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Cannes 2014 - Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Par David Honnorat | Le 21 mai 2014 à 13h35

Depuis leur Palme d'Or en 1999 pour Rosetta, les frères Dardenne sont venus présenter chacun de leurs films. Systématiquement ils ont décroché un prix. Il s'agit en revanche de la troisième venue consécutive à Cannes pour Marion Cotillard qui est, jusqu'à maintenant, toujours repartie bredouille. Fatalement cette année, l'une de ces deux séries prendra fin.

L'argument de départ de Deux jours, une nuit est particulièrement prometteur. Une jeune ouvrière sortant de dépression est sur le point de perdre son travail. Le patron a en effet confronté ses salariés à un odieux dilemme. Il peuvent choisir soit de maintenir le poste de Sandra soit de toucher leur prime annuelle de 1000 euros. Un premier vote vite expédié avait envoyé la jeune femme au chômage, mais elle obtient au début du film, grâce à l'intervention d'une de ses collègues, l'autorisation de procéder à un nouveau vote au prétexte que le premier avait été influencé par des pressions du contremaître.

Avant le nouveau vote de lundi matin, Sandra a donc 2 jours et une nuit pour convaincre ses 16 collègues de sauver son boulot en renonçant à leurs primes. Sur cette base forcément programmatique, puisqu'il va s'agir pour le personnage de Marion Cotillard de rencontrer tout le monde un par un, il n'est pas évident de construire un récit captivant. Or les Dardenne sont avant tout des surdoués du scénario. On les verrait d'ailleurs bien – inviter une star internationale dans leur cinéma est peut-être un premier pas – faire un grand film américain. Maniant habilement les variations et les répétitions, ils donnent au périple de Sandra un rythme haletant.

Comme pour L'Enfant (Palme d'or 2005) la simplicité et la cruauté du point de départ engagent fortement le spectateur. Mais il n'est jamais facile de se projeter dans le cinéma des Dardenne. Est-on observateur, victime ou complice de ce qui se joue devant nous ? C'est justement ce ping-pong moral qui est en jeu. Empruntant à Sergio Leone le début d'Il était une fois en Amérique le film s'ouvre sur un téléphone qui sonne. Sandra dort et ne bouge pas tandis que les sonneries persistent. Des mondes s'écroulent sur des coeurs fatigués, mais il n'y a qu'une chose à faire : se lever pour décrocher.

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