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Vin Diesel, mécène musclé

Dossier | Par Julien Di Giacomo | Le 18 septembre 2013 à 18h40

Si Vin Diesel n'est pas (encore ?) un monstre sacré, son physique fait déjà de lui un monstre tout court. Vénéré par les amateurs de tuning, les chauves et la moitié des hommes ayant une carte de membre dans une salle de sport, il revient cette année dans la peau de Riddick, un des personnages qui l'a rendu célèbre. Le fait qu'il porte le projet aussi bien à l'écran qu'à la banque nous oblige à nous rendre à l'évidence : Vin est beaucoup plus qu'un tas de muscles...

Gimme fuel, gimme fire

Connu pour ses rôles dans Fast & Furious, la saga Riddick, Fast & Furious et la saga Riddick, mais aussi Fast & Furious ou la saga Riddick, Vin Diesel est (après Will Smith) le deuxième acteur le plus suivi au monde sur Facebook. Ses 46 millions d'amis virtuels se plaisent visiblement à écouter ses messages positifs sur la vie, l'amour, et la musculation. Depuis maintenant 5 ans, l'acteur n'a fait que bosser sur ses franchises fétiches, et rien d'autre ; si celles-ci lui permettent de subsister et d'entretenir sa notoriété, on est tout de même en droit de se poser la question : que restera-t-il à Vin lorsque les personnages qui lui servent de seconde peau ne feront plus recette ?

Si Vin Diesel aime se comparer à Marlon Brando, Al Pacino, Harrison Ford ou Robert de Niro pour la manière dont il tient sa vie privée éloignée des médias, son modèle de gestion de carrière serait plutôt à aller chercher du côté de ce bon vieux Tom Cruise. Comme lui, Vin n'aime pas qu'on la lui fasse à l'envers et, sûr de ses succès, aime investir en tant que producteur, histoire de palper raisonnablement la plus grosse partie possible du fruit de son travail. A travers sa boîte de prod One Race Films, il a donc produit 9 de ses propres longs-métrages (10 en comptant le prochain Fast & Furious). Mais ce n'est pas tout : le moteur de Diesel étant son ambition, son empire économique s'étend même aux adaptations en jeux vidéos de ses oeuvres. Il est ainsi le fondateur de Tigon Studios, qui a produit Escape From Butcher Bay et Assault on Dark Athena, tous deux plutôt bien reçus et bénéficiant de la participation vocale de leur star attitrée.

Car Vin est un type impliqué. Sous sa carapace d'improbables muscles saillants et sa voix de grotte bat une véritable âme d'artiste raté, comme un Stallone auquel il manquerait son Rocky. Son histoire commence comme celles d'autres fameux battants, Sly, Schwazenegger ou Van Damme en tête : fatigué d'attendre que le succès vienne à sa rencontre, il a pris le taureau par les cornes et son destin en main en écrivant, réalisant et produisant lui-même un court puis un long mettant ses talents en valeur, ce qui lui valut d'être repéré par Steven Spielberg (et de jouer dans Le Soldat Ryan). Comme un parfait héros de conte façon American Dream, Vin (se) donne l'impression d'être le seul architecte de son succès.

Vin, un homme près de ses sous :


Le coffre de la banque, extrait de Fast and Furious 5

Velléités contrariées d'un incompris

S'il n'est depuis repassé derrière la caméra que pour un mini-prequel du quatrième Fast and Furious, plus le temps passe et plus on sent en lui la volonté de remédier à la frustration de n'être qu'un acteur en s'impliquant autant que possible dans le développement et la promotion de ses projets. Le tout premier trailer de Fast 5, par exemple, n'avait pas été révélé à travers un organe de presse ou sur le site officiel du film, mais directement sur sa page Facebook. A une époque où Bruce Willis fait de son genre de prédilection son ultime victime, où Jason Statham enchaîne les bouses avec le mutisme, la conscience professionnelle et le stoïcisme qui lui sont propres et où seuls les vieux semblent encore s'amuser, voir un bourrin prendre ses rôles unidimensionnels avec autant de sérieux se révèle assez attendrissant.

Son auteurisme refoulé prend en revanche des directions inquiétantes lorsqu'il le pousse à s'improviser script doctor et à piquer à un Matthieu Kassovitz médusé ses responsabilités de réalisateur sur le set de Babylon A.D., comme en témoigne le truculent Fucking Kassovitz. Triste conclusion à l'histoire qui aurait pu unir les deux hommes, qui s'étaient croisés alors qu'ils présentaient leurs premiers films respectifs à Cannes en 1995 et s'étaient sentis connectés par leurs thématiques communes. La mise en parallèle de leurs parcours depuis ces débuts a priori similaires est un roman à elle seule, mais pour réussir à Hollywood, c'est bien connu, il faut créer sa propre chance : si Diesel et Kassovitz s'étaient croisés dans leur adolescence, le premier aurait sûrement piqué ses baskets au second.

Riddick est à ce jour l'accomplissement le plus personnel de ce mécène musclé du mainstream ricain pour geek fan de SF et beauf à cylindres en V. Et pour cause, ce personnage est sien, aussi bien au propre qu'au figuré : dans une pirouette commerciale du meilleur goût, il a échangé à Universal le salaire de son apparition de 30 secondes à la fin de Tokyo Drift contre les droits d'exploitation du personnage de Riddick, ce qui lui a permis non seulement de garder en vie une franchise que n'importe quelle major aurait considérée encore plus morte que John Carter, mais qui lui permettra aussi d'être le plus gros bénéficiaire d'un éventuel succès du film.

Ce qui différenciera toujours Vin Diesel de Tom Cruise, néanmoins, c'est l'apparente absence de calcul dans ses choix : lorsqu'il refuse de jouer dans 2 Fast 2 Furious, lorsqu'il hypothèque sa propre maison pour mettre en route le tournage de Riddick dans les temps (alors qu'il l'avait lui-même repoussé d'un an à cause de la naissance de sa fille), qu'il refuse de spoiler la fin de Fast 6 alors même que c'est un argument marketing, ou lorsqu'il décide que celui-ci sera Rated R parce que c'est ce que ses fans demandent, il se révèle tel qu'il est réellement, à savoir un grand gamin qui fait des affaires de la plus étrange et originale des manières : avec amour.

Ici, Vin Diesel et son grand coeur sauvent un chiot d'un dinosaure (ou quelque chose comme ça) :


Riddick sauve un chiot, extrait de Riddick

Sources : AskMen, IamRogue, IGN

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