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Tout savoir sur... Ma part du gâteau, de Cédric Klapisch

Garanti sans spoiler ! | Par Hugues Derolez | Le 16 mars 2011 à 15h36

Chaque semaine, on se penche pour vous sur le film qui fait l'événement. Comment est monté le buzz ? Pourquoi le film est incontournable ? Que faut-il savoir pour briller dans la file d'attente ? On vous dit tout sans trop en dévoiler dans notre rubrique « Garanti sans spoiler ! ».

Ce qu'il faut savoir
Karin Viard est France, une ouvrière qui vit à Dunkerque avec ses trois filles. Après la fermeture de son usine France désespère et se démène pour retrouver du travail. Elle part alors pour Paris et devient la femme de ménage de Steve, interprété par Gilles Lellouche, un trader plein d'assurance et de franc-parler qui vit entre Paris et Londres. D'un aspect franchement rustre et désagréable, Steve va peu à peu laisser voir une partie plus douce de sa personnalité, plus chaleureuse. Une histoire va se nouer entre les deux personnages, France s'habituant très facilement aux avantages d'une nouvelle vie tournée vers le luxe. Comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Steve est en réalité responsable de la fermeture de son ancienne usine ?


Comme une femme immigrée dans son propre pays extrait de Ma part du gâteau

La scène dont tout le monde parle
Fort probablement Karin Viard en femme de ménage surexcitée, repassant frénétiquement le linge de son nouveau patron et chantant à tue-tête la célèbre chanson « Les rois du monde » tirée de la comédie musicale Roméo et Juliette. Gilles Lellouche, éberlué, l'observe et la rappelle à l'ordre illico. Une fantaisie à la grande résonance métaphorique (les paroles de la chanson, l'opposition de deux classes représentées par deux personnages) qui synthétise assez bien le film dans ce qu'il essaie de démontrer.

L'analyse vénale
Après deux films très appréciés sur une certaine jeunesse désoeuvrée mais toujours candide (le diptyque L'Auberge Espagnole / Les Poupées russes), le réalisateur Cédric Klapisch semble vouloir traiter un sujet d'actualité avec beaucoup de sérieux. A savoir la grande crise financière dont nous ressentons encore les remous, les « grands » de ce monde qui parient à la bourse comme un enfant jouerait avec un flingue, sans se rendre compte qu'ils mettent en jeu la vie et le travail de milliers de personnes. Une parabole sociale totalement assumée, qui se prend très au sérieux, voguant entre drame décomplexé et comédie amère, et qui met en avant le courage des classes populaires face à l'adversité. Le parti pris du film est donc très fort.

L'opposition du trader à la belle et dévouée travailleuse est souvent caricaturale, parfois cynique, mais toujours là pour servir un propos bien pensé, à la visée démagogique et audacieuse. Il devient de plus en plus courant en France de faire, à l'image des États-Unis, des films qui rebondissent sur l'actualité politique et sociale du pays : on pense à La Conquête, le prochain biopic sur Nicolas Sarkozy ou aux différents projets autour de Liliane Bettencourt. La qualité de Ma part du gâteau réside justement dans cette façon de prendre à son compte une vérité sociale, traumatisante, et de lui donner des airs de grande fresque historique. Car Ma part du gâteau aurait très bien pu se dérouler dans les années '90, ou à une autre époque, son schéma très classique étant transposable à l'infini ; mais c'est là où réside sa force.

Sans trop en révéler la dernière partie du film éclaire largement les intentions du réalisateur sur la radicalité de ton qu'il voulait donner à son film. Un film effronté, qui tape du poing sur la table, sans forcément toujours le faire avec grâce ou raffinement. Mais qui a le mérite d'exister, de s'essayer à un militantisme bienveillant dont nous n'avons pas vraiment l'habitude dans le cinéma français.

Les 3 bonnes raisons d'y aller

  • Retrouver Cédric Klapisch et son écriture tranchante.
  • Une Karin Viard très à l'aise dans son rôle de femme forte qui ne se laisse jamais abattre.
  • Un final très surprenant.

Revue de web

  • L'interview de Cédric Klapisch réalisée par Euronews, où il s'exprime notamment sur la vitalité du cinéma européen.
  • L'affiche du film détournée avec les visages de quelques uns de nos grands noms politiques français, sur le blog Cpolitic.
  • Le site Ma part du gâteau, dans lequel vous pourrez croquer à pleines dents en attendant votre prochaine séance de cinéma !

L'anecdote qui tue pour briller en société
Pour défendre ses ambitions, Cédric Klapisch n'hésite pas à annoncer tout de go qu'il s'est inspiré de grands cinéastes tels que Federico Fellini, Ken Loach ou Frank Capra pour ce film. Il va encore plus loin en avouant s'être largement appuyé sur les travaux du philosophe Georg Wilhelm Friedrich Hegel, dont La phénoménologie de l'esprit. Alors, coup de bluff ou coup de génie ? Une « parenté », en tout cas, particulièrement lourde à porter.

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