Jean Dasté

Acteur
Né le 18 août 1904, mort le 15 octobre 1994
Connu pour...

Biographie de Jean Dasté

Jean Dasté est initié au théâtre par sa mère. Jacques Copeau, dont il épousera la fille, Marie-Hélène, le prend comme élève à l'école du Vieux-Colombier en 1922. Il suit son maître en Bourgogne, où le « groupe des Copiaux » joue de 1924 à 1929, première tentative de décentralisation théâtrale. Après la dissolution de la troupe les anciens Copiaux retrouvent en 1931 Paris pour former la « Compagnie des Quinze », dirigée durant deux ans par Michel Saint-Denis. Traversant une période de doute et sur le point de renoncer au théâtre, Jean Dasté rencontre Maurice Jacquemont et André Barsacq avec qui il fonde la « Compagnie des Quatre-Saisons » (1937). Souhaitant sortir le théâtre des salles pour retrouver l'esprit des bateleurs, Dasté monte Le Médecin volant sur le Pont-Neuf, Les Fourberies de Scapin sous la Tour Eiffel. Il travaillera plus tard à l'Atelier d'André Barsacq (1940-1944).
C'est Jean Renoir qui le fait débuter au cinéma en 1932 dans Boudu sauvé des eaux. Mais Jean Vigo lui donne ses lettres de noblesse en le faisant jouer dans Zéro de conduite (1933) le rôle d'un surveillant, et surtout dans L'Atalante (1934). Aux côtés de Michel Simon et de Dita Parlo, il y est un peu en retrait, mais campe un marinier émouvant. Après la mort de Vigo (1934), il revient chez Renoir dans Le Crime de Monsieur Lange (1936), La vie est à nous (1936) et La Grande Illusion (1937). Il participera quelques années plus tard à Remorques de Jean Grémillon et Adieu Léonard de Pierre Prévert.
Jean Dasté fonde durant la Seconde Guerre mondiale son « Théâtre de la Saison-Nouvelle ». Soutenu par Jeanne Laurent, directrice des spectacles et de la musique au ministère de l'éducation, il est appelé en 1945 par Georges Blachon à Grenoble pour créer la « Compagnie des comédiens de Grenoble », qui marque les débuts officiels de la décentralisation théâtrale. Ne pouvant obtenir de subvention municipale, la compagnie est dissoute en 1947. Jean Dasté fonde alors à Saint-Étienne le centre dramatique de la Cité des mineurs (actuellement Comédie de Saint-Étienne), coopérative ouvrière d'intérêt public régional. Comédiens et techniciens réunis autour de lui sillonnent les routes de campagne de la région stéphanoise pendant près de dix ans. La troupe parvient à attirer un public populaire, qu'elle initie au répertoire des grands classiques français et étrangers : Molière, Beaumarchais, Shakespeare, Pirandello, Tchekhov, Lorca, Claudel, Sophocle. Dasté éprouve au-delà le besoin de présenter des auteurs contemporains, Herbert Le Porrier, Yves Jamiaque, Audiberti, Michel Vinaver, Jean-Paul Sartre, Jean Lescure, tout en se livrant à des expériences sur le mime, le nô japonais et la tragédie grecque. En 1966 Armand Gatti vient mettre en scène son Homme seul
En 1956, après le succès rencontré par la création du Cercle de craie caucasien de Brecht, Jean Dasté recentre son activité à Saint-Étienne. La troupe se scinde alors en deux équipes: Les Tréteaux, animés par André Lesage, sillonnent la campagne tandis que la Comédie plante son chapiteau. En 1962 elle s'installe dans la salle des Mutilés du travail qui peut accueillir un millier de spectateurs. Après dix ans de démarches la maison de la culture de Saint-Étienne, gérée par un conseil d'administration, subventionnée par l'État et les collectivités locales, commence en 1969 de fonctionner dans un bâtiment appartenant à la ville. Par suite de divergences politiques avec la municipalité, Jean Dasté n'y dispose que d'une petite salle à laquelle il donne le nom de Copeau et donne l'année suivante sa démission de directeur du Centre dramatique.
En 1963, après plus de 20 ans d'absence du cinéma, Resnais fait revenir Jean Dasté dans Muriel, ou le Temps d'un retour dans un rôle modeste mais impressionnant de l'homme à la chèvre, puis en 1966 dans La guerre est finie. François Truffaut, sûrement en partie en hommage à Vigo, lui donne un rôle important, à ses côtés, dans L'Enfant sauvage (1969) et plus tard dans L'Homme qui aimait les femmes (1977). Mais c'est dans la Chambre verte (1978) qu'il interprète un personnage magnifique et inquiétant, Bernard Humbert, et là encore Truffaut lui donne personnellement la réplique. Il revient chez Resnais pour Mon oncle d'Amérique en 1980 et l'Amour à mort en 1984.
On peut remarquer aussi ses apparitions en 1969 dans Z de Costa-Gavras, en 1976 dans Le Corps de mon ennemi d'Henri Verneuil, en 1978 dans le Molière d'Ariane Mnouchkine, en 1980 dans Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier, en 1989 dans Noce blanche de Jean-Claude Brisseau.
Enfin, hommage au deuxième degré, Suzanne Schiffman, assistante et scénariste de Truffaut le fait jouer dans son film Le Moine et la sorcière (1987), l'un de ses derniers rôles.
Jean Dasté meurt à Saint-Étienne en 1994. Un théâtre et un collège y portent son nom. « Il a ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffrés Jean Vilar, Hubert Gignoux, puis Roger Planchon ou Ariane Mnouchkine. Sans lui le monde du théâtre en France n'aurait pas la même apparence », observe Le Monde au lendemain de sa disparition.

Filmographie de Jean Dasté

  • Noce blanche
    Taux de satisfaction de la communauté
    60%
    Noce blanche (1989)
    Mathilde Tessier, une adolescente, tombe amoureuse de son professeur de philosophie, celui-ci possédant femme et maison charmante. Dans un premier temps, il répond à l'amour de son...
    1h32
    Ma note :
  • Nuit docile
    Nuit docile (1987)
    un film de Guy Gilles
    1h30
    Ma note :
  • L'Amour à mort
    Taux de satisfaction de la communauté
    60%
    un film de Alain Resnais
    Déclaré cliniquement mort, Simon ressuscite quelques instants après son décès. Bouleversé par cette expérience, dont il parle à un couple d'amis pasteurs, Jérôme et Judith, il retr...
    1h32
    Ma note :
  • Le Crime d'amour
    un film de Guy Gilles
    Jeanne Bontemps, une ancienne chanteuse est decouverte assassinee dans un verger abandonne ou un jeune poete, Jean Doit, venait souvent rever. Un petit journaliste et l'inspecteur ...
    1h30
    Ma note :
  • Une semaine de vacances
    Taux de satisfaction de la communauté
    33%
    un film de Bertrand Tavernier
    Une jeune femme, professeur de français dans un CES à Lyon, s'interroge sur les finalités de son métier et sur sa propre personnalité. Elle a une semaine de vacances pour trouver u...
    1h42
    Ma note :
  • Mon Oncle d'Amérique
    Taux de satisfaction de la communauté
    85%
    un film de Alain Resnais
    Le professeur Laborit part de l'exemple de trois destinées pour illustrer ses théories scientifiques sur le comportement humain.
    2h05
    Ma note :
  • Molière
    Taux de satisfaction de la communauté
    63%
    Molière (1978)
    un film de Ariane Mnouchkine
    Fresque cinématographique retraçant la jeunesse de Molière avec l'Illustre Théâtre, et ses amours avec Madeleine et Armande Béjart.
    4h20
    Ma note :
  • La Chambre verte
    Taux de satisfaction de la communauté
    68%
    un film de François Truffaut
    Un homme vit dans le souvenir de sa femme morte et a amenagé, dans sa maison, une chambre consacrée à son épouse.
    1h34
    Ma note :
  • L'Homme qui aimait les femmes
    Taux de satisfaction de la communauté
    86%
    un film de François Truffaut
    Bertrand est autant amoureux des femmes que de l'idée même de la femme. Pour lui, toutes les femmes sont uniques et irremplaçables. Elles sont à la fois l'oeuvre de sa vie, son ...
    1h54
    Ma note :
  • Le Petit Marcel
    un film de Jacques Fansten
    Le Petit Marcel est un film français réalisé par [Jacques Fansten|a:Jacques-Fansten] en 1975 et sorti en 1976.
    Ma note :

Avis sur les films de Jean Dasté

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