dans le burlesque, se termine mélancoliquement pour Holmes.
Devenu presque humain, il va aimer pour la première fois depuis son unique amour adolescent.
Dans uns fabuleuse scène très émouvante, la simple vision d’un parapluie fera craquer les derniers lambeaux de la carapace…
Wilder savait rajouter de la mélancolie au ludique… ou le contraire…


Billy en Itlaie
« Avanti ! », avec Jack Lemmon, Juliet Mills, Clive Revil…

Les apparences, pareillement, différemment…
Première séquence de 5 minutes, entièrement muette : Wendell Ambruster Jr (Jack Lemmon), descend, pressé, de son jet privé, et monte immédiatement dans un avion de ligne. Il est habillé en golfeur. Il avise un homme habillé de noir. S’assied à côté de lui. Lui parle à l’oreille (nous n’entendons pas ce qu’il dit). Au bout d’un moment, l’homme hoche la tête. Et sous les yeux mi-ébahis mi-dégoutés de l’équipage et des passagers, se lèvent et vont s’enfermer dans les toilettes. Wendell Ambruster Jr en ressort en noir et l’homme en golfeur coloré.
Wendell Ambruster Jr va enterrer son père, mort dans un accident de voiture, sur une petite ile italienne de la côte amalfitaine…. Dans le train, un peu plus tard, il rencontrera Pamela Piggott (Juliet Mills) qui va enterrer sa mère, morte dans un accident de voiture sur la même ile… ah…

Billy Wilder, toujours aussi Lubitshien, nous développe différentes facettes de la comédie des apparences, avec déguisements, faux-semblants, jeux de miroirs et renversement des rôles : double vie d’Ambruster Sr. (Willy), usurpation de l’identité de Madame Ambruster mère (Kate) par sa fille, reconstruction d’une soirée qu’auraient pu vivre "Willy et Kate", Pamela en interprète ou en manucure pour masquer sa relation avec Junior…

Et dans cette comédie sentimentale, forcément balisée, quand Monsieur Ronchon rencontre Mademoiselle Radieuse, on sait qu’ils forment déjà un couple… et ce diabolique Billy Wilder, de gags burlesques en gags tendres, organise devant nous, pour nous, le piège inévitable dans lequel Wendell et Pamela vont tomber…

Car un film de Billy Wilder n’évite aucun cliché…
Les ronchons/radieuses finissent donc par s’aimer.
Les italiens sont paresseux, magouilleurs et bureaucrates.
La sicilienne est vengeresse et moustachue.
ET quand Wendell critique trop son pays et son sens particulier de la justice, Carlo Carlucci, l’hôtelier (incroyable Clive Revil, qui rajoute un brin de flegme britannique à la logorrhée débrouillarde latine) lui rétorque : « Let's talk about Sacco and Vanzetti »
Puis passe à autre chose…

Et la bêtise auto-suffisante est, elle, incarnée encore une fois par un américain : Blodgett, sorte de Kissinger idiot qui a peur de tout, mais n’a pas peur de dire n’importe quoi…
J.J. Blodgett: [L’hélicoptère approche de l’ile d’Ischia] Are you guys sure this is Ischia?
Le pilote de l’hélicoptère: Reasonably sure, sir.
J.J. Blodgett: Because I don't wanna land in Africa!
Le pilote: That would be bigger, sir.
J.J. Blodgett: Maybe it's one of those Greek islands?
Le pilote: No sir, Greece is wide to the left.
J.J. Blodgett: Not as long as I am with the State Department!

Et surtout, Comme dans « Irma-la-douce » ou « Some like it hot », Billy Wilder n’a pas peur de rentrer dans le lard de la « bien-pensance » car le film est ouvertement pour l’adultère… un film délibérément libéré…

Ce vieux Billy nous fait donc le panégyrique un brin « hippie » de l’amitié, de l’amour et du sexe sans complexe…
Et Pamela, dont on ne voit d’abord que les 10 kilos de trop (Wendell la traite même de « fat ass » !), devient peu à peu sexy, lumineuse, solaire, libérée …

Et Billy ose la subversion, dans cette scène où Pamela décide soudainement de jouir pleinement de son voyage : elle se défait de ses habits, et se jette tout de go à la mer.
Wendell est atterré.
Mais, tout à la fois galant et se sentant garant des convenances, il se jette à l’eau à sa suite afin d’éviter tout scandale.
Ils se retrouvent alors tous deux, sur un rocher au large de la côte, nus comme des vers … ou presque : Wendell a gardé ses chaussettes noires !
Malgré leurs défauts plastiques, malgré la situation ridicule, nos tourtereaux deviennent, à ce moment précis, aussi éternels que Roméo et Juliette !

Wilder nous parle de recherche hédoniste du bonheur caché, de l’élégance de se cacher (j’y reviens encore !), de se retirer pour laisser le monde tourner (mal) sans nous (je peux avouer que je n’ai jamais eu autant la tentation de ça en ce moment !)

Pour conclure sur une note purement cinématographique, voici une scène qui démontre le génie de Billy Wilder, une scène à l’équilibre parfait, entre burlesque et mélancolie

http://www.youtube.com/watch?v=wUMsQgtW8Es

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2 commentaires
  • elge
    commentaire modéré Il manque "Ariane" pour Paris ... je complèterai
    22 août 2014 Voir la discussion...
  • elge
    commentaire modéré Suite ici (il n'ya plus de place semble-t-il dans la description de la liste)
    Billy à Paris
    « Irma la douce », 1963

    Suite et fin de la tournée estivale de Billy Wilder : après Berlin, 2 fois, après l’Italie et Londres, voici Parissss…

    Commentaire liminaire et lapidaire : c’est l’étape la plus anecdotique !

    On voit bien l’envie première de reformer le joli couple de « la garçonnière » : Shirley Mc Laine et Jack Lemmon
    On voit bien la « belle mécanique » du vaudeville mélodramatique, tiré de la pièce d’Alexandre Breffort (créée par/pour Colette Renard et Michel Roux).
    On voit bien les décors hyperréalistes d’un Paris fantasmé, par Alexandre Trauner
    On voit bien le superbe numéro de Jack Lemmon, déguisé en Lord X.
    On voit bien les tenues vert criard de Shirley Mc Laine.
    On voit bien la paillardise et (un peu moins) la mélancolie habituelles de Billy Wilder.

    On voit bien tout ça.
    Même trop bien.
    Billy n’a pas pu (bien sûr !) faire mieux que « La garçonnière »

    Il y a tout de même ce personnage de « Moustache », le barman, qui est en quelques sortes, le « génie » de ce conte « exotique » (exotique, car dans les « bas-fonds » de Pigalle !). Il a tout fait, sait tout faire, s’occupe de tout… mais avec la dose suffisante de vantardise et de canaille pour qu’on se demande constamment si ses « compétences » vont réellement aider Patou et Irma ou, au contraire, les perdre à jamais : soldat (radié), avocat (radié), médecin (radié)…
    Charles Laughton, grand ami de Billy Wilder avait été pressenti pour ce rôle, dans lequel il aurait été sûrement magnifique. Malheureusement, à l’époque du tournage, celui-ci était trop malade. Dommage, dommage : peut-être que le film aurait été bien différent ! Ceci étant dit, Lou Jacobi s’en sort bien…

    Mais ne soyons pas bégueule : toute l'oeuvre de Billy Wilder donne du plaisir et je pense qu'il aurait été d'accord ça : pourquoi se priver ?

    The End
    22 août 2014 Voir la discussion...
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